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Gymnastique Canada en faveur d’une enquête indépendante

Gros plan d'un gymnaste avec ses mains sur un cheval d'arçon.

Des dizaines d'athlètes estiment que Gymnastique Canada a mal géré leurs plaintes.

Photo : Getty Images / Rodrigo Arangua

Jean-François Chabot

Réagissant à la lettre déposée lundi par plus d’une centaine d’athlètes et d’entraîneurs qui y dénonçaient des abus et une culture toxique, Gymnastique Canada se dit en faveur de la tenue de l'enquête indépendante réclamée par les auteurs de la missive.

Dans sa réponse rendue publique mardi, la fédération canadienne affirme dans un premier temps ne pas avoir reçu la lettre, laquelle est pourtant accessible depuis lundi matin sur le site Internet de Global Athlete, organisme qui chapeaute les doléances des gymnastes.

Tout en se disant préoccupée et attristée d’apprendre que des dizaines d’athlètes ont le sentiment que leurs plaintes n’ont pas reçu l’attention souhaitée, Gymnastique Canada insiste sur le fait qu’elle a déjà mis en place un programme pour prévenir et contrer la maltraitance (CCUMS).

En janvier 2022, Gymnastique Canada a lancé un appel d’offres pour commander un examen indépendant de la culture de la gymnastique, notamment un examen des politiques et des procédures nationales et provinciales, afin de s'assurer qu’elles sont [appliquées] et conformes aux pratiques exemplaires, peut-on y lire.

La fédération reconnaît ainsi la nécessité d’ajouter un mécanisme indépendant officiel sous l’égide du Centre de règlement des différends sportifs du Canada (CRDSC) afin de décharger les organisations nationales sportives.

Gymnastique Canada admet aussi ne pas être à l’abri de fautes professionnelles ou de comportements abusifs semblables à ceux qui ont éclaboussé d’autres fédérations sur la scène internationale, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou en Australie.

Nous croyons que l’adhésion aux valeurs et aux principes les plus élevés exige un effort communautaire. Nous nous engageons à partager les protocoles et les éventuelles recommandations de l’examen indépendant sur la culture qui sera bientôt terminé et nous accueillons la possibilité de traiter les préoccupations soulevées par les signataires de la lettre ouverte par l’entremise de ce processus. Nous anticipons que l’organisme retenu pour effectuer cet examen sera annoncé très prochainement, conclut le communiqué.

Joint par Radio-Canada Sports, Bernard Petiot, lui-même ex-entraîneur et membre du conseil d'administration de Gymnastique Canada depuis 18 mois, constate le haut degré de difficultés avec lequel la fédération doit composer.

« Il y a des limites à avoir une connaissance profonde de chaque situation à moins que les gens la déclarent. Par la suite, la fédération agit dans le bassin en fonction de son positionnement en tant que fédération, sa relation avec les fédérations provinciales qui ont une responsabilité de gestion locale des cas. La complexité s’accentue avec les éléments de confidentialité liés à l’inclusion d’une démarche légale. La fédération perd alors ses leviers parce qu’elle ne gère plus le dossier. »

— Une citation de  Bernard Petiot, membre du conseil d'administration de Gymnastique Canada

Bernard Petiot espère que la mise en place d’un plan pancanadien viendra mettre fin aux incertitudes entourant les différents niveaux de responsabilité.

En attendant, Gymnastique Canada souhaite se retirer le plus rapidement possible du processus de réception des plaintes de manière à ne plus être montrée du doigt ou accusée de ne pas les transmettre aux autorités compétentes.

Enfin, Bernard Petiot se sent outré face à l'ampleur du nombre de cas dénoncés par les athlètes dans leur lettre de lundi.

Comme coach, c’est vraiment insultant. La pratique canadienne de la gymnastique se fait au travers de plus de 700 clubs avec des centaines d’entraîneurs. Ce que l’on voit, c’est une couche d’entraîneurs et de situations dans lesquelles il s’est créé une culture liée à la performance.

C’est là où le comportement au profit du résultat vient ternir le reste de la communauté. C’est un métier incroyable et il y en a beaucoup qui l’exercent très bien. À l’heure actuelle, pour ceux qui l’exercent mal, on jette une ombre sur l’ensemble de la pratique. Et ça me désole énormément, a conclu Petiot.

Un mécanisme opérationnel dans quelques semaines

En réponse aux commentaires de la fédération canadienne, Global Athlete estime qu'il s'agit d'un autre exemple probant d'une organisation qui tente de contrôler le récit, plutôt que de prioriser l'appel des athlètes pour la mise sur pied d'une enquête indépendante.

« Nous défions vigoureusement la déclaration de Gymnastique Canada voulant qu'elle ait adressé chacune des plaintes et des préoccupations qui ont été mises de l'avant, alors que plusieurs des athlètes qui ont cosigné notre lettre ont émis des plaintes à Gymnastique Canada, qui les a aussitôt essuyées du revers de la main, voire complètement ignorées. »

— Une citation de  Communiqué de Global Athlete

Pendant ce temps, la ministre fédérale des Sports, Pascale St-Onge, a indiqué qu’un plan national pour la création d’un mécanisme indépendant de réception et d’étude des plaintes pour maltraitance serait opérationnel d’ici la fin du printemps.

La ministre a ainsi réagi lundi soir à la lettre ouverte des gymnastes : Permettez-moi d’être très claire : il n’y a pas de place pour le harcèlement, l’abus, la discrimination ou la maltraitance dans le sport. Je souligne le courage des athlètes qui se sont avancés pour dénoncer.

Le plan proposé par la ministre rendra obligatoire l’adhésion à ce programme géré par le CRDSC pour toutes les organisations sportives financées par le gouvernement fédéral.

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