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Plus de 2000 participantes à la célébration Fillactive à Montréal

Des adolescentes vêtues de noir prennent le départ d'une course à pied de 10 km au parc Maisonneuve.

Des participantes à la journée Fillactive au départ de leur course

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Il régnait une atmosphère de fête mardi matin au parc Maisonneuve à Montréal. Après deux ans d’événements en virtuel, le programme Fillactive tenait enfin sa célébration annuelle en présentiel.

Pour leur première grande réunion depuis 2019, les filles étaient conviées à une course de 5 ou de 10 kilomètres, sans chronomètre ni classement, pour le simple plaisir de bouger. Elles pouvaient aussi se promener d’un kiosque à l’autre pour manipuler des boules de pétanque, des disques ou encore des ballons.

Les marraines du programme, la danseuse professionnelle Kim Gingras et la skieuse acrobatique Justine Dufour-Lapointe, ont chauffé la foule sur la scène pour lancer la journée. Elles avaient des messages pour les jeunes.

Pour moi, c’est de continuer à être curieuse et de chercher l’activité physique qui te rend heureuse, a expliqué l’artiste qui a notamment dansé avec Justin Timberlake et Beyoncé en tournée. Des fois, notre passion, ce ne sera pas nécessairement de courir ou de jouer au badminton. J’ai essayé le karaté, la gymnastique, puis je suis tombée sur la danse. Ç'a été ça mon coup de cœur. C’est agréable de chercher jusqu’à ce qu’on trouve ce qui nous fait du bien.

La danseuse Kim Gingras veut susciter la curiosité de bouger chez les jeunes.

Le programme Fillactive, j’ai un peu fait ça toute ma vie en fait, confie Justine Dufour-Lapointe. Pendant toute ma carrière, j’avais mes sœurs à mes côtés et elles étaient une source de motivation lors des moments plus difficiles. Certains matins, quand ça ne me tentait pas, elles étaient mes marraines.

Pour moi, Fillactive, c’est un mouvement pour que les filles se sentent à l’aise, ajoute la cadette des sœurs Dufour-Lapointe. Il n’y a pas de compétition, c’est pour le plaisir de bouger pour qu’un jour peut-être, ça devienne des habitudes de vie saines. Ensemble, c’est motivant.

Claudine Labelle est la présidente et fondatrice du programme Fillactive qu’elle a créé il y a 15 ans. Cette année, elle a réussi à implanter son idée dans 230 écoles secondaires du Québec, un record.

Toute l’année, les filles sont encouragées à bouger ensemble.

On est à 70 écoles d’être dans la moitié des écoles secondaires du Québec et on ne veut pas s’arrêter là, explique-t-elle. Dans un monde idéal, toutes les écoles participeraient à Fillactive. Aujourd’hui est la preuve que ça fonctionne.

Claudine Labelle a mis sur pied ce programme en 2007 pour combler l’écart dans la participation aux activités physiques qui existe entre les filles et les gars à l’adolescence. Si le nombre d’écoles inscrites augmente, le nombre de participantes, en revanche, a chuté durant la pandémie.

Claudine Labelle, la présidente et fondatrice de Fillactive, parle des défis de son programme durant la pandémie.

En 2018, l’étape montréalaise avait attiré 4000 participantes, le double de cette année.

On a vu un certain nombre de filles décrocher de l’activité physique. Ç'a été dur pour nous de le constater, mais cette année, de pouvoir les rembarquer dans le présentiel, de vivre des expériences comme celles-ci aujourd’hui, c’était vraiment important, autant pour leur santé mentale que notre santé physique. On a 6000 inscrites à Fillactive et on continue à les faire bouger.

Les filles qui sont ici aujourd’hui sont nos résilientes et ça n’a pas été facile de les retenir. Maintenant, de pouvoir avoir accès à elles en présentiel, ça nous aide énormément. Quand elles étaient plus isolées, beaucoup de filles ont fait face à des enjeux de santé mentale, la motivation a été touchée. Quand on est avec nos pairs, ça nous donne une motivation supplémentaire de vouloir bouger.

Justine Dufour-Lapointe, marraine pour la troisième année, insiste sur la nécessité d’un programme comme celui de Fillactive pour les adolescentes.

Les filles ont des enjeux un peu plus difficiles ou différents que les hommes, explique la championne des Jeux de Sotchi. À la puberté, on est peut-être plus soucieuses de notre corps et, des fois, ça vient nous freiner dans notre élan physique. Ici, on enlève les barrières et on est vraiment juste là pour bouger entre filles, sans jugement, sans compétition.

L’arrêt de Montréal était le premier d’une série de six événements.

La tournée s’arrêtera ensuite à Trois-Rivières, à Québec, à Rimouski, à Sainte-Gertrude-de-Manneville en Abitibi, puis à Port-Cartier sur la Côte-Nord.

Dufour-Lapointe pas encore tout à fait retombée sur terre

Justine Dufour-Lapointe était tout sourire à la célébration Fillactive. Verres fumés au visage, l’air détendu, la skieuse acrobatique semblait reposée.

Les derniers mois, et même les dernières années, ont été rudes sur le corps et l’esprit. Si les larmes qui coulaient sur ses joues après sa chute en finale de l’épreuve des bosses aux Jeux de Pékin sont parties, les souvenirs ne se sont pas pour autant tous dissipés.

On dirait que c’était hier dans ma tête et je me sens encore dans le processus de retour au Québec, dit Justine Dufour-Lapointe, officiellement 20e à Pékin. Les Jeux et la préparation ont été très intenses et la tension descend encore tranquillement à ce jour. Je suis encore dans ce processus et je me laisse aller. On verra pour les prochains mois.

Pour l’instant, elle n’a pas repris l’entraînement sérieusement.

Justine Dufour-Lapointe aborde son rôle de marraine pour Fillactive et son lent retour sur terre après les Jeux de Pékin.

Elle ne s’ennuie pas de skier dans les bosses, surtout pas à -35 degrés comme lors des derniers Jeux olympiques.

Malgré les questions ouvertes de Radio-Canada Sports, elle est demeurée vague sur la suite de sa carrière.

La médaillée d’or à Sotchi et médaillée d’argent à Pyeongchang n’est pas montée sur un podium international depuis février 2020.

Je continue de m’entraîner ici et là parce que c’est important de le faire et c’est dur d’arrêter ça. Mais je suis un peu en statu quo en ce moment, dit-elle. On regarde l’été aller et après, l’entraînement sérieux va arriver dans les prochains mois.

À 28 ans, elle tente encore d’apprendre de sa mésaventure chinoise.

Après un bref passage au Québec en février et une dernière Coupe du monde en France, Justine Dufour-Lapointe a pris des vacances de ski très agréables, loin des bosses, avec sa sœur Chloé.

Elle va mieux, beaucoup mieux, même si tout n’est pas encore parfait.

Je vais bien, mais il y a des journées plus difficiles que d’autres, confie la skieuse. Je pense que c’est juste normal et c’est l’expérience que ces Jeux-là vont m’avoir apportée. Apprendre à grandir de ça, apprendre à vivre avec ces émotions-là et de trouver une façon de faire du bien et d’en sortir gagnante.

Mardi, sa façon de faire du bien était bien en évidence, appréciée et réussie.

Elle a partagé sa joie de vivre et sa passion avec 2000 adolescentes.

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