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Un logo bafoué

Il ferme les jambières pour bloquer une attaque de Logan O'Connor.

Jake Allen obtient un nouveau départ, jeudi soir face à l'Avalanche.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

À mi-chemin de la troisième période, un partisan a décidé qu’il en avait assez vu. Il a jeté son chandail sur la patinoire et s’est dirigé tout droit vers la sortie.

Peut-être s’est-il rappelé que c’était jour de guignolée des médias et y est allé d’un élan de générosité. Peut-être voulait-il faire un coup d’éclat en ce 2 décembre, date fatidique entre toutes où un dénommé Patrick Roy et ses partisans se sont embrouillés, une chicane qui allait durer 14 ans.

Ce n’était d’ailleurs pas la seule apparition fantomatique de Roy. Quelques partisans se sont aussi amusés à scander son nom en fin de match dans les hauteurs de l’amphithéâtre.

Au-delà de l’anecdote du chandail, personne sur la passerelle de presse ne se souvenait d’avoir vu le logo bafoué de la sorte. Du lot, il y a des vétérans avec de nombreuses années de service.

Le symbole était fort.

J’aime ce chandail. J’en suis fier, s’est contenté de dire Dominique Ducharme qui s’était d’abord refusé à commenter la séquence. L'entraîneur n'entendait pas à rire. Il n'a pas apprécié le geste.

Nick Suzuki a été un brin plus loquace.

Je l’ai vu, ce n’est pas un bon sentiment pour les joueurs. Je pense que c’était un de mes chandails. Je ne suis pas certain, mais je pense avoir vu un quatre. C’est difficile de voir ça. Les partisans veulent voir des victoires, ils sont habitués à une équipe productive. On ne leur donne pas ça en ce moment et je comprends leur colère, a lancé l’attaquant.

Ce n’est effectivement pas une équipe très productive. C’est plutôt une équipe qui a perdu un 19e match en 25 (6-17-2) jeudi soir, celui-là 4-1 devant l’Avalanche, cimentant davantage le pire début de saison de son histoire. Une équipe qui marque 2,24 buts en moyenne (29e dans la LNH) et en donne 3,56 (30e).

Une équipe qui a réalisé deux tirs au but en cinq avantages numériques et en a accordé quatre à l’adversaire pendant ces supériorités. Un groupe où les vétérans s’enlisent et les rares points positifs viennent de jeunes joueurs comme Alexander Romanov et Ryan Poehling, ce qui est autant encourageant qu’inquiétant.

Ils sont près de la bande.

Le défenseur Alexander Romanov met en échec l'ailier droit de l'Avalanche Logan O'Connor.

Photo : Reuters / David Kirouac

Un chandail lancé sur la glace, le nom de Roy scandé par quelques partisans, Jeff Petry qui commence à se faire huer quand il touche à la rondelle : autant de mauvais signes.

L’ampleur de la tâche

Jeff Gorton a assisté au premier match de sa nouvelle équipe en personne. On repassera pour faire une bonne première impression.

Le nouveau vice-président aux opérations hockey a eu le temps d’aller glisser un mot à ses joueurs avant la rencontre. Rien de bien compliqué.

Il n’a pas lancé de message encore, mais ça va venir, a dit Suzuki avant d’ajouter que les joueurs ont hâte d’entendre ce qu’il a à dire. Ils ne sont pas les seuls.

Gorton réservera certainement son jugement pour plusieurs semaines, voire quelques mois. Le CH, il faut l’admettre, bénéficie de circonstances atténuantes. La quantité de controverses, de petits drames et de péripéties qui ont déferlé sur lui est sans commune mesure de mémoire d’homme.

Ajoutez à cela les nombreuses blessures aux joueurs clés, les absences de l’un et l’autre, le test positif à la COVID-19 de Brendan Gallagher (et Sami Niku) : tout a semblé conspirer contre cette équipe.

N’empêche, rien de tout cela n’explique le manque d’engagement souvent déploré par les joueurs et l’entraîneur. Le jeu et la confiance en chute libre de Jeff Petry, le flair perdu de Tyler Toffoli, pour citer quelques problèmes.

Jeudi, le Canadien a fait ce qu’il pouvait face à une machine de guerre. Ducharme a créé le trio éteignoir de Nick Suzuki, Artturi Lehkonen et Jake Evans pour freiner celui de Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog et Mikko Rantanen.

Ça a fonctionné dans l’ensemble, particulièrement à cinq contre cinq. Sauf que l’Avalanche peut vous faire mal de toutes les façons, au moindre relâchement. Un luxe que n’a évidemment pas le CH. Alors quand Chris Wideman, en avantage numérique, a joué de mollesse dans le fond de sa zone ouvrant la porte au premier but du match, celui de Valeri Nichushkin, il fallait bien s’attendre à la déferlante.

Quelques secondes plus tard, Petry a donné la rondelle à l’adversaire, toujours avec un homme en plus, lançant un deux contre un qui a forcé Jake Allen à se surpasser devant Devon Toews. Puis, après que le Bleu-blanc-rouge eut créé l’égalité, Joel Armia a bêtement causé un dégagement refusé. Cale Makar en a profité.

Dès l’entame de la troisième période, déjà en retard et avec une fiche de 0-13-1 lorsque mené après 40 minutes, le Canadien a levé le pied un brin.

Manque d’intensité, de finition, erreurs d’inattention... C’est le jour de la marmotte à Montréal, deux mois à l’avance.

Généralement, un changement de régime suscite de l’enthousiasme, un vent d’espoir chez les partisans. C’est encore tôt et, évidemment, le directeur général n’a pas été nommé, mais ce n’est pas ce qu’on voit actuellement. Plutôt une lente désaffection dont les gradins de plus en plus clairsemés peuvent témoigner.

Il y aura beaucoup de travail à faire, même si les choses ne sont probablement pas aussi noires que la fiche de l’équipe le laisse croire. Cela dit, une saison de 82 matchs, c’est long si on abandonne au 2 décembre.

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il y avait en dessous du fond du baril? Le Tricolore semble s’être donné la mission de le découvrir.

En rafale

Ducharme a confirmé que Gallagher et Niku avaient à nouveau contracté la COVID-19. Ils sont en isolement pour 10 jours.

Josh Anderson sera absent de deux à quatre semaines, a annoncé l'équipe après le match. L’attaquant a violemment donné contre la bande après s’être emmêlé les pinceaux avec Kurtis MacDermid en deuxième période. On s’est borné à parler d’une blessure au haut du corps, mais Anderson a paru touché à l’épaule gauche, la même qui avait été opérée en mars 2020.

Ryan Poehling a eu droit à près de quatre minutes en avantage numérique. Le jeune homme a également dirigé trois tirs au but et remporté 67 % de ses mises au jeu (10 en 15). Ducharme a encore salué son travail. Le premier choix de 2017 ne donne pas l’impression de vouloir retourner à Laval, en dépit de l’amour qu’il a déjà publiquement professé pour la ville de Martin St-Louis.

Ducharme a également eu de bons mots pour Romanov, auteur de trois mises en échec, dont une, spectaculaire, qui a renversé autant Makar que Poehling et l’a coupé au visage du même coup.

On a toujours aimé son potentiel. L’an passé, on parlait de lui, on disait qu’on l’aimait, mais qu’il fallait travailler avec lui et que ça prendrait du temps. Je suis content de voir où il est rendu, de la façon qu’il joue. C’est en plein ça qu’on veut voir. Il s’en va dans la bonne direction. Il a pris de grands pas en avant.

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