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Boxe Canada veut vite tourner la page sur l’ère Daniel Trépanier

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Yvon Michel est membre du conseil d'administration de Boxe Canada.

Photo : Radio-Canada / André Perron

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Jean-François Chabot

Moins de 24 heures après la démission de Daniel Trépanier, Yvon Michel, membre du conseil d’administration de Boxe Canada, réfléchit déjà à la façon de redresser le gouvernail du navire, qui n’allait nulle part selon de nombreux témoignages.

Rencontré dans ses bureaux du Groupe Yvon Michel dans le Vieux-Montréal, il semblait mal à l’aise de commenter les événements qui ont mené au départ de celui qui était le directeur haute performance de la fédération nationale depuis 2008.

Daniel a considéré, en évaluant tout ce qui s’était passé, que c’était mieux pour lui personnellement et pour Boxe Canada, pour les athlètes, pour le programme, de démissionner. Et nous (le conseil d’administration), on a accepté sa démission, a-t-il d’abord indiqué.

Invité à expliquer pourquoi on en était arrivé à cette conclusion, Yvon Michel s’est contenté de rappeler le constat auquel la direction en est arrivée face aux nombreuses voix qui s’élevaient face à la gestion de Daniel Trépanier.

« Au fur et à mesure qu’il y a eu des informations ou des allégations, Boxe Canada a pris les choses en main et a fait les changements requis. Mais à un moment donné, il fallait tenir compte de la structure pour évaluer si c’était une bonne affaire pour lui de continuer. »

— Une citation de  Yvon Michel, membre du conseil d'administration de Boxe Canada

Sans entrer dans les détails, il a parlé des nombreuses rencontres qui ont eu lieu au cours du week-end. Il a tout de même indiqué que les membres du C. A. ont eu échos, dès samedi, des intentions de Trépanier de s’en aller.

Si l’on se fie aux propos tenus par Yvon Michel, Boxe Canada a clairement envie de tourner la page le plus rapidement possible pour mettre en place de nouveaux responsables pour occuper de façon distincte les postes de directeur haute performance et d’entraîneur national.

En aucun temps, durant l’entrevue qu’il a accordée à Radio-Canada, n’a-t-il été question d’une enquête interne ou indépendante qui permettrait de mieux comprendre ce qui a mené la fédération à la situation embarrassante dénoncée par plus de 230 boxeurs et entraîneurs, présents et passés.

Yvon Michel dit ne pas savoir pourquoi la situation de Daniel Trépanier a traîné en longueur.

Pendant longtemps, le Canada, entre 1980 et 1997, nous avons eu de nombreuses médailles internationales. On était no 1 aux Jeux du Commonwealth. On a eu des médailles olympiques chaque fois. Il est arrivé quelque chose qui nous a amenés dans une autre direction, mais je pense que maintenant, on a ce qu’il faut pour redresser la barre et ramener le programme (national) au niveau du potentiel des athlètes d’ici, a-t-il dit.

Des pouvoirs limités

Certes, des questions demeurent sur ce qui a permis à Daniel Trépanier de rester en poste aussi longtemps. Là-dessus, Yvon Michel a souligné les limites des pouvoirs d’intervention du conseil d’administration de Boxe Canada face à la gestion du programme destiné à l’élite.

Le bureau de direction émet des politiques et des règlements qui sont appliqués par les gens du milieu. On a un directeur général en Ryan Halpern. Après ça, c’est laissé à l’initiation des gens que l’on met en place. Tous les membres du conseil sont des bénévoles.

« On reçoit des rapports régulièrement. Mais comme la majorité des membres du C. A. ne sont pas des techniciens, ils ne sont là que pour fournir des directives générales sur l’ensemble des politiques de Boxe Canada. »

— Une citation de  Yvon Michel

Quand il a été interrogé sur les méthodes et les stratagèmes allégués de Daniel Trépanier et sur son impunité, Yvon Michel a préféré parler des excellentes relations qu’entretenait le démissionnaire avec les décideurs gouvernementaux et la direction d’À nous le podium.

