•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Le règne du Lightning ne tient plus qu’à un fil

Chargement de l’image

Nick Paul a inscrit les deux premiers buts de sa carrière en séries éliminatoires pour permettre au Lightning d'atteindre le deuxième tour

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Chargement de l’image

Les meilleures choses ont une fin, dit un vieil adage qui s’applique à tout, mais qui, très souvent, semble avoir été inspiré par la cruelle réalité du sport.

Au cours des deux dernières années, le Lightning de Tampa Bay a remporté deux Coupes Stanley dans des circonstances extrêmement difficiles, en temps de pandémie. Et samedi soir, devant une foule torontoise médusée, les champions ont à nouveau trouvé le moyen de sortir un lapin de leur chapeau pour expédier les Maple Leafs en vacances dès le premier tour.

Le Lightning a ainsi gagné une neuvième série éliminatoire de suite, ce qui constitue un gigantesque exploit dans une ligue où la rémunération des athlètes est limitée par un plafond salarial. Et c’est encore plus époustouflant dans le contexte où ledit plafond est gelé depuis trois ans en raison des pertes économiques encourues au début de la pandémie.

Samedi soir, les Maple Leafs ont aussi réalisé un exploit colossal en perdant pour une neuvième fois de suite un match éliminatoire dans lequel ils avaient l’occasion d’éliminer un adversaire.

Pour une cinquième année de suite, ils se sont aussi inclinés dans le match ultime d’une série. Une telle séquence de revers dans des moments cruciaux n’était jamais survenue dans l’histoire de la LNH ni dans celles de la MLB et de la NBA.

En ce sens, les Leafs sont en train d’inventer un autre adage en devenant une preuve irréfutable qu’il y a aussi de très bonnes choses qui ne surviennent jamais. Ou que l’instinct du tueur est inné et ne s’acquiert tout simplement pas.

Chargement de l’image

Les Maple Leafs ont raté le deuxième tour des séries pour une 18e année de suite.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette


Mais bon, à défaut d’avoir justifié les immenses espoirs que leurs partisans fondaient en eux, les Maple Leafs nous ont clairement fait réaliser une chose : les champions sont fatigués. Très fatigués. Ils ont l’air d’une équipe au bout du rouleau.

En fait, si ce n’était de la performance héroïque de leur gardien Andrei Vasilevskiy durant la période de prolongation du sixième match jeudi dernier, les joueurs du Lightning seraient en vacances. Et tant d’un point de vue sportif qu’humain, ce serait bien mérité.

Dans une chronique précédente, je vous racontais que trois des quatre membres du carré d’as de l’été 2021 étaient sur le point d’être exclus des séries et qu’il s’agissait d’une grande première dans la LNH.

Et j’émettais l’hypothèse que l’intersaison extrêmement courte n’avait pas laissé suffisamment de temps aux joueurs pour recharger leurs batteries ni pour guérir les blessures du démentiel calendrier de la saison 2020-2021.

Dans cette même chronique, le préparateur physique Stéphane Dubé qualifiait presque de miracle le fait que le Lightning soit parvenu à se tailler une place dans les séries éliminatoires cette année.


Dans un sens, le premier tour a donné raison à Stéphane Dubé. Face à Toronto, Tampa Bay fonctionnait en quelque sorte sur les vapeurs d’essence. C’est grâce à leur fierté, à leur savoir-faire acquis au cours des dernières années, et à deux buts de Nick Paul(!) que les joueurs du Lightning ont réussi à gagner le septième match.

Brayden Point, le coeur du Lightning, a été l’attaquant le plus menaçant de son équipe, et de loin. Mais son niveau de jeu n’était pas celui des dernières séries. En plus, il s’est sérieusement blessé samedi.

Chargement de l’image

L'attaquant Brayden Point s'est blessé à la jambe droite en fin de première période dans le septième match.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Par ailleurs, j’ai beaucoup de respect pour Nick Paul, mais il est anormal que cet attaquant acquis à la date limite des échanges ait obtenu plus de chances de marquer face aux Maple Leafs que Nikita Kucherov, Steven Stamkos, Anthony Cirelli, Alex Killorn et Ondrej Palat. On parle ici de cinq des six attaquants les mieux payés de l’équipe et qui ont, pour la plupart, passé énormément de temps en avantage numérique.

