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La grande marche d’Iga Swiatek vers Paris

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Iga Swiatek tient le trophée Suzanne-Lenglen qui récompense la lauréate des Internationaux de France, qu'elle a remportés en 2020.

Photo : Getty Images / THOMAS SAMSON

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En octobre 2020, le nom d’Iga Swiatek était loin d’être sur toutes les lèvres du monde du tennis. C’était encore l’époque où des journalistes lui demandaient comment bien prononcer son nom.

La Polonaise, dont le nom de famille se prononce d’ailleurs SCHVI-ON-TEK, n’avait alors que 18 ans et pas la moindre couronne professionnelle à afficher sur ses tablettes de salon. À peine quelques coups d’éclat prometteurs, comme une finale au tournoi WTA 250 de Lugano ou encore une présence en huitièmes de finale à Roland-Garros en 2019.

Puis, à l’automne 2020, deux semaines auront suffi pour projeter l’adolescente dans le monde des grands.

Un peu moins de deux ans plus tard, même scène, différent rôle. On ne se demande plus comment prononcer son nom, mais bien qui pourra l’arrêter.

Iga Swiatek marche sur la terre battue avec la même aisance que Jésus marchait sur l’eau. (Source : la Bible). Elle arrive à Paris auréolée de titres remportés à Rome, à Stuttgart, à Miami, à Indian Wells et à Doha. Depuis le début de l'année, elle a gagné 37 de ses 40 matchs.

Elle n’a pas perdu le moindre match de simple depuis le 16 février, une défaite à Dubaï contre la Lettone Jelena Ostapenko. Sa séquence de 28 victoires, bien qu’à des années-lumière du record de 74 de Martina Navratilova, est l’une des plus impressionnantes des 20 dernières années.

Swiatek s’est emparée du 1er rang mondial quand l’Australienne Ashleigh Barty a déposé sa couronne, à la surprise générale, à la fin du mois de mars.

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L'ex-numéro un mondiale Ashley Barty a pris sa retraite en mars.

Photo : Reuters / Robert Deutsch

Rapidement, Swiatek a prouvé qu’elle n’était pas la numéro un mondiale par défaut.

Au-delà des victoires, il y a la manière aussi. Dix-neuf de ses 20 derniers matchs ont été remportés en deux manches et, bien souvent, à bas pointage. Sur terre battue, plus ses matchs progressent, plus elle devient injouable.

À Rome, par exemple, après avoir empoché la première manche au bris d’égalité en quarts de finale contre Bianca Andreescu, elle a inscrit un 6-0 dans la seconde. Puis, c'était 6-2 et 6-1 en demi-finales contre Aryna Sabalenka, avant d’écarter Ons Jabeur en finale au score de 6-2 et 6-2. La Tunisienne avait pourtant été sacrée à Madrid la semaine précédente et surfait sur une séquence de 11 victoires.

Iga, c’est Iga, a dit Jabeur après sa défaite.

Ça veut dire quoi? Ça veut dire une combinaison de vigueur, de combativité en retour de service, de variété dans ses coups et d’aisance dans ses mouvements sur la terre battue. Toutes ses forces la placent en ce moment dans une classe à part. Sinon, qui peut gagner? Ons Jabeur adore la terre battue et a déjà vaincu Swiatek deux fois dans sa carrière, mais jamais sur l’ocre.

La Grecque Maria Sakkari, no 4, pourrait prétendre au titre, même si elle n’a gagné qu’un seul tournoi de la WTA, en 2019. C’est d’ailleurs elle qui avait éliminé Swiatek en quarts de finale à Roland-Garros en 2021, avant d’être éliminée par l’éventuelle championne Barbora Krejcikova en demi-finales.

Est-ce que la troisième mondiale Paula Badosa peut remporter un premier titre majeur? Techniquement, oui, elle le peut, même si sa saison 2022 sur terre battue ne sera probablement jamais portée au grand écran à Hollywood.

On peut aussi tendre l’oreille vers le contingent américain. Est-ce que 2022 pourrait être le printemps de l’éclosion de Coco Gauff? Ou de la confirmation de Jessica Pegula, finaliste à Madrid? Ou la Bélarusse Aryna Sabalenka, si elle trouve un peu de constance pour la quinzaine?

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Naomi Osaka s'est retirée de Roland-Garros l'an dernier.

Photo : Getty Images / Elsa

Et Paris n’a jamais vraiment souri à Naomi Osaka. L’an dernier, elle avait quitté le tournoi avant son match de deuxième tour, menacée de sanction si elle continuait son boycottage des points de presse.

Emma Raducanu, passée de championne à New York en septembre à joueuse en quête de confiance et de stabilité dans son équipe? Lors de ses derniers tournois, elle était accompagnée par Iain Bates, le grand responsable du tennis féminin britannique.

Elle aurait aussi, selon la BBC, travaillé étroitement sa technique au cours des derniers mois avec le Canadien Louis Cayer, exilé en Angleterre depuis des années.

Une victoire de Raducanu à Paris semble fort incertaine.

Andreescu encourageante, Fernandez attendue

Bianca Andreescu est l’adversaire qui a donné le plus de mal à Iga Swiatek dans la dernière semaine à Rome si l’on se fie strictement au nombre de jeux accordés. Dans la manière, la Canadienne a aussi été l’une des rares à bousculer un peu la Polonaise.

De retour sur les terrains après une pause de plusieurs mois et après avoir songé ne plus y revenir, Andreescu semble être dans de très bonnes dispositions.

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Bianca Andreescu à Rome

Photo : Getty Images / Julian Finney

Après avoir gagné un match à Stuttgart, elle a ajouté deux victoires à Madrid, puis trois à Rome. Ses trois défaites ont été subies contre des joueuses établies dans le top 15 mondial : Aryna Sabalenka, Jessica Pegula et Swiatek.

Prédire un triomphe de l’Ontarienne dans la capitale française serait pour le moins audacieux. En 2021, elle a été battue dès le premier tour par la Slovène Tamara Zidansek, éventuelle demi-finaliste surprise.

En 2019, à son premier tournoi après une blessure à l’épaule, elle avait franchi le premier tour avant de devoir déclarer forfait pour le deuxième. Cette fois-ci, les indicateurs de santé physique et mentale sont au vert.

Andreescu, 72e joueuse mondiale, amorcera son tournoi contre une joueuse issue des qualifications.

Leylah Annie Fernandez qui sera, elle, 17e tête de série, a rendez-vous avec la Française Kristina Mladenovic, 110e à la WTA, qu'elle n'a encore jamais affrontée.

Depuis sa quinzaine magique à New York en septembre, la jeune de 19 ans n’a pas vaincu une joueuse du top 10 mondial.

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Leylah Annie Fernandez

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

La gauchère a bien sûr triomphé en mars à Monterrey, sur le dur, mais n’a pas connu une saison extraordinaire jusqu’ici sur terre battue.

La championne à Roland-Garros chez les juniors, en 2019, montre une fiche de deux victoires contre trois défaites cette saison sur terre battue.

Si sa combativité et sa hargne ne font jamais (ou rarement) défaut, quand elle attend ses rivales bien campée sur sa ligne de fond, l’effet surprise dont elle a profité à New York semble avoir bel et bien disparu.

Elle devra donc progresser un match à la fois, au pic et à la pelle, ce qu’elle a toujours fait sur un terrain de tennis.

Et faire mentir ceux et celles qui doutent d’elle. Ce qu’elle a aussi bien réussi au cours des 12 derniers mois.

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