Il s'agirait là du nœud du problème. Selon ce qu’il a été possible d’apprendre au cours des derniers jours, la crainte de la perte du financement d’À nous le podium à la hauteur de 600 000 $ par année pour l’équipe nationale était dans l’esprit de plusieurs membres du C. A. en relation avec la présence de Daniel Trépanier dans le siège du directeur haute performance.

Il faut en prendre et en laisser beaucoup de ce qui a été dit dans les derniers temps. Ça, c’est le passé. Est arrivé ce qui est arrivé. On doit maintenant rechercher quelqu’un pour remplacer Daniel à la direction haute performance. On n’a pas d’entraîneur national, il faut en trouver un, a dit Michel.

Le Canada d'abord

À cet effet, il est primordial pour lui que le recrutement se fasse ici même, au Canada, au lieu de se tourner vers l’expertise étrangère, comme cela a été le cas ces récentes années.

Il faut regarder au sein des associations provinciales des gens que l’on pense capables d’avoir une influence dans le développement de nos programmes, a insisté Michel tout en laissant entendre que ce processus irait de l’avant rapidement pour choisir la personne idéale dans un délai aussi court que possible.

von Michel parle des conditions idéales à rétablir pour qu'un boxeur atteigne son idéal olympique.

Au-delà de l’identité du successeur ou de la successeure de Daniel Trépanier, Yvon Michel estime qu’il est primordial de redonner confiance à tous les membres de l’équipe nationale en mettant en place les meilleures personnes possibles, en les encadrant et en les appuyant pour rassembler tout le monde vers un objectif commun.

Parmi les demandes exprimées par les signataires de la lettre adressée à Sports Canada et à la ministre Pascale St-Onge la semaine dernière se trouve une séparation claire des pouvoirs entre le directeur haute performance et l’entraîneur national.

Cela faisait aussi partie d’un rapport d’analyse déposé en 2016 par À nous le podium et dont Radio-Canada Sports a obtenu copie.

On y aborde également les problèmes de leadership, de gouvernance, de transparence dans le processus de sélection de l’équipe nationale, de culture de la performance et des faiblesses apparentes dans tout ce qui avait trait à l’encadrement des athlètes.

Or, six ans plus tard, ce rapport dort et amasse la poussière quelque part sur les tablettes d’À nous le podium et de Boxe Canada.

Yvon Michel réitère l’importance de fixer des objectifs à atteindre pour que chaque boxeur et boxeuse puisse mesurer sa progression et bien comprendre le chemin à suivre vers la réalisation de ses rêves d’athlète, qu’ils soient olympiques ou autres.

« C’est important, on le fait en boxe professionnelle. Quand un athlète termine un combat ou une compétition, il faut qu’il sache tout de suite où il s’en va. Tu ne dois pas te poser de questions. Il faut que tu saches ce que tu as besoin de faire, de façon très transparente, très claire, pour avoir accès aux Jeux olympiques. »

— Une citation de  Yvon Michel

On va s’assurer d’avoir tout cet enthousiasme et toutes ces connaissances pour que les athlètes performent au maximum de leurs habiletés.

Initialement prévus en mars dernier au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal, les Championnats canadiens amateurs, annulés en raison de la COVID-19, pourraient être reprogrammés cet automne. Faut-il s’attendre à y voir un changement visible dans leur déroulement?

Yvon Michel s’empresse de rappeler qu’il n’y a pas eu de Championnats canadiens depuis deux ans.

C’est à cause de la COVID et non pas à cause de malversations, de qui que ce soit, a affirmé Michel, faisant fi au passage des cas allégués de favoritisme mis en place par Daniel Trépanier.

Il faudrait y aller cas par cas et je ne veux pas m’arrêter là-dessus. Je pense qu’on avait des critères qui étaient bons. Il s’agit maintenant d’avoir les bonnes personnes pour les appliquer, a-t-il conclu.

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