Au début de ce texte, j’évoquais les performances exceptionnelles d’Andrei Vasilevskiy dans un moment clé de la série. Mais avant le septième match, l’immense gardien russe présentait un taux d’efficacité de ,885. Tout comme plusieurs de ses coéquipiers, il n’a pas été en mesure d’offrir le même niveau de jeu qu’au cours des deux derniers tournois éliminatoires.

Et il y a peut-être une bonne raison à cela. Depuis le début de la saison 2019-2020, Vasilevskiy a disputé 212 matchs(!), dont 55 en séries. Comme les autres, il n’a pas eu le temps nécessaire pour récupérer entre chaque saison. Les deux autres gardiens les plus occupés de la ligue durant cette période, Jakob Markstrom et Connor Hellebuyck, ont respectivement disputé 42 et 31 matchs de moins que lui.


Les joueurs du Lightning de Tampa Bay sont des survivants.

Leur série de premier tour, il faut le souligner, était l’équivalent d’une finale de la Coupe Stanley. Ils faisaient face à une équipe aguerrie, extrêmement menaçante, qui venait de connaître une saison de 54 victoires.

Et voilà que le même manège recommencera mardi, cette fois face aux Panthers de la Floride. Lauréats du trophée des Présidents, les Panthers ont connu une saison de 58 victoires et misent sur la meilleure attaque des 27 dernières années.

Avant la semaine dernière, ils étaient un peu dans la même situation que les Maple Leafs. Ils n’avaient pas remporté une série en 26 ans. Cette barrière psychologique a toutefois été franchie. Et pas contre n’importe qui. Les Capitals étaient des adversaires coriaces et expérimentés au premier tour. Et incroyablement, les Panthers sont parvenus à éliminer la bande à Ovechkin sans marquer un seul but en avantage numérique.

Chargement de l’image

Les Panthers ont remporté leur première série en 26 ans.

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Je vous le concède : la défense des Panthers n’est pas la plus étanche et leur gardien Sergei Bobrovsky ne marche pas sur les eaux.

Toutefois, l'équipe mise sur cinq marqueurs de 30 buts et plus et sur trois marqueurs de 20 buts et plus. Ils sont en santé et ils ont faim.

Pour toutes ces raisons, et parce que les meilleures choses ont une fin, je prédis la victoire des Panthers en six matchs.

Si jamais le Lightning survit à cette série, on ne dira plus des joueurs de cette équipe qu’ils sont des survivants. Ils entreront dans la catégorie des miraculés.


Mes prédictions pour les autres séries :

Rangers de New York c. Hurricanes de la Caroline

Les chiffres disent que les deux meilleures défenses de la LNH s’affrontent. Mais comme on l’a vu au premier tour, Igor Shesterkin efface beaucoup d’erreurs commises par ses coéquipiers des Rangers. Les Blueshirts ont accordé deux fois plus de chance de marquer qu’ils n’en ont obtenu face aux Penguins.

Même privés de leur gardien numéro un, les Hurricanes sont supérieurs.

Caroline en 6.

Chargement de l’image

Des joueurs des Hurricanes

Photo : AP / Karl B DeBlaker

Oilers d’Edmonton c. Flames de Calgary

On aura droit à une bonne vieille bataille de l’Alberta. Ce sera la sixième de l’histoire. Au premier tour, les Oilers ont eu besoin de sept matchs pour venir à bout des Kings de Los Angeles, qui misaient sur une attaque très limitée. Les Flames, qui figurent parmi les équipes les mieux équilibrées de la LNH, ont aussi eu besoin de toute leur petite monnaie pour battre les Stars de Dallas.

La défense des Flames, bien qu’elle soit amochée, est digne d’une équipe championne. Et ils ont marqué plus de buts que les Oilers cette saison.

Calgary en 6.

Chargement de l’image

Johnny Gaudreau a inscrit le but gagnant en prolongation pour donner la victoire aux Flames, dimanche à Calgary, dans le septième match contre les Stars.

Photo : usa today sports / Candice Ward

Blues de Saint Louis c. Avalanche du Colorado

Beaucoup de gens prédisent une présence en finale pour l’Avalanche, qui subira tout un test face aux Blues. Champions de la Coupe Stanley en 2019, les Blues ont une force de frappe offensive et une défense comparables à celle de l’Avalanche.

L’équipe gagnante de cette série devra miser sur le gardien le plus inspiré du moment. Je choisis Jordan Binnington avant Darcy Kuemper.

Saint Louis en 7.

Chargement de l’image

Jordan Binnington

Photo : usa today sports / Jeff Curry

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !