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Instaurer une méritocratie

Deux joueurs de hockey sont séparés par un juge de ligne.

Michael Pezzetta et Brandon Carlo échangent des politesses.

Photo : Getty Images / Rich Gagnon

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Après un premier acte indigeste à cette saison, tout le monde a soufflé pendant l’entracte de 11 jours, s’est préparé une petite tisane miel-citron – il faisait froid ces jours-ci – et a abordé le deuxième acte avec optimisme. Puis, se sont amenés les Bruins...

Le Canadien a résisté pendant 10 bonnes minutes avant de recevoir une avalanche de claques pour finalement s’incliner 5-1. Pas les claques d’antan qui se donnaient directement au visage, les claques métaphoriques, celles au moral qui, parfois, font bien plus mal.

À commencer par un tour du chapeau de Brad Marchand, l’ennemi juré du Tricolore. Un tour du chapeau complété en désavantage numérique grâce à un deuxième effort du numéro 63 des Bruins au nez et à la barbe de Jeff Petry, Joel Armia et Chris Wideman, bien passifs devant Samuel Montembeault.

Envolées les belles paroles des derniers jours sur l’importance du nouveau départ, sur la nécessité de retrouver une attitude positive et d'instaurer une culture gagnante.

Neuf joueurs revenaient au jeu par rapport au dernier match le 1er janvier, tous des vétérans aguerris, à l’exception de Laurent Dauphin et de Chris Wideman. Et pourtant.

La longue inactivité n’a certainement pas aidé. C'était d’ailleurs la première explication donnée par Petry.

C’est difficile de revenir d’une pause comme celle-là. Plusieurs gars n’avaient même plus patiné depuis le congé de Noël. C’était trop. C’est difficile de sauter dans la mêlée à ce niveau de compétitivité, de bataille. C’est ce qui nous a fait mal ce soir, a estimé le défenseur.

Plus difficile de prêter foi à l’explication quand la prestation était un copié-collé des premiers mois de la campagne du CH. La rengaine, éculée, a sonné creux.

Et si la rouille était si présente, comment expliquer que l'équipe ait connu ses meilleurs moments pendant les 10 premières minutes du match? L’adrénaline les maintenait en vie artificiellement et, à la première bourrasque, c’en était trop? Possible.

Dominique Ducharme, pour sa part, a surtout vu des erreurs d’exécution en première période qui ont mené à trois buts en moins de cinq minutes des Bruins – dont 2 en 15 secondes de Marchand – et ont coûté la rencontre au Tricolore.

Il fallait être meilleur sur deux des trois buts, a lancé Ducharme. Le deuxième, c’était un drôle de bond, mais les premier et troisième… Le niveau de compétition… On était deux fois dans des situations où on aurait dû sortir avec la rondelle et ils marquent. Ça faisait partie des défis pour nous. On a été constants au début, mais on a craqué en fin de première période.

Et si la rouille explique presque tout, comment se fait-il que Michael Pezzetta se soit démarqué dans ce match? La recrue de 23 ans totalisant 22 matchs d’expérience dans la LNH. Le choix de sixième tour en 2016 que plus personne n’attendait cette année?

« Chaque jour est une audition pour moi. J’y vais à 100 %. Tu ne contrôles pas tout, mais tu contrôles ce que tu apportes et je ne veux pas que personne puisse remettre ça en question. »

— Une citation de  Michael Pezzetta

Mentalité simple, efficace. Pezzetta était donc bien planté devant le filet quand Brett Kulak a décoché un tir de la pointe, prêt à faire dévier la rondelle ou à bloquer la vue du gardien. Finalement, le disque est apparu à ses pieds et il a réussi le deuxième filet de sa carrière sur un lancer en se retournant.

Sur la séquence suivante, il a envoyé valser Matt Grzelcyk d’un solide coup d’épaule qui a mis le feu aux poudres et, fait rare, a fait sortir Patrice Bergeron de ses gonds. Il a insufflé un peu de vie à cette performance terne.

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Brad Marchand

Photo : Getty Images / Rich Gagnon

Résultat, l’entraîneur-chef l’a envoyé en avantage numérique. Il y a passé 2 min 34 s au total, soit le double de Joel Armia, bien que le Finlandais ait amorcé le match au sein d’une des deux premières vagues de supériorité et du deuxième trio. Il l’a fini dans le quatrième.

Ducharme ne s’est pas gêné pour critiquer le Finlandais.

Ce n’était pas son meilleur match. On sait ce qu’il peut faire. On l’a vu avant. On a besoin de tout le monde au maximum de son potentiel, a fait valoir l’entraîneur.

Certains joueurs avaient moins de succès que [Pezzetta], alors on lui en a donné plus, a-t-il ajouté.

Il y a, dans une équipe de hockey, des lois tacites à respecter. La hiérarchie, la primauté du vétéran, les nombreuses chances accordées aux joueurs avec de longs contrats, la tolérance pour ceux qui ont rendu de fiers services, la déférence des nouveaux venus envers leurs aînés, etc.

Peut-être le temps est-il venu pour Ducharme de faire voler certaines de ces conventions en éclats. Après tout, il joue probablement lui aussi son avenir dans la LNH. Peut-être faut-il simplement y aller au mérite. Car, on a beau entendre ça souvent, dans les faits, cette stratégie est rarement appliquée.

Je me bats pour faire partie de cette équipe. Je veux être ici, a déclaré Pezzetta.

Ducharme doit sûrement se demander si c’est le cas de tous ses joueurs.

En rafale

Le gardien Jake Allen s’est blessé en fin de première période, lors du premier but du match des Bruins, en tentant une extension de la jambe gauche. Quinze secondes plus tard, passablement gêné dans ses mouvements, il a accordé un autre but à Marchand. Ducharme n’a fourni que peu de détails à son sujet, mais a admis qu’il ne fallait pas s’attendre à le voir en uniforme, jeudi soir, à Chicago.

Le CH perdra peut-être aussi les services du défenseur Wideman dont le coup de tête à Erik Haula (un genre de casque à casque) ne passera sûrement pas inaperçu auprès du département de la sécurité des joueurs. L’Américain pourrait bien être suspendu pour ce geste.

Autant Marchand est un joueur dominant, autant peut-il se mettre tout le monde à dos rapidement. Le Néo-Écossais a terni une grande performance, le cinquième tour du chapeau de sa carrière, lorsqu’il a frappé sournoisement Nick Suzuki dans son angle mort sans que celui-ci ne soit en possession de la rondelle. Rien pour gagner le cœur des partisans montréalais, lui qui a déjà beaucoup à se faire pardonner. Réciter deux ou trois Ave Maria ne suffira probablement pas.

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