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David Lemieux veut redevenir champion du monde pour son fils

Un boxeur cogne sur un ballon.

David Lemieux n'a pas le choix que de croire en ses chances contre David Benavidez.

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Jean-François Chabot

À l’issue de la brève séance d’entraînement médiatique tenue jeudi matin dans le gymnase de l’académie de son entraîneur Marc Ramsay, David Lemieux (43-4, 36 K.-O.) a expliqué à quel point la boxe était pour lui son métier.

Même s’il est devenu papa pour la troisième fois, la naissance récente de son fils Xander est venue donner un sens nouveau à sa mission de boxeur.

À 10 jours de son combat pour le titre mondial intérimaire du WBC des super-moyens (168 lb) contre David Benavidez (25-0, 22 K.-O.), Lemieux s’est bien évidemment dit en grande forme et prêt à relever ce qui s’annonce comme le plus grand défi sportif de sa vie.

Quand on lui a souligné que l’Américain était dans le gymnase depuis trois mois à préparer un combat qui a été reporté à deux reprises, de janvier à mars, à mai, il a répondu en riant que lui s’entraînait depuis l’âge de 9 ans.

Je n’ai pas pris de grandes pauses depuis mon dernier combat en octobre. Dès qu’on a eu des nouvelles pour le combat, on s’est préparé concrètement pendant deux mois pour son style à lui, a ajouté Lemieux plus sérieusement.

Faire fi du bruit extérieur

Même avec tout son bagage et toutes ses expériences passées, David Lemieux ne s’est jamais retrouvé dans une situation comme celle qu’il vivra le 21 mai, au Gila River Arena, domicile des Coyotes, à Glendale, en Arizona.

La plupart des observateurs s’accordent à penser que ce combat de non-retour pour Lemieux, un peu dans le même esprit que ce qu’a récemment connu le Trifluvien Mikaël Zewski. Mais il balaie du revers de la main la notion que pour lui, dans 10 jours, c'est la croisée des chemins.

Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Mais chaque fois que j’embarque dans le ring, je sais que je donne un bon show, a-t-il lancé. Alors, il n’y a pas de ça passe ou ça casse. Pour moi, chaque combat est important, chaque combat est crucial.

Est-ce qu’il se sert de cela comme motivation supplémentaire?

« Pour moi, la vraie motivation supplémentaire, c’est mon fils qui vient de naître et qui a besoin de nourriture sur la table. C’est en boxant que je gagne mon pain. Je veux vraiment gagner ce combat et je ne pense pas à ce qui se passe à l’extérieur. »

— Une citation de  David Lemieux

Il a rendu hommage à sa conjointe, l’ex-plongeuse et athlète olympique Jennifer Abel, qui lui permet de bien dormir en dépit de la présence du nouveau-né à la maison.

Ma femme est solide en s’il vous plaît! Je suis content d’avoir une femme comme elle qui s’occupe à 100 % de l’enfant parce qu’elle comprend l’importance de ce combat étant donné qu’elle a elle-même été athlète, a soutenu Lemieux, en expliquant que le poupon ne constituait aucunement une distraction dans sa préparation.

Pour ceux qui s’inquiètent de la phase finale de sa perte de poids (ça lui a déjà causé des maux de tête auparavant dans la catégorie inférieure des 160 lb), il se fait rassurant. Il se sent aussi bien que dans les jours qui avaient précédé son combat face à Billy Joe Saunders, à Laval, en décembre 2016.

Il frappe dans un sac de sable.

David Lemieux se concentre uniquement sur son prochain adversaire.

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Quant au défi d’aller affronter Benavidez, chez lui, Lemieux refuse là aussi de s’en laisser imposer.

« C’est un gros défi. Mais quand tu es dans le ring, un ring, ça reste un ring, peu importe l’adversaire. Ça ne me dérange pas de savoir que les fans seront de son bord, même si je sais que ça peut lui apporter beaucoup d’énergie. Ma concentration est telle que les éléments extérieurs ne feront aucune différence. Je suis vraiment concentré et je veux cette victoire à tout prix. »

— Une citation de  David Lemieux

S'il est vrai que le portrait de la catégorie des super-moyens a changé à la suite de la victoire de Dimitri Bivol sur Canelo Alvarez le week-end dernier, Lemieux dit ne vouloir se concentrer que sur son duel à venir contre Benavidez.

Il ne s'en était jamais caché. Il espérait qu'une victoire face à l'Américain lui serve de tremplin pour affronter Canelo. Comme quoi les choses changent très vite en boxe professionnelle.

La vision de l’entraîneur

Marc Ramsay travaille aux côtés de David Lemieux depuis plusieurs années déjà. Il le connaît sans doute mieux que quiconque dans tous les aspects touchant sa boxe.

Ramsay ne semble pas inquiet le moins du monde quant à l’état d’esprit dans lequel son protégé prendra la direction de Glendale.

Il est dans une zone qui est l’fun. C’est le genre d’opportunité qu’on attendait. Il n’était plus question pour nous de faire des combats de moindre envergure. On voulait y aller pour le coup de circuit ou rien du tout, a d’abord admis Ramsay.

Quant au fait d’aller se battre en terre ennemie, il rappelle que Lemieux a livré la majorité de ses plus récents combats (7 des 13 derniers) à l’extérieur.

« C’est presque devenu une habitude pour lui. Ce n’est pas vraiment quelque chose de nouveau. C’est sûr qu’il y aura une énergie particulière parce que l’adversaire sera le favori local. Il faut canaliser cette énergie et en faire une source de motivation. »

— Une citation de  Marc Ramsay, entraîneur de boxe principal à Eye of the Tiger Management
Un entraîneur appuyé sur les câbles d'un ring de boxe.

L'entraîneur Marc Ramsay épie chaque geste de son protégé.

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Il a conclu en affirmant que le jeune Benavidez, 25 ans, aura beaucoup de pression sur les épaules face à un adversaire aussi aguerri que Lemieux, de 8 ans son aîné.

Il faudra l’amener dans des zones moins confortables pour essayer de le faire craquer un peu et lui faire prendre des risques qu’il ne prendrait pas en temps normal, a conclu Ramsay en insistant sur le fait que, selon lui, David Lemieux a comme arme principale sa force de frappe.

Il reste à voir si sa vitesse sera aussi au rendez-vous.

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