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Comment Pékin a-t-elle été choisie pour les Jeux de 2022?

L'inscription Beijing 2022 sur un panneau géant devant une piste de ski enneigée.

Les Jeux olympiques d'hiver débuteront le 4 février.

Photo : Reuters / Tingshu Wang

Associated Press

Les Jeux de Pékin auront lieu dans moins de deux mois et sont la cible d’un boycottage diplomatique des États-Unis. Ils pourraient bien être imités par d’autres pays.

Pourquoi Pékin a-t-elle été choisie pour présenter les Jeux d’hiver, si peu de temps après avoir été l’hôtesse des Jeux d’été en 2008?

La réponse est simple : les six villes d’Europe qui étaient pressenties pour déposer leur candidature se sont toutes désistées dans la foulée du scandale de dopage impliquant la Russie lors des Jeux de Sotchi en 2014.

Le coût de ces Jeux, estimé à 51 milliards de dollars, a aussi refroidi les ardeurs.

C’est en 2015 à Kuala Lumpur, en Malaisie, que la ville organisatrice des Jeux de 2022 a été choisie.

Le Comité international olympique (CIO) n’avait que deux candidats en lice, Pékin, en Chine, et Almaty, au Kazakhstan.

Pékin a gagné par 44 voix contre 40. Certains avaient suggéré à l’époque qu’il y avait eu des irrégularités lors du vote, une théorie rejetée par le président du CIO, Thomas Bach.

La ville chinoise deviendra la première à présenter à la fois les Jeux d’hiver et d’été.

Un effet domino

La liste des refus est longue. Oslo et Stockholm, deux villes de premier plan, se sont retirées pendant le processus d'appels d’offres. Elles ont été suivies par Cracovie, en Pologne, et Lviv, en Ukraine.

Deux autres candidatures ont été rejetées par référendum, soit celle de Saint-Moritz, en Suisse, et de Munich, en Allemagne. Le refus allemand a été particulièrement dur pour Thomas Bach, originaire de ce pays. Fait à noter, le siège social du CIO se trouve en Suisse.

Oslo et Stockholm étaient probablement les villes favorites du CIO qui tentait alors de présenter à nouveau les Olympiques dans une ville européenne avec une tradition de sports d’hiver. Les deux se sont retirées à cause des coûts et de la politique.

Un homme en point de presse devant les anneaux olympiques

Thomas Bach, président du CIO

Photo : Getty Images / Fabrice Coffrini

En 2014, M. Bach reconnaissait que l’appel d'offres pour les Jeux d’hiver était difficile.

Le nombre de candidatures pour les Jeux d’hiver est toujours très limité pour une question géographique. Il ne faut pas oublier que l’économie mondiale est actuellement précaire, avait-il dit.

Pékin ou Almaty?

Le CIO s’est donc retrouvé à devoir choisir entre deux gouvernements autoritaires qui n’avaient pas à soumettre leur candidature à un référendum et qui n’avaient pas de contraintes budgétaires.

Pékin avait dépensé 40 milliards de dollars pour l’organisation des Jeux de 2008.

À l’époque, le comité organisateur d’Almaty affirmait que 79 % de sa population appuyait sa candidature, alors que Pékin se vantait que 94,8 % des Chinois la soutenaient.

Almaty a tenté de gagner le vote en soulignant qu’elle possède une tradition de sports d’hiver et qu’elle est ceinturée par des montagnes et de la neige naturelle. Des arguments que Pékin n'avait pas.

Le comité chinois et quelques membres du CIO ont même avancé que les skieurs préfèrent la neige artificielle. Le CIO a aussi compris que Pékin représentait une occasion en or d’y développer le marché des sports d’hiver.

Pékin a gagné par quatre votes seulement, ce qui était plus serré que prévu. Les membres du CIO ont opté pour le choix le plus sûr, ce qui n’est plus nécessairement le cas aujourd’hui.

« C’est un choix sécuritaire. Nous savons que la Chine va respecter ses promesses. »

— Une citation de  Thomas Bach, président du CIO

Dès le départ, le choix du CIO avait été critiqué par des groupes de défense des droits de la personne, qui notaient que les Jeux de 2008 n’avaient pas amélioré la situation à cet égard en Chine.

Choisir entre deux candidats que les membres du CIO ne voulaient pas vraiment a forcé l’organisation à revoir son processus de sélection. C’est en partie ce qui l'a poussé à laisser tomber les longs appels d'offres pour choisir les villes hôtesses. Thomas Bach disait alors que le processus de sélection produisait trop de perdants.

Il était aussi embarrassant pour le comité d’expliquer pourquoi les populations refusaient d’accueillir les Jeux. Le processus de sélection a aussi été entaché par des scandales lors de l'attribution des Jeux de 2016 et de 2020, où des membres du CIO auraient été soudoyés pour leurs votes.

Désormais, les quelque 100 membres ne votent plus pour leur ville hôtesse favorite. Le choix revient maintenant au comité de direction, présidé par Thomas Bach. Les Jeux ont été attribués pour 2024 (Paris), 2026 (Milan-Cortina), 2028 (Los Angeles) et 2032 (Brisbane).

Les Jeux d’hiver de 2030 restent à être attribués, mais la ville de Sapporo au Japon semble avoir une longueur d’avance. Le CIO n’a pas indiqué quand la décision sera prise.

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