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Chronique

Le meilleur pire scénario pour le Canada au Qatar

Il regarde la foule et lève le poing droit.

John Herdman et la sélection canadienne ont accédé au Mondial de 2022 avec une victoire de 4-0 contre la Jamaïque.

Photo : Dan Hamilton-USA TODAY Sports

Olivier Tremblay

Évacuons tout de suite l’évidence : le Canada sera parmi les négligés de son groupe.

Avec la Belgique, la Croatie et le Maroc, dans l’ordre, à son calendrier à partir du 23 novembre, l’équipe de John Herdman n’affrontera que des adversaires redoutables et difficiles à battre. C’est une Coupe du monde, après tout.

Qui dit négligé ne dit pas nécessairement négligeable. Parlez-en à Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique, qui a soutenu sur les ondes de TSN que le Canada était une menace furtive, une équipe tellement unie qu’elle joue comme un club.

Bref, le Canada ne fait pas partie des favoris. Mais il fait partie de cette catégorie de négligés dont on se méfie et qui peuvent surprendre. Les États-Unis et le Mexique, avec ce qu’ils ont vécu pendant les qualifications, pourront en témoigner.

On arrive cependant ici dans l’inconnu. Depuis plus de deux ans, le Canada n’a affronté que des équipes de sa région. Son dernier choc avec une équipe européenne, une défaite de 1-0 contre l’Islande, aux États-Unis, remonte au 15 janvier 2020. Pour son dernier match ailleurs que sur ce continent, il faut retourner à une victoire de 1-0 sur la Nouvelle-Zélande, en Espagne, le 24 mars 2018.

La première étape de préparation, pour Herdman, sera l’organisation de matchs amicaux d’ici au Mondial contre ces adversaires nouveau genre.


Le Canada amorcera donc la compétition le 23 novembre face à la Belgique, qui peine à faire valoir dans les tournois majeurs ce 1er rang mondial si souvent occupé. Mais les Diables rouges sont montés sur le podium avec une 3e place en 2018, et ils auront à cœur d’atteindre un autre genre de finale, la grande, cette fois.

La bonne nouvelle, pour les Canadiens, c’est que les Belges voudront assurément s’approprier le ballon. En qualifications, contre certaines équipes plus modestes de son groupe comme l’Estonie ou le Bélarus, la Belgique a tutoyé les 75 % de possession de balle. Ce n’est pas un point de comparaison valable avec le Canada, mais ça donne une petite idée des intentions.

Les Canadiens savent jouer au ballon, mais ils peuvent être particulièrement dévastateurs en transition. Les Belges n’ont pas de quoi se ronger les ongles, mais ce serait malavisé de penser que c’est gagné d’avance.

Cela dit, ce sont quand même Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku en face.

Un constat relativement semblable s’impose pour la Croatie, qui formait l’équipe surprise du Mondial de 2018 avec sa finale perdue contre la France. Les Croates seront attendus de pied ferme au Qatar, mais ils voudront le ballon eux aussi.

Là encore, la jeunesse et la vitesse du Canada peuvent lui permettre d’espérer. Le capitaine croate Luka Modric, le meilleur joueur de la planète en 2018, aura 37 ans (horreur!). Si le merveilleux Modric dirige les opérations près du but adverse, le milieu défensif Marcelo Brozovic devra être bien en forme pour gérer les moments de transition.

Ce sont donc deux gros morceaux que les Canadiens devront attaquer d’entrée de jeu.

Viendra ensuite le Maroc, invaincu en qualification, dont la stratégie s’apparentera probablement à celle qui s’impose pour le Canada : espérer accrocher une des deux équipes européennes et profiter de ce dernier match pour accéder au tour éliminatoire.

Avec des talents comme le défenseur latéral Achraf Hakimi et le milieu de terrain Sofyan Amrabat, les Marocains ont de quoi faire la vie dure aux Canadiens. Mais eux aussi pourraient se faire surprendre par la rapidité et l’audace de leurs rivaux.


Il y a huit ans à peine, l’Espagne d’Iniesta, la Côte d’Ivoire de Drogba, l’Italie de Pirlo, l’Angleterre de Gerrard et le Portugal de Ronaldo ont tous raté le tour éliminatoire (la Croatie de Modric aussi, d’ailleurs).

Beaucoup moins de surprises ont ponctué le Mondial de 2018, mais le potentiel demeure. Le Canada surmonte des obstacles et déjoue des pronostics depuis trop longtemps pour qu’on le considère comme battu d’avance.

C’est un groupe moins compliqué que celui que doit négocier le pauvre Japon contre l’Espagne, l’Allemagne et, probablement, le Costa Rica, mais ne vous y méprenez pas. Ce sera difficile, très difficile pour les Canadiens.

Tant qu'à accéder à la Coupe du monde, aussi bien affronter de belles et bonnes équipes contre lesquelles on peut rationnellement formuler un argument pour la victoire sans tomber dans un mirage. C'est le meilleur pire scénario, en somme.

Ce sera un tournoi unique, présenté en pleine saison européenne. Mille et une choses peuvent se produire d’ici au Mondial. Asseyez-vous confortablement et profitez de l’aventure. Le Canada s’en va à la Coupe du monde masculine.

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