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Retour du baseball à Montréal en garde partagée : le projet est mort

Des partisans foulent le terrain pour l'occasion.

Stephen Bronfman encaisse un dur coup.

Photo : Getty Images / Charles Laberge

Radio-Canada

Le projet d’une garde partagée des Rays entre Montréal et Tampa Bay est mort parce que le conseil exécutif du baseball majeur (MLB) s’y oppose, ont confirmé jeudi le propriétaire de l'équipe, Stewart Sternberg, puis Stephen Bronfman, patron du Groupe Baseball Montréal. Le Tampa Bay Times et La Presse avait rapporté la nouvelle plus tôt dans la journée.

Fatigué après 72 heures bouleversantes, Stephen Bronfman accepte la décision, mais il ne cache pas sa déception après le feu vert donné par les majeures. La MLB a en effet donné en 2019 la permission aux Rays d'explorer la possibilité de disputer des matchs à Montréal. Et le projet des villes sœurs avait reçu l’appui du commissaire Rob Manfred en 2020.

C'est difficile pour nous à digérer. On nous a dit oui tellement souvent et finalement, c'est non, a-t-il dit. Stuart Sternberg a mis beaucoup d'argent là-dedans. On va attendre et voir ce qui va arriver. On a un marché de sport, je suis un peu déçu.

Le projet de garde partagée prévoyait que les Rays disputent leurs matchs à domicile à Tampa Bay pour les deux premiers mois de la saison, pour ensuite s’installer à Montréal. Il y aurait eu alternance entre les deux villes d’une année à l’autre pour les matchs éliminatoires.

Stephen Bronfman a dit ne pas connaître les raisons exactes derrière la décision des majeures. La nouvelle lui a été annoncée par Stuart Sternberg, la voix du projet dans les bureaux de Rob Manfred. Il n'a pas lui-même parlé au commissaire.

L'idée de partager une équipe entre deux villes, inédite dans les plus hauts échelons du sport professionnel nord-américain, était progressiste, a-t-il rappelé. Le baseball majeur a dit que ce n'était pas une mauvaise idée, mais il ne voulait pas à être le premier à le faire, a-t-il poursuivi.

« On croyait tellement dans ce plan-là. Il faut qu'on laisse la poussière retomber. »

— Une citation de  Stephen Bronfman, leader du Groupe Basebal Montréal

Questionné sur une possible expansion pour le retour du baseball professionnel à Montréal, Stephen Bronfman n'a pas fermé la porte, mais est resté prudent. La vie est longue et tout peut arriver. On a fait un bon ground work, je l'espère en tant que fan.

Le projet de garde partagée a fait beaucoup de bruit, a lancé Bronfman, en ajoutant qu'il avait toujours un téléphone et une adresse courriel.

Un homme affiche un sourire.

L’homme d'affaires Stephen Bronfman, leader du Groupe Baseball Montréal

Photo : La Presse canadienne / Ivanoh Demers

L'avenir du bassin Peel

Le plan du Groupe Baseball Montréal pour ramener une équipe dans la métropole s’articulait autour de la construction d’un nouveau stade au bassin Peel. Il devait d'abord se porter acquéreur d'un terrain appartenant à la Société immobilière du Canada (SIC).

Les Rays prévoyaient aussi de construire un nouveau stade de leur côté.

À la mi-décembre, Stephen Bronfman, après un entretien avec la mairesse de Montréal Valérie Plante, s'était montré optimiste en promettant plus qu'un stade pour le développement du quartier du bassin Peel avec le promoteur immobilier Devimco. Ce sera un centre communautaire pour Montréal, avait-il affirmé.

La mairesse Plante s'était dite toujours intéressée par le projet, mais à condition qu'il soit socialement et économiquement bénéfique à long terme. Elle avait aussi invité le Groupe Baseball Montréal à faire preuve de transparence avec une mise à jour publique.

Stephen Bronfman avait promis de présenter son projet au public au début de 2022.

Le premier ministre François Legault avait, lui, fermé la porte à une contribution financière de Québec pour ce nouveau stade.

Le leader du Groupe Baseball Montréal ne sait pas ce qu'il adviendra du développement du secteur du bassin Peel sans stade de baseball.

C'était un projet communautaire, grandiose, avec une partie sportive. Je ne suis pas développeur, je ne sais où ça va aller. On avait une vision, j'aimerais vraiment la partager à un moment donné. Ça me donnait des larmes quand je voyais les images. Je veux les partager un jour.

Comme mairesse, je dois prendre acte de la décision de la MLB et poursuivre la planification du secteur hautement stratégique du bassin Peel qui ne peut plus attendre pour accueillir des logements et des entreprises dont nous avons besoin pour le développement de notre ville, a pour sa part déclaré Valérie Plante.

Comme beaucoup de Montréalais, je suis déçue d’apprendre que nos Expos ne seront pas de retour à Montréal, a-t-elle ajouté. Je salue les efforts du Groupe Baseball Montréal et la passion de M. Bronfman pour sa ville.

