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Enrico Ciccone se réjouit pour son ami Kent Hughes, nouveau DG du Canadien

Enrico Ciccone au micro de Stéphan Bureau.

Enrico Ciccone connaît très bien Kent Hughes.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Jean-François Chabot

L’annonce de la nomination de Kent Hughes constitue une très bonne nouvelle selon Enrico Ciccone, qui connaît le nouveau directeur général du Canadien de Montréal depuis qu’ils sont adolescents.

L’ancien joueur de la LNH devenu député libéral de la circonscription de Marquette a beaucoup d’estime pour Hughes, avec qui il a partagé plusieurs années dans le hockey mineur.

Kent et moi, on se connaît depuis l’âge de 13-14 ans. On a joué trois ans ensemble au niveau bantam AA et au sein du midget AAA avec les Lions du Lac-Saint-Louis, a d’abord souligné l’ancien dur à cuire.

Nos chemins se sont séparés après le midget AAA, les Lions favorisant, encore aujourd’hui, les collèges américains plutôt que la Ligue junior majeur du Québec. Pratiquement la moitié de l’équipe s’en allait du côté des États-Unis, a expliqué Ciccone.

Les deux hommes sont toujours restés en contact. Ils ont tous les deux œuvré dans le milieu du hockey professionnel en tant qu’agents de joueurs. Même en ce mardi matin, ils ont eu une conversation téléphonique pendant laquelle Hughes ne lui a toutefois pas révélé qu’il était le nouveau DG du Tricolore.

S’il avoue n’avoir jamais pensé à son ami dans le processus de sélection, Ciccone lui reconnaît des qualités qui lui permettront de s’accomplir dans ses nouvelles fonctions.

« Kent est une très bonne personne. Il a toujours été un leader. Il a toujours été notre capitaine à chaque année où j’ai joué avec lui. C’est une personne très généreuse et très sensible. Je pense que c’est une excellente acquisition pour le Canadien. »

— Une citation de  Enrico Ciccone, député libéral de Marquette

À la case départ

Enrico Ciccone estime qu’il vaut mieux que les gens apprennent à le connaître plutôt que d’avoir une idée préconçue de la personne.

Ce n’est pas la première fois qu’un agent devient directeur général dans la LNH. Faire ce saut est très difficile parce qu’il faut comprendre qu’il y a deux clans dans la ligue : les agents, qui veulent aller chercher le plus d’argent possible pour leurs clients, et le côté patronal, qui veut avoir les joueurs le moins cher possible.

Le fait que Hughes s’installe dans le fauteuil du directeur général au moment où le CH est au 32e et dernier rang dans la LNH est à la fois un défi et une bénédiction, selon lui.

Il ne peut pas descendre l’équipe plus bas. Il peut seulement l’améliorer. On a vu un changement dans les façons de faire de la LNH dans les 10 dernières années avec l’ajout de vice-présidents hockey. On en a maintenant à Montréal. On va travailler en équipe. On va avoir un consensus et une équipe qui va bâtir le Canadien, a-t-il renchéri.

Ciccone est d’avis que, malgré la relation serrée qui existe entre Jeff Gorton, vice-président des opérations hockey du Tricolore, et le nouveau directeur général, Kent Hughes n’est pas du genre à dire oui à tout.

« Il va être capable de challenger. Il va être capable d’amener son idée. Il est bien implanté dans la LNH même s’il n’est pas issu de la ligue. Il a dû bâtir, brique par brique, ses relations avec les directeurs généraux, avec les dépisteurs et tous ceux qui entourent la LNH. »

— Une citation de  Enrico Ciccone

Jeff Gorton a repêché le fils aîné de Hughes, Riley, lorsqu'il était à la tête des Rangers de New York. Jack, l’autre fils de Hughes, est admissible au repêchage de la LNH, à Montréal, l’été prochain. Cet état de fait n’inquiète pas Ciccone outre mesure.

Je ne connais pas la qualité de Jack Hughes. Je vous dirai simplement que Kent est un gars assez intelligent pour s’assurer de ne pas mettre son fils dans une position délicate. Quand on repêche un joueur, on veut qu’il soit reconnu pour ses qualités. Il y a toujours une question de perception. Si Jack est assez bon pour être repêché par le Canadien, il sera assez bon pour être choisi par une autre équipe, a-t-il ajouté.

Rebâtir, le mot tabou

Enfin, Enrico Ciccone s’attend à pas mal d’action dans l’entourage de l'équipe d’ici à la date limite des échanges.

Il devra évaluer son personnel hockey jusqu’au dernier joueur repêché en 2021. Le dossier Logan Mailloux a fait énormément jaser. On va devoir y penser sérieusement. Mais pour remettre l’équipe sur les rails à court terme, il devra faire le ménage, a soutenu le député.

« Kent Hughes arrive dans une situation où l’on est capable, à cause des résultats que l’on a, de commencer à rebâtir. Le mot rebâtir a été évité ici, à Montréal. Ç’a toujours fait peur. Mais à un moment donné, une équipe professionnelle doit passer par cette transition. »

— Une citation de  Enrico Ciccone

Ça va passer par des choix au repêchage et par du développement des bons jeunes joueurs, mais aussi en libérant de la masse salariale des joueurs qui ne seront plus nécessairement utiles pour le Canadien d’ici trois ou quatre ans, et cela inclut Carey Price.

