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Un coup dur pour le hockey féminin au collégial

Des joueuses de hockey debout sur la glace

Les joueuses de la dernière cohorte du programme de hockey féminin du Cégep de Saint-Laurent.

Photo :  Facebook (capture d'écran) Cégep de Saint-Laurent : Sports / Sammy-Lee Photographie

La sirène a sonné au Cégep de Saint-Laurent qui met sur pause son programme de hockey féminin en raison des difficultés de recrutement. La direction de l'école préfère s'accorder du temps pour mieux le structurer et revenir avec force d'ici quelques années.

Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on prend cette décision, affirme Danielle Malkassoff, directrice des Services aux étudiants et des Communications du Cégep de Saint-Laurent.

Les dernières années ont été très difficiles, ajoute-t-elle. Il y a eu un manque de stabilité au poste d'entraîneur. Et quand l'entraîneur s'en va, les joueuses partent souvent. Cela a créé un roulement. On préfère faire un pas en arrière pour ensuite avancer de deux. Le hockey féminin n'est pas mort, il fait partie de notre ADN.

Le programme de hockey féminin du Cégep de Saint-Laurent a été plongé dans une tourmente cette semaine lorsque l'entraîneuse-chef Alexandra D'Onofrio, qui avait appris en avril que son contrat ne serait pas renouvelé, a publié sur sa page Facebook un virulent message à l'égard du directeur sportif Hugo Lamoureux.

Il voulait un entraîneur masculin derrière le banc. Il a poursuivi en déclarant qu'il était beaucoup plus facile de travailler avec des hommes et qu'il préférait cela, a-t-elle écrit en soutenant vouloir faire sa part pour que ce genre de discours cesse.

Moins d'un mois plus tard, la décision de fermer le programme était prise. S'il voulait un entraîneur masculin, pourquoi ne pas réengager l'entraîneur masculin qui faisait partie du programme? Pourquoi ne pas mener des entretiens? Pourquoi un seul homme peut-il décider de l'avenir de 20 joueuses de hockey?

L'entraîneuse adjointe Léa McIntyre, qui a également perdu son emploi, prétend aussi avoir été limogée parce qu'Hugo Lamoureux préférait travailler avec des hommes,

Cette prise de position du directeur sportif a finalement incité trois autres adjointes à démissionner.

Je l'ai rencontré pour qu'il me valide ses propos, dit Alexandra Boulanger. Il m'a confirmé sa préférence pour un entraîneur-chef masculin, qu'il n'était pas fermé à embaucher une femme, mais que l'idéal, c'était de travailler avec un homme. Il a évoqué la communication et m'a cité en exemple des programmes qui connaissaient du succès avec un homme. J'ai été étonnée. Pourtant, l'équipe championne au niveau collégial est composée d'un personnel à 100 % féminin. Ce n'est pas un argument valable à mes yeux et j'ai démissionné.

Danielle Malkassoff a rencontré Hugo Lamoureux et confirme qu'il demeure en poste.

Il s'agit de relations de travail et plusieurs choses doivent demeurer confidentielles, affirme la directrice. Mais je peux vous dire qu'on ne choisit pas nos entraîneurs selon leur genre. Et je vous confirme que nous avons plus souvent eu des femmes que des hommes à la barre de nos équipes de hockey.

« C'est une maladresse de sa part, il s'est mal exprimé. Ces rencontres ne sont pas toujours agréables à tenir. Je pense qu'il a donné des exemples d'entraîneurs masculins. Ça ne reflète pas les faits à notre cégep. Nous sommes à l'écoute de nos joueuses. On fait des bilans durant la saison et à la fin avec des intervenants psychosociaux et les responsables du programme. On a réalisé que les gens en poste n'étaient pas ceux que nous voulions. »

— Une citation de  Danielle Malkassoff, directrice des Services aux étudiants et des Communications du Cégep de Saint-Laurent

Certaines joueuses avaient avoué au directeur désirer un changement d'entraîneur-chef.

Les joueuses se plaignaient de l'encadrement, du style de coaching. Nous sommes soucieux d'offrir à nos étudiantes une belle expérience dans nos équipes. Il était préférable d'agir ainsi.

Le député de Marquette à l'Assemblée nationale et ex-joueur de la Ligue nationale, Enrico Ciccone, est surpris de la tournure des événements et souhaite le retour sur la patinoire des Patriotes de Saint-Laurent dans les plus brefs délais.

On laisse tomber un programme qui ne date pas d'hier. C'est inacceptable de dire qu'il n'y a pas assez de filles. Si tu as un programme féminin, tu dois mettre les ressources nécessaires pour attirer les bonnes joueuses. C'est ironique, il y a un rapport qui vient d'être déposé qui dit qu'il faut faire plus de places aux femmes en hockey. Les hockeyeuses ont besoin de jouer au cégep pour poursuivre leur progression.

Avec la fin du programme de hockey féminin au Cégep de Saint-Laurent, il ne restera plus que 6 équipes en D1 au hockey collégial, alors que le volet masculin en compte 13.

Cette décision poussera plusieurs de ses joueuses à la retraite au niveau collégial.

Nous ne sommes qu'au début du mois de mai. Il reste encore beaucoup de temps pour trouver un bon entraîneur et des joueuses. Le recrutement avait été fait. Ce n'est pas une raison valable. Les places sont limitées au sein des autres équipes. Et si elles trouvent un endroit pour jouer, elles devront déménager et changer de cégep. C'est dur à accepter, a conclu Alexandra Boulanger.

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