« Montréal est une ville de baseball et je suis confiante que ce n’est que partie remise. »

— Une citation de  Valérie Plante, mairesse de Montréal

Stuart Sternberg dévasté

C'est la mine déconfite que Stuart Sternberg, pour qui ce projet était la seule solution possible d’assurer l’avenir de l’équipe à long terme à Tampa Bay, a rencontré les médias plus tôt dans la journée.

Je continue de croire que les amateurs de Tampa Bay méritent une équipe de baseball. Personnellement, je crois que la garde partagée constitue un mode d'opération d'avenir pour l'ensemble du sport professionnel, a d'abord affirmé le proprio des Rays.

Questionné sur la réaction de ses partenaires montréalais dans cette aventure, Stuart Sternberg a reconnu que la nouvelle s'avérait un coup dur pour eux.

« Ils sont aussi déçus, sinon plus déçus que moi. L'élément le plus difficile pour moi en apprenant la nouvelle a été de réaliser que j'allais devoir l'annoncer à Steve (Stephen Bronfman). Le plus décevant dans toute cette affaire est que nous savions que nous travaillions avec une région qui savait ce que ça signifiait que de perdre une équipe de baseball et qui veut désespérément en ravoir une. »

— Une citation de  Stuart Sternberg, propriétaire des Rays de Tampa Bay
Un homme en chemise blanche sourit en regardant un joueur de baseball prendre un élan à l'entraînement.

Stuart Sternberg, propriétaire des Rays de Tampa Bay

Photo : La Presse canadienne / Chris O'Meara

Sternberg a aussi insisté sur le fait que les investisseurs montréalais agissaient en ayant en tête l'essor de la ville.

Ils n'ont rien fait pour leur profit personnel, a-t-il dit. Ils avaient purement le désir de bien faire les choses pour Montréal et pour le Québec. Ils méritent la plus haute estime pour ce qu'ils ont fait. J'entrevois avec plaisir le maintien d'une longue amitié avec ces personnes.

Et maintenant?

La décision du baseball majeur de fermer la porte à une garde partagée Montréal-Tampa force à présent la direction des Rays à se chercher un domicile à temps plein, ce qu'elle a déjà tenté en vain par le passé, notamment en 2008 et en 2018. Il n'y a pour l'instant aucun appui, privé ou public, pour la construction d'un stade en Floride, où les Rays ont un bail avec le Tropicana Field jusqu'à la conclusion de 2027.

Vue de l'extérieur d'un stade de baseball

Le Tropicana Field, actuel domicile des Rays de Tampa Bay, à St. Petersburg

Photo : The Associated Press / Reinhold Matay

Questionné sur ses intentions et sur l'échéancier pour en venir à une entente avec les représentants municipaux de Tampa Bay ou du comté d'Hillsborough pour l'aménagement d'un nouveau domicile, Stuart Sternberg a d'abord réitéré qu'il n'avait jamais eu l'intention de déménager l'équipe.

Nous allons devoir parvenir à quelque chose de concret à temps pour l'ouverture de la saison 2028. Nous avions déjà établi des plans dès 2007 peu après que j'ai acheté l'équipe. Ces plans nous auraient permis de progresser de 10 ou 15 ans dans le futur [...] À présent, on regarde vers un objectif pour 2028 sur un nouveau site, a-t-il expliqué.

Quand un journaliste lui a demandé s'il avait le sentiment d'avoir été trahi par le baseball majeur, Sternberg a répondu que oui.

« Je sais comment les choses fonctionnent. Je siège au conseil exécutif du baseball majeur depuis quelques années. Notre sport est bizarre à plus d'un point de vue. Les choses arrivent pour plusieurs raisons, parfois pour le mieux, mais toujours avec les meilleures intentions pour le bien du sport. On a donc souvent des opinions divergentes sur ce que cela peut signifier. »

— Une citation de  Stuart Sternberg

Enfin, ce dernier a reconnu qu'il y avait une certaine fatigue, tant au sein de la population qu'au coeur de son organisation, face à toute cette saga pour l'obtention d'un nouveau domicile, mais qu'il n'allait pas baisser les bras pour autant et que cela n'allait pas ouvrir la porte à un déménagement vers une autre ville.

Je ne crois pas que cela nous emmène dans cette direction, a-t-il dit. Nous avons un bon groupe de partenaires ici au sein de la direction de l'équipe. Je n'ai jamais eu l'intention de vendre l'équipe et je n'entrevois pas de le faire. On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, mais je n'ai jamais envisagé de la déménager parce que ça ne rendrait pas service aux Rays.

Pour aller de l’avant, le projet de garde partagée devait non seulement avoir le feu vert du baseball majeur, mais aussi de l’Association des joueurs. Rappelons que la ligue a décrété un lock-out début décembre, le quatrième de son histoire.

Montréal a perdu son équipe des majeures en 2004. Les Expos ont déménagé à Washington, où ils sont devenus les Nationals.

Avec les informations de La Presse canadienne

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