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Revoilà Christa Deguchi, ambition renouvelée, objectif Paris 2024

Deux judokas canadiennes sur un tatami posent pour la photo.

Christa et Kelly Deguchi

Photo : Société Radio-Canada / Philippe Crépeau

Christa Deguchi et sa petite soeur Kelly ont fait un voyage de deux semaines au Canada, leur deuxième terre familiale (la terre natale de leur père, Tom Taylor). Les deux veulent aller aux Jeux de Paris. Radio-Canada Sports a pu les rencontrer au dojo de l'INS-Québec.

Les sœurs Deguchi ont participé à des entraînements de l’équipe nationale à Montréal avant de s’envoler pour l’Ouest canadien afin d'aller embrasser leur grand-mère paternelle à Winnipeg.

Christa a retrouvé le goût du judo après un gros passage à vide en 2021 après sa non-qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo.

C’est plutôt Jessica Klimkait qui a représenté le Canada chez les 57 kg, et elle a remporté la médaille de bronze.

Ça a été très dur. Je n’ai pas regardé les Jeux olympiques, et je n’ai pas fait de judo pendant deux ou trois mois, dit-elle.

Ce long silence aurait pu aboutir à une envie de tourner la page et de faire autre chose de sa vie. Mais non.

J’ai réalisé que je voulais faire du judo, que le judo me manquait, et me voici. Les Jeux olympiques, c’est mon rêve depuis très longtemps, rappelle-t-elle. Je ne voulais pas abandonner le judo avant de savoir ce que c’est que d’être aux Jeux, sur le tatami olympique.

Pas besoin de lui demander quel est son objectif ultime, elle l’annonce d’emblée.

Le but premier de ce voyage est de me préparer pour Paris, lance-t-elle sans hésiter.

Je veux affronter d’autres judokas pour voir où j’en suis physiquement et pour qu’on puisse préparer un meilleur plan d’entraînement pour moi au Japon.

Christa Deguchi voulait aussi mieux connaître les objectifs du nouvel entraîneur national, Antoine Valois-Fortier.

Antoine est notre nouvel entraîneur et je veux discuter un peu plus de ce que je dois faire maintenant, ajoute-t-elle.

Pour Valois-Fortier, elle doit d'abord retrouver ses repères sur le tatami et à l'entraînement.

Christa revient d'une longue pause après l'été 2021. Très déçue de ne pas se qualifier pour Tokyo, elle doit maintenant retrouver progressivement son niveau, explique l'ancien judoka.

Je l'accompagnerai à Budapest pour le grand chelem. D'ici là, elle poursuivra sa remise en forme chez elle, au Japon, précise-t-il.

Ce grand chelem en Hongrie en juillet permettra à Valois-Fortier de voir le niveau de la judoka de 26 ans et d'ajuster les objectifs au besoin.

Judo Canada lui donne visiblement tout le temps nécessaire pour qu'elle retrouve sa forme, et lui permet toujours de continuer à vivre dans son Japon natal et de s’y s’entraîner seule, sans encadrement. Un pari risqué.

C'est une façon de faire très particulière, mais qui lui convient. La judoka japonaise a été championne du monde en 2019, et tous les espoirs étaient permis pour les Jeux de Tokyo.

J’ai gagné les mondiaux de 2019, et je pensais que je pouvais aller aux Jeux olympiques, mais ça n’a pas fonctionné, explique-t-elle froidement. J’ai appris qu’il n’y a pas de garantie que je devienne no 1.

Je crois que je dois travailler encore plus fort. Je n’en ai pas assez fait pour Tokyo.

Cette non-qualification l’a fait réfléchir, et elle a décidé de changer son approche face aux compétitions.

Pour Paris, je veux me concentrer plus sur chaque combat. Je pense que je me suis trop projetée en avant (en 2021). La prochaine fois, il faudra que je sois plus prudente et prendre un combat à la fois.

« Je sais maintenant ce que c’est que de perdre. Maintenant, je veux savoir ce que c’est que de gagner. »

— Une citation de  Christa Deguchi, judoka canadienne

Pour pouvoir participer aux Jeux de 2024, elle devra à nouveau tenter d’écarter de sa route l’Ontarienne Jessica Klimkait qui est devenue la favorite après son titre mondial en 2021 et sa médaille olympique.

Deux judokas s'affrontent. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christa Deguchi à Antalya

Photo : IJF / Gabriela Sabau

Lors du grand chelem d'Antalya, en Turquie, au début d'avril, Klimkait l'a emporté, Deguchi a perdu en demi-finale et dans son combat pour la médaille de bronze. Elle a fini 5e. Elles ne se sont pas affrontées.

Mon judo n’était pas le meilleur. Mais mentalement, ça revient, constate Deguchi. C’est un bon début. Je n’ai pas pu remporter de médaille, mais c’est un bon début. Cela valait la peine.

Klimkait a un talent rare, une palette de prises à sa disposition, un style tout en attaque. Deguchi a un style de judo plus traditionnel, très japonais. Alors, comment s’y prendra-t-elle pour battre Klimkait?

« C’est une question difficile. Je crois que je dois faire des combats. Je dois faire ce que j’ai à faire, peu importe qui est en face ou ce qui se passe autour. »

— Une citation de  Christa Deguchi

La réponse est prudente. Inutile de réveiller la rivalité.

Dans les traces de la grande sœur

La force de caractère de Christa impressionne sa petite sœur, Kelly, de trois ans sa cadette. Cette dernière se bat dans la catégorie des 52 kg. Elle progresse au niveau international.

Anciennement Kelly Taylor, Kelly a pris le nom de sa maman, Deguchi, le nom qui est inscrit sur son passeport japonais.

Je suis vraiment fière de Christa. Elle est tellement forte, et elle m’apprend beaucoup. On s’entraîne ensemble.

Mon but est d’être comme elle, d’être meilleure qu’elle, dit-elle avec aplomb. Donc, c’est bon de pouvoir s’entraîner avec elle en ce moment.

Elles n'ont pas la même physionomie. Kelly est plus grande et plus longiligne, et elle est pour le moment beaucoup plus réservée que sa grande sœur. Mais elle ne manque pas d’ambition.

Deux judokas canadiennes se regardent sur un tatami.

Kelly et Christa Deguchi

Photo : Société Radio-Canada / Philippe Crépeau

Kelly Deguchi voudrait aussi se qualifier pour les JO de Paris.

Ça ferait plaisir à toute la famille, mentionne Christa.

Je dois d’abord remporter des victoires en grand chelem avant de penser à Paris, dit-elle prudemment.

En attendant, elle avance en écoutant les conseils de sa grande sœur à l'entraînement, et elle tente parfois de la défier.

On ne s’affronte pas en compétition. Mais à l’entraînement, je veux la battre et parfois j’y arrive, conclut Kelly en riant.

Et de loin, Christa qui a entendu sa sœur, lance, sourire en coin : Quand elle me bat, c’est que je la laisse faire!

Les sœurs Deguchi sont clairement complices. Elles sont là l’une pour l’autre dans les bons et les moins bons moments. Et il y en aura d’ici aux Jeux de Paris.

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