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Pourquoi les cas de COVID sont-ils à la hausse dans le sport professionnel?

Un joueur de hockey pose un genou sur la glace.

Brendan Gallagher

Photo : Reuters / Eric Bolte

Alexandre Coupal

Les amateurs de sport l’auront constaté, il ne se passe pas une journée sans que la liste des athlètes ayant reçu un diagnostic positif de COVID-19 s’allonge. Et pas un peu. Pourquoi?

Selon Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue et professeure titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal, il n'y a pas vraiment d'élément de surprise à cette hausse de cas de COVID parmi les sportifs.

Le premier élément, c’est que la plupart des gens ont été vaccinés avec le protocole américain, qui était deux doses à trois semaines d’intervalle, explique-t-elle à Radio-Canada Sports. Pour ces gens-là, après six mois, ils ont une efficacité d'environ 50 % contre les infections. Nous, avec notre protocole de 12 à 16 semaines, on est encore à 75 % contre les infections. Mais, dans les deux cas, on est à plus que 95 % contre les hospitalisations. Ça veut quand même dire que tu peux avoir des infections chez quelqu’un qui est doublement vacciné.

Il faut savoir aussi que les athlètes professionnels, ce ne sont pas des moines cloîtrés, poursuit-elle. Donc je suis sûre qu’ils sortent dans les restos, les bars.

Ce n’est pas partout où il y a nécessairement un tri à savoir qui peut rentrer ou pas dans un endroit public. C’est sûr que dans ton resto, ou ton bar, là où tu es sans masque finalement, s’il y a une personne positive, tu vas avoir de la transmission, parce que présentement, en plus, on est en hiver dans l’hémisphère nord. On ne se voit plus sur des terrasses, on est tous à l’intérieur.

« Ce qu’on voit présentement dans les ligues professionnelles, c'est ni plus ni moins ce qu’on voit dans la société en général, c’est-à-dire une augmentation des cas, à la fois causée par le Delta, l’hiver, l’émoussement de la protection vaccinale, et en plus par l’arrivée d’Omicron. »

— Une citation de  Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue et professeure titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal

La vaccination change toutefois la donne comparativement à la saison dernière, comme le remarquait récemment l’adjoint au commissaire de la LNH, Bill Daly.

Le vaccin prévient les symptômes sévères, a-t-il dit. Nous avons plusieurs joueurs en isolement, mais ils ne sont pas très malades comme l’an dernier. C’est directement lié à la double vaccination.

Ce qui est quand même rassurant, c'est que, jusqu'à maintenant, la plupart de ces gens-là sont très peu malades. Ils vont faire une fièvre, vont être couchés pendant deux ou trois jours à la maison et ne se ramassent pas à l’hôpital. Jusqu’à maintenant, la protection contre les hospitalisations et les cas plus graves est maintenue, rappelle la Dre Quach-Thanh.

La vaccination marche, insiste la Dre Quach-Thanh. Elle nous protège contre les cas plus sévères, mais c’est sûr qu’elle s’émousse, et qu’on va avoir des cas survenir ici et là. La grande question qui est présentement sur toutes les lèvres c’est : qu’est-ce qu’on fait avec ça? La dose de rappel est recommandée pour la plupart des athlètes, puis pour les autres, on verra, dépendamment des provinces, des pays. Certains sont plus ouverts à la troisième dose.

Malgré tout, devant la hausse des cas, certains joueurs, dont Alex Pietrangelo, se questionnent sur leur participation aux Jeux de Pékin en février prochain et craignent de rester coincés en sol chinois s’ils devaient être déclarés positifs. L'attaquant vedette Connor McDavid trouve dérangeante la perspective de devoir rester en quarantaine pendant cinq semaines.

Le comité organisateur des Jeux a prévu des mesures strictes pour éviter la propagation du coronavirus, qui ont d’ailleurs été éprouvées lors de la tenue de plusieurs épreuves tests au cours des derniers mois. Trois membres d'une équipe de luge ont dû s'isoler dans un hôtel prévu à cet effet.

Les cas de COVID à la hausse dans le sport professionnel

NFL

Lundi, 37 joueurs de la NFL ont été déclarés positifs, un record en une seule journée pour la ligue. Beaucoup d’équipes sont touchées : les Rams de Los Angeles, les Dolphins de Miami, les Cowboys de Dallas et les Chiefs de Kansas City, entre autres. Il ne s’agit donc pas d’une éclosion dans une même organisation.

Pour ajouter au sombre portrait, le variant Omicron s’est invité dans la NFL par le biais d’un employé de l’équipe de Washington. Même s’il n’est pas en contact direct avec les joueurs et les entraîneurs, il s’agit du premier cas répertorié dans la ligue.

Elle compte pourtant un taux de vaccination assez élevé, soit de 94 % parmi les joueurs et de près de 100 % du côté du personnel.

NBA

Dans la NBA, la double et même triple vaccination n’est pas un bouclier étanche contre la COVID, comme le prouve le récent cas du président des Raptors de Toronto.

Masai Ujiri doit respecter une quarantaine de 10 jours après avoir contracté la COVID-19 lors d’un gala au profit de sa fondation.

Lundi, 24 joueurs de la NBA étaient dans la liste du protocole COVID.

La ligue n’a pas rendu la vaccination obligatoire, mais elle compte quand même 97 % de joueurs vaccinés, dont 60 % ont reçu une troisième dose. Elle a averti ses équipes lundi qu’avec la nouvelle réglementation du gouvernement canadien, les joueurs non vaccinés ne pourront plus aller jouer à Toronto à compter du 15 janvier.

Soccer européen

En Europe, la Premier League a demandé la semaine dernière à ses clubs de renforcer leurs mesures anti-COVID pour freiner la hausse du nombre de cas. Face à l’émergence du variant Omicron, le gouvernement britannique oblige désormais la double vaccination des spectateurs ou la présentation d’un test négatif récent.

Les annulations ou reports de match se poursuivent partout en Europe. Mardi, la rencontre entre Manchester United et Brentford a été remise après que plusieurs joueurs et membres du personnel eurent été déclarés positifs.

En Ligue Europa, Tottenham n’a pas pu jouer dimanche contre Brighton et ne pourra pas non plus se mesurer à Rennes jeudi à cause de plusieurs cas de coronavirus au sein de son organisation.

En octobre dernier, la Premier League révélait que seulement 68 % de ses joueurs étaient complètement vaccinés et que 81 % avaient reçu une dose.

LNH

La LNH n’est pas à l’abri non plus, comme en fait foi l’éclosion parmi les Flames de Calgary. Neuf joueurs sont inscrits au protocole sanitaire et deux de leurs matchs ont été reportés.

En novembre, les Sénateurs d’Ottawa avaient aussi vu 11 membres de leur formation être déclarés positifs. Du côté du Canadien, Brendan Gallagher et Sami Niku ont été mis à l’écart du jeu pour les mêmes raisons.

Selon Sportsnet, en date de lundi, 123 joueurs avaient eu leur nom inscrit au protocole COVID de la LNH depuis le début de la saison, ce qui représente environ 17 % de l’effectif.

En octobre dernier, la ligue se vantait de compter seulement quatre joueurs non vaccinés. Elle soulignait que tout le personnel et les officiels avaient reçu leur vaccin.

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