Même s’il a un nom à consonance anglophone et qu'il a vécu à Boston pendant plusieurs années, Kent Hughes est Québécois et parle très bien français, insiste Ciccone.

Questionné sur la sensibilité de Kent Hughes à la cause des joueurs issus du Québec et leur place au sein du Canadien, Enrico Ciccone croit que ceux-ci ont toujours été considérés.

Avant de penser qu’une équipe n’a pas à cœur le talent d’ici, il faut commencer par bien développer nos Québécois et produire de meilleurs joueurs, a-t-il dit. Quand il y avait du talent, le Canadien en prenait des joueurs ici.

Aujourd’hui, c’est difficile de repêcher un joueur francophone pour le Canadien. Est-ce qu’il y a un bon joueur pour chaque équipe, à chaque repêchage? Force est d’admettre que non. Parce que le nombre de Québécois repêchés diminue constamment. Il faut retourner à la base et commencer avec une réforme complète. Et ça ne va pas passer par un comité qui va se pencher là-dessus pendant quatre mois, a conclu Ciccone en lançant une flèche au premier ministre François Legault et au groupe de 12 experts recrutés dans l’espoir de relancer le hockey au Québec.

Un partenaire déchiré

Philippe Lecavalier a accueilli la nouvelle de l’embauche de son partenaire dans l'agence de représentation de joueurs Quartexx avec un mélange d’émotions.

« D’un côté, je suis vraiment content pour lui. Il le mérite, pas juste parce qu’il est une bonne personne, mais surtout pour ses compétences. Il va faire une job incroyable. Il est extrêmement intelligent et c’est une excellente tête de hockey. Ses collègues avec le Canadien vont adorer travailler avec lui. »

— Une citation de  Philippe Lecavalier, agent de joueurs au sein de Quartexx

Mais j’aurais envie de lui dire de ne pas partir. Ce n’est pas comme si on avait pu se parler. Il reste que ça va être un ancien collègue, un ami et on aura sûrement à négocier l’un avec l’autre dans le futur. Ça va être le fun, mais on sait comment on se comporte l’un l’autre en négociation, a poursuivi le frère de Vincent Lecavalier, lui-même un ancien client de Kent Hughes.

En ce qui a trait à la période de transition avec le passage de Hughes dans le camp des patrons, il semble que ses clients aient reçu la nouvelle de manière assez positive.

Les joueurs sont très heureux pour lui. Maintenant, est-ce qu’il y aura des inquiétudes? Est-ce qu’ils vont se demander ce qui va se passer? Il y a quand même un vide à combler. La bonne nouvelle est que notre agence n’a jamais été un one man show. On travaille en équipe. Ainsi, ce sera une transition assez douce, a soutenu Philippe Lecavalier.

Kent n’est pas un dictateur. Il est très à l’écoute de son staff, de ses clients. À partir de maintenant, il sera à l’écoute de ses joueurs. Et je pense qu’ils vont beaucoup apprécier ce côté de lui. À quel point sera-t-il proche de ses joueurs? Je pense qu’il devra apprendre à naviguer à travers ça. Mais je sais qu’il a les aptitudes pour le faire.

Une bonne décision

Allain Roy, ancien membre de l’équipe nationale canadienne lui aussi devenu agent de joueurs à la tête de sa propre entreprise, se réjouit aussi pour Kent Hughes.

C’est un bon move du Canadien avec Kent. Il a beaucoup d’expérience, surtout du côté de la convention collective et sur la façon de prendre soin de ses joueurs au sein de sa firme Quartexx, a-t-il d’abord dit.

Le médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Lillehammer en 1994 ne tarit pas d’éloges envers son ex-homologue.

« Kent est une personne très patiente. Il est très calme, ce qui va aider les choses. Il est bilingue, ce qui va l’aider à Montréal. Il a géré les carrières de plusieurs joueurs de tous les âges, ce qui est très important dans le hockey d’aujourd’hui. Il a une bonne connaissance de ce qui se passe ailleurs dans le monde et de ceux qui représentent les meilleurs espoirs actuels. »

— Une citation de  Allain Roy, agent de joueurs

Enfin, Allain Roy constate une nouvelle tendance dans la LNH, où l’on accorde une plus grande attention aux agents pour des postes de direction.

Il y a beaucoup de propriétaires et de directeurs généraux qui commencent à réaliser que les agents touchent un peu à tout, a-t-il ajouté. On est dans la vie de nos joueurs et juste du côté du hockey. Il faut gérer bien d’autres choses. Le changement de carrière fait que l’on travaille pour une équipe et que l’on vise la Coupe Stanley.

Allain Roy commente la nomination de Kent Hughes à titre de DG du Canadien.

Allain Roy s’occupe notamment du gardien du Canadien Jake Allen, de Nico Hischier (Devils du New Jersey), de Philipp Grubauer (Kraken de Seattle), de Ben Bishop (Stars de Dallas) et de Maxime Comtois (Ducks d’Anaheim).

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