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Ski acro : le coût de l’accueil d’une Coupe du monde en pleine pandémie

Un skieur acrobatique effectue un saut lors d'une séance d'entraînement

Mikaël Kingsbury lors d'une séance d'entraînement à Tremblant, en 2019

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Jean-François Chabot

La tenue des épreuves de la Coupe du monde de ski acrobatique au Relais du Lac-Beauport (sauts) et à Mont-Tremblant (bosses), avec le spectre du variant Omicron, se fait non sans quelques pirouettes de la part des organisateurs.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada Sports, le président et directeur général de Ski Acro Canada, Peter Judge, a reconnu que la mission d’accueillir près de 200 athlètes se serait avérée impossible sans l’appui de la Fédération internationale de ski (FIS) et des autorités gouvernementales canadiennes.

Ces temps difficiles ont créé une situation particulière pour tout le monde. La FIS avait déjà en place un train de mesures pour les athlètes et les équipes qui vont d’un pays à l’autre. Ça va des nombreux tests de dépistage aux protocoles sanitaires et de sécurité en vigueur sur les sites de compétitions, a d’abord indiqué Judge, lui-même ancien entraîneur de l’équipe nationale (de 1985 à 1997) et membre du Panthéon du ski canadien.

Précisant que tout ce beau monde subit des tests de dépistage beaucoup plus souvent que la population en général, Judge ajoute que le fait qu’il s’agisse ici d’événements qui ont lieu en plein air constituait un avantage indéniable.

Si nous avions à gérer des compétitions présentées à l’intérieur, notre projet aurait déjà été abandonné. Malgré tout, les athlètes sont testés avant d’embarquer pour venir ici afin de répondre aux exigences de la santé publique fédérale, a-t-il poursuivi.

À cela s’ajoutent les contrôles effectués par la FIS, qui demande aux athlètes de présenter des tests négatifs au plus tard 48 heures avant de monter dans l’avion, au lieu des 72 heures qu’impose le Canada.

Des tests sont aussi effectués à l’arrivée avant que les participants puissent s’installer au cœur des bulles sanitaires mises en place tant du côté de Lac-Beauport que de celui de Tremblant.

Quelques exclus

Si la vaste majorité des athlètes présents dans le circuit de la Coupe du monde sont arrivés il y a déjà une semaine, certains sont demeurés à l’écart, soit parce qu’ils ne sont pas vaccinés, soit parce que les vaccins qu’ils ont reçus dans leur pays d’origine ne sont pas reconnus par les autorités canadiennes.

La FIS s’aligne chaque fois sur les exigences sanitaires du pays hôte. En tant que fédération nationale, nous avons fait le choix de ne pas accorder de dérogation pour les non-vaccinés. On voulait ainsi s’assurer de ne pas compromettre la santé des Québécois et des Canadiens, a poursuivi Judge en soulignant que les interactions entre les responsables de l’événement, les bénévoles nationaux et les visiteurs étrangers allaient être maintenues au strict minimum.

« Nous considérons que les vaccins sont à présent assez disponibles pour donner la chance à tout le monde de faire le nécessaire et ainsi d'aller chercher les vaccins à temps pour pouvoir entrer au Canada. »

— Une citation de  Peter Judge, président et directeur général de Ski Acro Canada

Pendant un moment, le Canada affichait des mesures plus strictes qu’ailleurs, en ce sens où tous les vaccins reconnus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne l’étaient pas ici à l’intérieur de nos frontières.

C’était particulièrement le cas pour les Chinois qui utilisent Sinovac, un vaccin accepté par l’OMS. Quand le Canada l’a finalement ajouté à sa liste, ç’a ouvert nos portes pour tous les pays qui l’avaient utilisé, a expliqué Judge.

Un homme en conférence de presse.

Peter Judge reconnaît que les défis pandémiques mettent de la pression sur le budget des opérations des épreuves internationales présentées au Canada.

Photo : Gracieuseté : FIS

À l’inverse, les sportifs des pays d’Europe de l’Est qui ont recours au vaccin russe Spoutnik V se voient encore interdire l’entrée au Canada. Ski Acro Canada et la FIS ont fait en sorte de rendre disponibles pour ceux-ci des vaccins comme Moderna ou Pfizer.

Certains ont accepté l’offre, tandis que moins de 5 % des athlètes ont choisi de ne pas s’en prévaloir. Ces derniers ne sont donc pas au rendez-vous pour les épreuves tenues en sol canadien.

Dépenses accrues

Il va de soi que la mise en application de toutes les mesures et la réalisation de tests COVID entraînent des déboursés accrus pour le pays hôte.

Avec plus de 200 athlètes et quasiment autant d’entraîneurs, accompagnateurs et officiels de son côté, on comprend qu’à 250 dollars pour chaque test, la facture grimpe en flèche.

Contrairement à de nombreux autres événements sportifs tenus dans des endroits clos, les deux rendez-vous de la Coupe du monde de ski acrobatique en sol québécois ne dépendent pas de la vente de billets pour faire leurs frais.

« Là où l’effet se fait sentir, c’est au chapitre des dépenses liées à l’obligation de tester autant de monde et de mettre en place l’ensemble des mesures de sécurité. La FIS a fait preuve d’une très bonne collaboration pour soutenir les événements. Et le gouvernement fédéral a beaucoup aidé par le biais des différents programmes mis en place au fil des derniers mois de pandémie. »

— Une citation de  Peter Judge

Peter Judge a rappelé qu’un plan additionnel pour la relance du sport au Canada était actuellement à l'étape de l'ébauche du côté d'Ottawa.

S’il reconnaît que cela restera très étrange de tenir des compétitions sans la présence de spectateurs, Peter Judge estime que cela ne sera pas plus bizarre que les matchs du Canadien de Montréal ou des Raptors de Toronto présentés à huis clos.

Il garde surtout en tête que les rendez-vous du Relais et de Tremblant sont tellement rapprochés des Jeux olympiques qu’ils revêtent une importance capitale pour les athlètes dans leur préparation finale pour Pékin.

Les athlètes ont traversé des moments difficiles au cours des 22 derniers mois. On a pu constater leur résilience pendant les Jeux d’été de Tokyo, et les Canadiens y ont réalisé de grandes choses, a-t-il rappelé en affirmant qu’il était optimiste de voir ceux de Pékin se dérouler sans trop d’embûches.

Je suis aussi sûr qu’il est permis de l’être en ce moment. Je pense que nous sommes maintenant trop avancés pour changer de direction. Je ne suis pas médecin, mais tout indique que les Chinois gèrent bien la situation. Les protocoles pour entrer à Pékin sont probablement les plus stricts que l’on connaîtra dans l’histoire du sport, a conclu Judge.

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