•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Une équipe de soccer peut-elle changer la culture sportive canadienne?

Les joueurs se réunissent sous une bannière sur laquelle il est écrit Qualified (qualifié).

L'équipe canadienne a validé son billet pour le Qatar avec une victoire contre la Jamaïque, dimanche, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Maintenant que la participation du Canada à la Coupe du monde de soccer masculin est confirmée, de nombreux experts des milieux sportifs et de l’industrie des médias sont certainement curieux de voir quels effets aura cette percée sur la culture sportive au pays. Et peut-être même sur le continent nord-américain. 

Quand le Mondial se mettra en branle au Qatar à la fin de novembre, ce sera la première fois que des équipes nationales de soccer masculin du Canada et des États-Unis seront insérées dans la programmation télévisuelle automnale. C’est à cette période de l’année que la programmation sportive est la plus riche et la plus compétitive sur le continent nord-américain.

À la fin de novembre 2022, les calendriers réguliers de la LNH et de la NBA seront bien remplis, tandis que les équipes de la NFL seront engagées dans la dernière ligne droite menant aux éliminatoires. Il suffit toutefois de jeter un coup d’œil à certaines cotes d’écoute enregistrées au Canada l’automne dernier pour comprendre que Cyle Larin, Alphonso Davies et l’équipe canadienne de soccer feront exploser l’audimat dans huit mois.

Le 16 novembre dernier, lorsque l’équipe canadienne croisait le fer avec le Mexique dans la phase qualificative à huit pays, le match avait attiré plus de 3,5 millions de téléspectateurs. Pour un simple match de qualification, John Herdman et ses hommes avaient raté de justesse le top 10 des émissions les plus regardées de l’année 2021 au Canada. 

L’équipe canadienne avait alors été devancée de justesse par le premier affrontement de la finale de la Coupe Stanley opposant le Canadien de Montréal au Lightning de Tampa Bay. Ce match avait attiré 3,57 millions de téléspectateurs. Le soccer s’était tout de même inséré dans le top 10 puisque la finale de l’Euro, opposant l’Italie à l’Angleterre, avait généré des cotes d’écoute de 3,6 millions de personnes et obtenu le 9e auditoire canadien de 2021.

Aux États-Unis en 2014, la dernière fois que l’équipe américaine s’est qualifiée pour la Coupe du monde, certains matchs avaient attiré plus de 18 millions de téléspectateurs, obtenant ainsi des scores semblables aux matchs réguliers de la NFL. Dans le milieu, cela avait été perçu comme un indicateur clair de la présence de plus en plus importante du soccer dans la culture sportive américaine.  

Quand le Canada entreprendra son parcours au Mondial, un retour après 36 ans d'absence, on peut aisément prédire que le pays entier vibrera au rythme de son équipe de soccer.

Le camp préparatoire aura été couvert par tous les médias nationaux. Le tirage au sort aura eu lieu et les amateurs de sport de l’ensemble du pays (pas juste les mordus de soccer) seront enfin sur le point d’obtenir leur réponse à une question longtemps restée irrésolue : que vaut exactement le Canada dans le cadre de la plus grande compétition qui soit, face aux puissances internationales du soccer?

Outre l’effet de nouveauté et de curiosité que suscitera sa présence à la Coupe du monde, l’équipe canadienne possède des atouts indéniables pour conquérir un nouveau public.

Elle est dirigée par un entraîneur crédible et son noyau est composé de jeunes supervedettes charismatiques. À titre d’exemple, Davies est l’un des joueurs les plus électrisants du globe, tandis que Larin, avec 13 buts à sa fiche, est l’attaquant qui a enregistré le deuxième total de réussites sur la planète à l’occasion des qualifications du Mondial.

Tant pour les télédiffuseurs que pour les amateurs de sport, et même pour les fédérations sportives qui rivalisent sans cesse pour attirer de nouveaux participants, la présence du Canada à cette Coupe du monde risque donc de remuer beaucoup de choses l’automne prochain. 

Et n’oublions pas qu’il y aura probablement un effet boule de neige puisque celle de 2026 sera présentée conjointement par le Mexique, les États-Unis et le Canada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !