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Le chantier de la première commissaire à l’intégrité dans le sport au Canada

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La natation artistique est le sport qu'a pratiqué la commissaire à l'intégrité dans le sport au Canada, Sarah-Ève Pelletier.

Photo : afp via getty images / OLI SCARFF

Radio-Canada

La première commissaire à l’intégrité dans le sport au pays, Sarah-Ève Pelletier, est à pied d'œuvre depuis sa nomination. À un mois du lancement des opérations de l'organisme qu'elle chapeaute, l'avocate de formation s'est entretenue avec Radio-Canada Sports pour décrire ses nouvelles fonctions et son rôle.


Q. Comment avez-vous accueilli votre nomination dans ce poste?

R. Comme vous le savez peut-être, j’ai moi-même été une athlète en nage synchronisée. Mon sport a changé de nom depuis que j’ai pris ma retraite, donc ça veut dire que j’ai pris ma retraite il y a un certain moment!

J’ai eu une expérience positive dans le sport. Depuis que j’ai pris ma retraite, ce qui a toujours guidé un petit peu mon parcours professionnel, c’est mon désir d’agir comme agent de changement positif dans le sport. Dès que j’ai choisi de poursuivre une carrière en droit, qui n’était pas une fin en soi, j'y ai trouvé un moyen de redonner au sport.


Q. Vous avez fait des études pour devenir avocate, ce qui vous a notamment conduit à des emplois au Comité international olympique et au Comité olympique canadien. Comment tout ce bagage vous aidera-t-il dans l’accomplissement de vos nouvelles fonctions?

R. Beaucoup d'expériences et d'apprentissages peuvent être pertinents, mais il y a certainement une notion d'être à l'écoute des besoins de la communauté.

C'est important pour moi d'être à l'écoute des gens et essayer de répondre aux besoins, tout en utilisant des ressources expertes externes dans les domaines appropriés.


Q. Depuis le début du mois d’avril, vous êtes la toute première commissaire à l'intégrité dans le sport au Canada. Concrètement, quel est votre mandat dans ce nouveau poste?

R. Notre rôle au sein du bureau du commissaire à l’intégrité dans le sport consiste à administrer ce qu’on appelle le code universel de conduite pour prévenir et adresser la maltraitance dans le sport (CCUMS).

Plus concrètement, ce que ça veut dire, c’est que notre bureau est chargé de recevoir et de traiter les plaintes en matière de maltraitance qui touchent les individus étant membres des organisations signataires de notre programme.


Q. Quel rôle aurez-vous au sein du mécanisme indépendant de gestion des plaintes qui sera mis sur pied dans les semaines à venir?

R. En ce qui a trait au rôle du commissaire en tant que tel, donc le rôle individuel que je serai appelé à jouer, ce n’est pas un rôle qui est dans la décision de chacun des dossiers, des plaintes que l'on reçoit. L’un des concepts vraiment importants et au cœur du mécanisme et du bureau, c’est la notion d’indépendance.

Notre bureau reçoit les plaintes et administre un peu au plan de la gestion. Par contre, lorsqu’il est approprié pour une plainte de poursuivre son cheminement vers une enquête approfondie, ces enquêtes ont lieu à travers les services d’enquêteurs indépendants.

Il y aura une équipe, un système et des paramètres, si l’on veut, pour guider ces enquêteurs indépendants dans la conduite de leur mandat. Pour ce qui est de potentielles sanctions contre des individus, ce rôle-là est dissocié du rôle du bureau du commissaire.

Le rôle du commissaire est d’agir en tant que ressource centralisée, de superviser le bon déroulement de toutes ces fonctions. Je peux comprendre que c’est un système assez complexe à développer et à comprendre, mais on veut s’assurer de créer quelque chose qui gagnera la confiance des utilisateurs et qui sera accessible pour les gens.

On va également mettre à disposition des ressources en matière de soutien psychologique, de santé mentale et d’aide juridique pour certains individus qui pourraient être admissibles. Et au-delà de ça, on croit qu’il y a une place importante pour l’éducation.


Q. La première phase des opérations s'amorcera le 20 juin prochain. Quelles seront les démarches entreprises lors du lancement du processus?

R. Ce sera une approche progressive, nous allons offrir des services pour recevoir les plaintes. On doit tout d’abord les évaluer pour déterminer la meilleure marche à suivre, par la médiation ou une enquête plus approfondie. On doit tout de suite se mettre au travail dès que les plaintes seront reçues, puis assurer l’accompagnement des personnes.

C’est un service qui sera progressif puisque ça touchera les organisations qui sont signataires du programme, et on s’attend à ce qu’il y en ait de plus en plus.

Ce n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain parce que la structure organisationnelle et la réalité de chaque organisation sportive sont différentes, donc c’est possible que ça prenne un petit peu de temps.


Q. Les allégations s’accumulent depuis un certain temps à l’égard des fédérations nationales sportives au pays. La pratique du sport dit élite au Canada est-elle saine et sécuritaire?

R. Je crois que le sport devrait être, à tout niveau, d’abord et avant tout, une question de joie, de développement de soi et de confiance en soi, de créer des amitiés qui dureront pour la vie. Dans mon rôle de commissaire à l’intégrité dans le sport, je ne peux pas me prononcer sur un sport en particulier ou sur sa réalité.

(Avec les informations de Félix St-Aubin)

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