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Hockey féminin : une lueur d’espoir pour la ligue collégiale

Le RSEQ abandonnerait l’idée d’éliminer une équipe féminine de première division d’ici deux ans.

Des joueuses en blanc autour de leur gardienne

Le programme de hockey féminin du Cégep de Saint-Laurent est mis sur pause.

Photo : Mégan Miron

Ce qui semblait une impasse il y a quelque 72 heures est sur le point de se dénouer. La direction du Cégep de Saint-Laurent entend relancer le programme de hockey féminin de première division des Patriotes.

Selon ce qu’a appris Radio-Canada, la direction du cégep a rencontré lundi un ancien entraîneur qui a accepté de possiblement relancer le programme, ce que la direction de l'établissement a confirmé en fin de journée.

La rumeur s’est aussi rendue aux oreilles des joueuses, qui seront rencontrées mardi soir, a assuré la direction du cégep.

L’annonce, la semaine dernière, de la mise sur pause du programme, un euphémisme selon une joueuse pour parler de la suppression de l’équipe, a fait couler beaucoup d’encre. La championne olympique, entraîneuse des Stingers de Concordia et ancienne du Cégep de Saint-Laurent Caroline Ouellette s’en est indignée sur les réseaux sociaux.

Les députés de l’opposition Enrico Ciccone et Christine Saint-Pierre, dont le cégep est situé dans la circonscription électorale, ont aussi réagi.

En coulisses, selon nos informations, le cabinet de la ministre déléguée à l’Éducation et responsable des Sports et des Loisirs, Isabelle Charest, s’est activé et a mis de la pression sur la direction de l’établissement. L’annonce de la fermeture d’un programme collégial d’envergure, une semaine après le dépôt du rapport sur la relance du hockey qui promettait de mettre l’accent sur le développement du hockey féminin, a été bien mal accueillie.

Isabelle Charest sait que le programme est en péril depuis le 11 mai, assure son cabinet, même si la ministre a parlé du 11 avril dans une communication obtenue par Radio-Canada Sports. L’entraîneuse des Patriotes, Alexandria D’Onofrio, a été congédiée le 12 avril.

Les ministres Charest et [Danielle] McCann [ministre de l'Enseignement supérieur] souhaitent ardemment le maintien du programme de hockey féminin au Cégep de Saint-Laurent, a écrit le cabinet de la ministre Charest dans un courriel à Radio-Canada Sports. C’est pourquoi des démarches ont été entamées la semaine dernière, dès que les ministres ont été informées de la situation, afin de collaborer avec les différents partenaires impliqués. La priorité demeure le maintien de l’offre en hockey féminin et le gouvernement offre son entière collaboration au Cégep de Saint-Laurent afin de faciliter les choses. Nous demeurons en contact avec la direction afin de les aider à faire avancer le dossier rapidement.

Il y a toutefois encore quelques obstacles à abattre afin de réintégrer les Patriotes du Cégep de Saint-Laurent en première division.

Au premier chef, cette entente entre le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) et Hockey Québec (HQ) sur la refonte de la ligue collégiale pour la faire passer de sept à six équipes dès la saison 2024-2025.

Mégan Miron, joueuse des Patriotes, affirmait vendredi que le RSEQ semblait avoir vu dans les difficultés du programme l’occasion d’y mettre fin et d’ainsi se conformer, deux ans à l’avance, à leur politique à six équipes.

Une embûche qui serait tombée depuis : le RSEQ et Hockey Québec auraient accepté de maintenir la D1 à sept formations.

Si la relance se confirmait, Saint-Laurent en profiterait pour restructurer le programme et, par exemple, offrir des heures de glace plus attrayantes à l’équipe féminine qui ne pouvait que s’entraîner le midi jusqu’alors.

Lettre d’appui d’une centaine d’anciennes et d’anciens du programme

La pression pour relancer le programme ne vient pas que des bureaux politiques.

Dans une lettre écrite par Isabelle Leclaire, entraîneuse-chef des Carabins de l’Université de Montréal, et transmise à la directrice des services étudiants et des communications du Cégep de Saint-Laurent, une centaine d’anciennes membres de l’équipe ou d’anciens employés demandent des justifications à l’institution scolaire.

Elle se penche derrière le banc de son équipe pour parler à ses joueuses pendant un match.

Isabelle Leclaire est l'entraîneuse de l'équipe de hockey des Carabins de l'Université de Montréal.

Photo : Courtoisie / Carabins de l'Université de Montréal / James Hajjar

Parmi les signataires, on trouve notamment les noms des olympiennes Caroline Ouellette, Danièle Sauvageau et Isabelle Charland, ainsi que de plusieurs anciens entraîneurs de l’équipe, dont Hugo Beausoleil.

Dans la lettre, Isabelle Leclaire écrit notamment :

Nombre d’entre nous avons été ou sommes aujourd’hui encore, et parfois longtemps après notre passage au sein des Patriotes, des personnes impliquées dans le hockey féminin dans une variété de postes. Ce programme est un pionnier de notre sport au Québec et il possède un héritage immense qu’il faut non seulement préserver, mais également perpétuer.

Notre tristesse a fait place à beaucoup de questionnements dans les derniers jours sur les raisons alléguées de la fermeture du programme. Ces informations semblent contredites quant aux enjeux de recrutement de joueuses et d’entraîneurs en vue de la prochaine saison. Sans compter les informations véhiculées sur le souhait de prioriser un entraîneur masculin qui sont préoccupantes. Qu’en est-il véritablement? poursuit Isabelle Lecaire.

Elle conclut en citant le récent dépôt du rapport sur l’avenir du hockey au Québec, commandé par le gouvernement Legault.

Le retrait du programme de hockey féminin va à contresens des recommandations issues du rapport du Comité québécois sur le développement du hockey, publié le 22 avril dernier. L’abandon du programme va également à l’encontre des idées et propositions émanant du rapport final du Sommet du hockey féminin tenu en juin 2021. Nous devons continuer de construire et non sabrer dans l’offre de services aux joueuses.

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