•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Samuel Charron, pilier du Canada au Mondial pour athlètes ayant la paralysie cérébrale

Un joueur de soccer en rouge tente de déjouer un adversaire en jaune qui le marque de près.

Samuel Charron

Photo : Samuel Charron

En août dernier, l’équipe nationale de soccer féminin a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques de Tokyo. Puis, en mars, l’équipe masculine s’est qualifiée pour une première Coupe du monde en 36 ans. Au cours des prochains jours, une autre équipe canadienne de soccer tentera de faire sa marque sur la scène internationale. Treize joueurs d’un peu partout au pays participeront à la Coupe du monde de la Fédération internationale de football pour athlètes ayant la paralysie cérébrale, à Salou, en Espagne.

Lors de la dernière édition de cette compétition en 2019, le Canada s’était contenté de la 12e place, mais Samuel Charron avait quand même été nommé le joueur le plus utile du tournoi avec six buts en six rencontres.

Trois ans plus tard, le Canada va commencer son tournoi mardi contre l’Angleterre avant de se frotter aux Pays-Bas jeudi. Le dernier match de la phase de groupe aura lieu samedi contre le Venezuela.

Samuel Charron est toujours considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde, mais il voudrait atteindre un nouveau plateau avec ses coéquipiers.

On a souvent eu de la difficulté à croire que l’on pouvait faire partie du top 8 dans le passé, dit-il. Si l’on est capable de passer par-dessus ce blocage et remporter deux victoires dans notre groupe, on pourra se rendre en quarts de finale.

Tous les joueurs sur le terrain ont un handicap qui affecte à un certain niveau leurs mouvements, leurs réflexes et leur force musculaire. Quelques règles du jeu ont été modifiées. Le terrain est plus petit et les matchs se jouent à sept contre sept pendant deux périodes de 30 minutes.

Le sport faisait partie des Jeux paralympiques de 1984 à 2016. La fédération internationale voudrait bien qu’il revienne dans le giron paralympique en 2028.

D’ici là, Samuel Charron a l’intention de promouvoir son sport et de dire que les gens avec un handicap comme le sien peuvent jouer au soccer et faire partie des meilleurs. On n’a pas beaucoup de publicité pour faire connaître notre sport. J’aimerais que les gens en général sachent qu’on existe, qu’on parle de nous quand j’aurai pris ma retraite comme athlète, mentionne-t-il.

Le jeune homme de 24 ans a grandi dans la région d’Ottawa. Il a commencé à frapper des ballons à l’âge de 4 ans. Ses parents l’ont toujours soutenu. Même si le pied et le bras droit de Samuel étaient affectés, ils ne le considéraient pas comme différent.

À cause du handicap de Samuel, le seul sport dans lequel on pouvait l’inscrire à un si bas âge était le soccer, car on savait que pour pratiquer cette activité, il n’avait pas besoin de porter beaucoup d’équipement afin qu’il puisse s’amuser en groupe, affirme sa mère Chantal Charron. Samuel ne voulait pas que personne ne sache qu’il avait un handicap, donc sa condition est passée inaperçue pendant plusieurs années.

C’est à 12 ans que Samuel s’est fait découvrir par l’entraîneur de l’équipe nationale de parasoccer, Drew Ferguson. Il tenait un camp d’entraînement sur le terrain de son club à Gloucester, en banlieue d’Ottawa, et l’a remarqué. Pendant deux jours, il s’est entraîné avec les membres de l’équipe canadienne.

Trop jeune, c’est seulement à 14 ans qu’il a pu officiellement représenter son pays. C’est à partir de là que son handicap lui a ouvert des portes. Et comme il a souvent été le plus jeune dans un monde d’hommes, le soccer lui a permis d’acquérir de la maturité très rapidement. Depuis, il a joué 51 rencontres pour le Canada et a marqué 43 buts. Il a été nommé le joueur para de l’année par Soccer Canada en 2016 et en 2019.

Pendant son séjour universitaire, Samuel Charron a joué pour les X-Men de l’Université St. Francis Xavier, en Nouvelle-Écosse, dans le circuit canadien. Lors de sa dernière année, il a amorcé 11 des 12 parties que son équipe a jouées et a participé aux Championnats canadiens. Cette année, il portera l’uniforme de l'Ottawa TFC de la première division de la Ligue de soccer d’Ottawa-Carleton. Son rêve serait de jouer semi-professionnel un jour. Il aurait peut-être eu l’occasion de le faire en Australie, mais la pandémie a mis ce projet sur la glace.

Depuis qu’il a 4 ans, il a toujours travaillé très fort. S'il continue de s’illustrer en tant que milieu de terrain pour le Canada pendant la Coupe du monde ou comme défenseur avec son équipe à Ottawa, il pourrait atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

Si jamais il y a d’autres jeunes joueurs de soccer qui comme lui ont un handicap, il peut leur dire d’être fiers de leur handicap, que ce n’est pas un obstacle, et de ne pas l’utiliser comme une excuse.

Il drible avec le ballon.

Samuel Charron

Photo : Samuel Charron

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !