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Lointain souvenir, épouvantail et Corey Perry

Un joueur de hockey inscrit un but

Corey Perry et Jake Allen

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Quatre joueurs. De la formation du Canadien qui a disputé le cinquième match de la finale de la Coupe Stanley à Tampa Bay il y a cinq mois, il y avait quatre joueurs en uniforme mardi soir pour affronter le Lightning.

Cinq en comptant Jake Allen, présent en juillet, mais dans un rôle d’observateur. Les blessures, les départs, quoi d’autre encore, tout ça a contribué à ce changement de personnel, évidemment, n’empêche que, même en santé, le Tricolore n’a plus grand-chose à voir avec cette formation finaliste.

Tampa Bay a gagné donc, une conclusion logique, même si l’allure du match ne pointait pas dans cette direction.

Disons les choses comme elles sont : à peu près tout ce qui peut mal tourner pour le CH tourne mal.

Un ancien coéquipier joue un premier match au Centre Bell depuis son départ : il compte le but égalisateur. Le Bleu-blanc-rouge a l’avance d’un but avec un peu plus de deux minutes à jouer : deux erreurs en couverture défensive mènent à deux buts rapides du Lightning qui souffle la victoire aux Montréalais à 38 secondes de la fin de la troisième période.

On a eu droit aux formules d’usage dans ces cas-là.

C’est frustrant, on méritait mieux, ont été les mots de Dominique Ducharme.

C’est difficile à avaler, a renchéri Nick Suzuki, auteur d’un but et une passe.

Le Canadien a aussi perdu les services d’un joueur, Christian Dvorak, blessé au bas du corps, pour faire bonne figure, pour maintenir la moyenne.

On dirait qu’à tous les jours on perd un ou deux joueurs, a laissé tomber l’entraîneur.

Ce ne sont plus que des impressions. L’infirmerie se remplit aussi vite que la maison du pauvre type au secondaire qui a le malheur d’organiser un open house.

Certes la saison du Canadien est catastrophique, en grande partie par sa faute, que ce soit en raison du manque d’engagement flagrant par moments ou des erreurs de gestion, mais il y a de ces soirs où l’on jurerait que quelqu’un lui a jeté un mauvais sort.

Les Montréalais ont fait jeu égal avec leurs adversaires. Il a probablement eu le dessus en deuxième période. David Savard a disputé un fort match contre ses anciens coéquipiers quelques heures après avoir reçu sa bague de la Coupe Stanley des mains de Julien BriseBois.

Le défenseur a trouvé ses repères depuis quelques matchs et a mené la charge mardi. Une belle pièce de jeu pour orchestrer le premier but des siens, quatre tirs bloqués, une passe de Steven Stamkos coupée in extremis sur un deux contre un, tout ça en 24 minutes de jeu. Visiblement, il tenait à battre l’équipe qui l’a couronné l’été dernier.

Un joueur de hockey fait une mise en échec à un joueur de l'équipe adverse.

David Savard et Ross Colton

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

C’est finalement un autre transfuge qui lui a volé la vedette. Corey Perry a offert au Lightning tout ce qui était tant apprécié du côté du Tricolore l’an passé. Dangereux en possession du disque, irritant pour le gardien et les défenseurs autour du filet, opportuniste, n’importe quel partisan qui a suivi le parcours des Montréalais dans les séries a dû être traversé de mauvais souvenirs ou de nostalgie.

Le vieux Corey a maintenant six buts à ses huit derniers matchs après un départ des plus timides. Cette acquisition de dernière minute du Canadien au début de 2021 s’était finalement avérée et une aubaine et est un symbole du succès de l'équipe, une époque bien courte et déjà révolue.

Corey n’a toujours dit que de bons mots sur son année à Montréal. Il a aimé les partisans, la ville, l’équipe. Je sais qu’il portait un chandail différent ce soir, mais il était heureux de revenir au Centre Bell. Pour lui, ce but a une symbolique importante, a lancé l’entraîneur du Lightning, Jon Cooper.

Pour le Canadien aussi. Tout ce que Marc Bergevin touchait l’an dernier se transformait en or. Cette année? En épouvantail.

Il semble manquer dans le vestiaire ce petit je-ne-sais-quoi décrit ici par Cooper.

Il a une aura. Quand il rentre dans un vestiaire, les gens le regardent. Pour moi, Corey Perry a du sens. Tout ce qu’il dit a du sens. Il dit les vrais choses, il n’y a pas de foutaises avec lui. Parfois, il me conseille des choses et je trouve ça logique, a expliqué Cooper.

Il reste 55 matchs à disputer à cette saison aux allures de chemin de croix et le Canadien en gagnera quelques-uns. Même percluse de blessures, l’équipe joue avec ténacité ces jours-ci.

Il y a pas mal à l’enjeu pour certains joueurs. Gagner un rôle, un statut. On peut penser ici à Cole Caufield, à Ryan Poehling et à Alexander Romanov. Même à Mike Hoffman et Christian Dvorak, pourquoi pas.

Il y en a d’autres qui voudront montrer qu’ils représentent des options viables de rappel en cas de blessures ou même qu’ils peuvent tout simplement jouer dans la grande ligue, comme Laurent Dauphin ou Kale Clague. Après tout, le nouveau patron regarde tout ça attentivement.

Ce dont le CH avait vraiment besoin mardi soir, c’était d’un petit coup de pouce, d’une petite tape sur l’épaule, d’une petite victoire contre une grande équipe qui l’a dominé en grande finale il y a quelques mois.

Juste un peu de bonheur dans cette grisaille qui n’en finit plus de s’étendre. Mais ça aussi, ça lui est refusé.

En rafale

Dominique Ducharme a eu de bons mots pour le nouveau venu Clague. L’arrière de 23 ans n’a pas fait une bonne première impression en faisant cadeau du premier but au Lightning, en raison d’une malchance, mais l’entraîneur du CH a choisi de se montrer clément.

Il a passé par-dessus la rondelle, a dit Ducharme. Il patine bien. Il garde quand même une bonne distance entre les attaquants et lui pour défendre, il bouge bien la rondelle. J’ai aimé son match en général. C’est un premier match pour lui. Se sentir à 100 % confortable dans ce qu’on fait, ça prend un peu de temps. C’est quand même un bon départ.

On parlait de David Savard. Le Québécois a reçu sa bague de la conquête de la Coupe Stanley deux heures avant le match. Cooper a précisé qu’il avait dit à ses joueurs qu’ils n’étaient pas obligés d’être présents si ça perturbait trop leur préparation d’avant-match, mais ils s’y sont tous rendus finalement.

Ça en dit long sur le genre de personne qu’est David Savard, a estimé Cooper.

Savard a amassé une passe à son premier match contre son ancienne équipe. Jonathan Drouin aussi en a réussi une mardi soir. Dans son cas, il s’agissait de son deuxième point (deux passes) en 10 matchs face à ses anciens coéquipiers.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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