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Novak Djokovic est expulsé d’Australie

Il est assis dans une voiture, avec un masque, et des photographes le bombardent.

Novak Djokovic

Photo : Associated Press / James Ross

Associated Press

Plutôt que d'entamer la défense de son titre aux Internationaux d'Australie lundi, Novak Djokovic a pris la direction de la maison, une conclusion étonnante à sa séquence de victoires à Melbourne Park.

Le Serbe a gagné 9 de ses 20 titres du grand chelem aux Internationaux d'Australie et devait être la tête d'affiche du programme de soirée sur le court central en lever de rideau du tournoi.

Le no 1 mondial a cependant été expulsé du pays après que trois magistrats de la Cour fédérale eurent rejeté, à l'unanimité, la requête du joueur de 34 ans, qui contestait la décision du gouvernement australien d'annuler son visa pour des raisons de santé publique. Le verdict a été pris moins de 18 heures avant le coup d'envoi des premiers matchs du tableau principal des Internationaux d'Australie.

Djokovic a déclaré qu'il est extrêmement déçu par le verdict, mais a ajouté qu'il respecte la décision de devoir quitter le pays. Il a aussi confié qu'il compte se reposer et récupérer.

Le Djoker tentait d'obtenir une exemption médicale approuvée par un comité de deux médecins indépendants et de Tennis Australia afin de contourner les exigences des Internationaux d'Australie en matière de vaccination contre la COVID-19.

Djokovic n'est pas vacciné, et le gouvernement a mentionné que sa présence pourrait relancer le mouvement anti-vaccin.

La saga avait commencé le 5 janvier, lorsque le vol de Djokovic a atterri à l'aéroport de Melbourne.

« Je suis mal à l'aise d'avoir été le centre d'attention depuis quelques semaines. J'espère maintenant qu'on pourra tous se concentrer sur le sport et sur le tournoi que j'adore. »

— Une citation de  Novak Djokovic

La fédération australienne a publié un communiqué dans lequel elle indique respecter la décision de la Cour fédérale, avant d'ajouter que nous avons hâte que l'action commence aux Internationaux d'Australie de 2022 et souhaitons la meilleure chance à tous les joueurs.

L'absence de Djokovic signifie qu'il n'y a qu'un seul champion au tableau masculin : le vainqueur du tournoi en 2009, Rafael Nadal. L'Espagnol est également le seul qui pourrait obtenir son 21e titre majeur et rompre l'égalité qui persiste dans le Big Three avec Djokovic et Roger Federer. Ce dernier est toujours à l'écart du jeu après avoir subi une série d'opérations à un genou.

La domination de Djokovic en tournois du grand chelem a été particulièrement impressionnante. Il a gagné quatre des sept derniers et a été finaliste dans deux autres. Il a été exclu de la finale uniquement aux Internationaux des États-Unis en 2020, où il avait été disqualifié au quatrième tour après avoir claqué une balle à la gorge d'une juge de ligne après un jeu.

Novak Djokovic marche la tête basse sur le court.

Novak Djokovic a avoué avoir fait de fausses déclarations à son arrivée en Australie (archives).

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

La saison dernière, Djokovic a compilé une fiche de 27-1 en tournois majeurs, s'approchant à une seule victoire à Flushing Meadows de devenir le premier depuis Rod Laver en 1969 à compléter le grand chelem au cours d'une même année.

Lundi, il devait affronter Miomir Kecmanovic, un compatriote classé 78e du monde, sur le court du Rod-Laver Arena. Kecmanovic disputera plutôt son premier match contre l'Italien Salvatore Caruso, qui s'était incliné en qualifications, mais qui a été repêché.

La troisième tête de série, Alexander Zverev, entamera son parcours contre Daniel Altmaier sur le court central.

Pospisil à la défense de Djokovic

Après l'annonce du verdict, le Canadien Vasek Pospisil, qui a gagné le titre de double à Wimbledon en 2014 et qui a travaillé avec Djokovic pour développer une association de défense des droits des joueurs, a publié un message sur Twitter.

Il y avait de toute évidence des motifs politiques [dans cette décision] puisque les élections australiennes approchent à grands pas.

Ce n'est pas de sa faute. Il n'a pas pénétré de force dans ce pays, et n'a pas écrit ses propres règles.

Pospisil a mentionné que Djokovic ne se serait pas rendu en Australie et serait demeuré chez lui avec sa famille s'il n'avait pas reçu l'exemption médicale qui s'est révélée si problématique.

L'ATP a décrit l'absence de Djokovic à Melbourne Park comme étant une perte pour le sport, et a ajouté que la décision du tribunal signe la fin d'un enchaînement d'événements regrettables.

Elle a aussi affirmé qu'elle continue de recommander fortement la vaccination de tous ses joueurs.

Plus de 95 % des joueurs et joueuses du top 100 mondial ont été vaccinés contre la COVID-19.

De son côté, Patrick Mouratoglou, un entraîneur qui a travaillé avec Serena Williams et d'autres têtes d'affiche, a confié que le plus grand perdant de cette controverse est sans contredit le tournoi.

En Serbie, le président Aleksandar Vucic a qualifié ces procédures judiciaires de farce avec un lot de mensonges.

« Ils croient qu'ils ont humilié Djokovic après 10 jours de harcèlement, mais l'humiliation est pour eux. S'ils avaient précisé qu'une personne non vaccinée n'avait pas le droit d'entrer au pays, Novak se serait soit abstenu d'y aller ou se serait fait vacciner. »

— Une citation de  Aleksandar Vucic, président de la Serbie

M. Vucic dit avoir eu une conversation avec le joueur et lui avoir indiqué qu'il serait toujours le bienvenu dans son pays. Il n'a toutefois pas précisé si Djokovic avait l'intention de se rendre en Serbie après sa déportation d'Australie.

Le ministre australien de l'Immigration, Alex Hawke, a bien accueilli la décision du tribunal.

Les politiques australiennes de contrôle et de sécurité à la frontière nous ont protégés durant la pandémie, ce qui s'est reflété avec un des plus bas taux de mortalité et une des plus vigoureuses reprises économiques dans le monde. Nos taux de vaccination sont parmi les plus élevés de la planète, a affirmé le ministre Hawke.

Le premier ministre Scott Morrison a aussi salué la décision de la Cour fédérale.

Cette décision va contribuer à maintenir une politique frontalière forte pour assurer la sécurité des Australiens.

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