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Paulo Saldanha, l’humble gourou canadien du cyclisme mondial

Un homme écoute pendant une discussion.

Paulo Saldanha

Photo : Noa Arnon/Israel Start-Up Nation

Michel Chabot

Paulo Saldanha est un nom pratiquement inconnu du grand public, mais cet entraîneur montréalais chevronné est très célèbre dans le milieu du cyclisme international. Les meilleurs athlètes du pays ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges à son égard.

Si ce n’était de Paulo, je ne serais pas un cycliste professionnel aujourd’hui, dit Michael Woods à son sujet.

Il a pratiquement sauvé ma carrière, renchérit Guillaume Boivin.

C’est un gourou de la performance sportive, soutient quant à lui Steve Bauer.

Aujourd’hui directeur de la performance pour l’équipe Israel Start-Up Nation (ISN), Paulo Saldanha a été triathlonien de haut niveau dans sa jeunesse. Une carrière qui a duré près de 10 ans.

J’ai fait principalement des distances Iron Man, raconte-t-il sans pavoiser. J’ai pris part à 11 Iron Man, à Hawaï, au Canada, en Nouvelle-Zélande, au Japon, un peu partout. J’ai aussi été au sein de l’équipe canadienne de triathlon quand je faisais des courses de sprint. Mais à cette époque, ce n’était pas une épreuve olympique. Alors, je me suis tourné vers les longues distances.

« J’ai été le premier Canadien à réussir un temps sous les neuf heures à Hawaï. Mais je n’étais pas assez bon pour gagner, alors j’ai commencé une maîtrise en physiologie de l’exercice à l’Université McGill. »

— Une citation de  Paulo Saldanha, directeur de la performance d'Israel Start-Up Nation

Quelques années plus tard, il fondait l’entreprise PowerWatts, un système d’entraînement sur des vélos ajustables, avec son propre logiciel. Partout sur la planète, des milliers d’adeptes du cyclisme se servent aujourd’hui de sa création.

Nous avions 21 centres à travers le monde avant la pandémie, précise-t-il. Maintenant, je crois qu’il en reste 15, mais il y en a qui ouvrent encore. On va en ouvrir un au centre national à Bromont.

Un scientifique polyvalent

Son expertise va bien au-delà du cyclisme. Au cours de sa carrière, l’homme de 58 ans a conseillé des athlètes de tous horizons comme le judoka Antoine Valois-Fortier, les patineurs artistiques Tessa Virtue et Scott Moir, la spécialiste du bobsleigh Helen Upperton et le triathlonien Tyler Mislawchuk.

Les skieurs acrobatiques Alexandre Bilodeau et Jennifer Heil ont également été parmi les privilégiés qui ont pu profiter de ses conseils.

J’ai rencontré Paulo en 2003, quand on a commencé à entourer Jennifer, explique Dominick Gauthier, DG du groupe d’aide aux athlètes B2Dix. Il faisait partie de notre équipe. C’était important d’apporter un peu plus de science dans l’encadrement de l’athlète, même si c’était une skieuse de bosses. Les physiologistes, historiquement, c’étaient des rats de laboratoire. Ils avaient du mal à appliquer leurs connaissances et à les vendre aux athlètes.

« Paulo, lui, c’est un gars de terrain. Il a toutes les connaissances scientifiques et il peut les intégrer dans n’importe quelle discipline. Il va arriver à devenir un bon étudiant du sport en question et de sa culture. Alors, quand il parle, on ne regarde pas en l’air en se demandant ce qu’il dit. Il arrive toujours à bien expliquer le pourquoi de ce qu’on va faire aujourd’hui, dans un mois et dans un an. C’est un être exceptionnel dans son milieu. »

— Une citation de  Dominick Gauthier, cofondateur de B2Dix

Le cyclisme avant tout

Son parcours dans le cyclisme l’a emmené à devenir directeur de la performance pour l’équipe SpiderTech.

C’est dans cette formation, appartenant notamment à Steve Bauer, qu’il a connu Hugo Houle et Guillaume Boivin il y a une dizaine d’années.

J’avais de grosses blessures au genou en 2010, après que j’ai fini 3e aux Championnats du monde U-23, se remémore Boivin. Paulo a un centre d’entraînement à Montréal avec une grosse équipe de physios, de thérapeutes du sport. J’avais passé de 8 à 10 mois sans rouler après les mondiaux.

« Je n’étais pratiquement plus capable de marcher. C’est lui et toute son équipe qui m’ont remis sur le vélo. Il est ensuite devenu mon préparateur physique jusqu’en 2019. C’est quasiment un deuxième papa, dans un sens. C’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect. Il m’a aussi beaucoup aidé psychologiquement. »

— Une citation de  Guillaume Boivin
Deux hommes en habits de cycliste discutent sur un banc.

Paulo Saldanha (à droite) discute avec le cycliste Reto Hollenstein.

Photo : Noa Arnon/Israel Start-Up Nation

La culture de la performance

Bourreau de travail, Paulo Saldanha se tape régulièrement des journées de 14 heures, comme en témoigne Hugo Houle, qui l'a aussi côtoyé à SpiderTech et qui se présentera à ISN en 2022 après quatre saisons au sein d'Astana.

Il ne prend pas de week-end de congé, il est tout le temps présent, dit Houle. Je me rappelle, à un moment donné, j’étais en Europe et, en me réveillant, je reçois un message texte de sa part. Je lui ai demandé pourquoi il n’était pas couché, il était 2 heures du matin à Montréal. Il m’a dit qu’il était en train de finir de travailler. Faut que tu aies une passion hors pair pour faire un tel travail.

Saldanha est encore plus occupé depuis qu’il œuvre avec ISN, propriété de son ami de longue date, Sylvan Adams, un autre Québécois.

« Sylvan m’a demandé d’établir une culture de performance parce que ça n’existe pas beaucoup dans les équipes professionnelles. Quand j’ai commencé, j’ai remarqué que la majorité des décisions avec plusieurs équipes sont prises pour donner beaucoup de plaisir aux commanditaires, mais pas nécessairement pour procurer de bonnes performances aux cyclistes. »

— Une citation de  Paulo Saldanha

Alors, nous avons essayé de bâtir une culture avec des commanditaires qui veulent travailler avec nous pour améliorer leurs produits, ajoute-t-il. Et nos décisions sont vraiment basées sur la performance, pour faire en sorte que chaque athlète atteigne son potentiel et qu’on lui donne les outils pour performer le mieux possible.

Tous ceux qui le connaissent vénèrent son expertise, mais aussi sa grande modestie, comme l’illustre Guillaume Boivin.

Pour les connaissances et l’expérience qu’il a, il est très humble et il est toujours ouvert à apprendre des autres. Il ne pense jamais qu’il est le meilleur dans quoi que ce soit. Cette attitude-là fait en sorte qu’il va toujours chercher de nouvelles informations auprès d’autres experts. S’il n’est pas sûr de quelque chose, il va emmener quelqu’un dans l’équipe pour qu’on travaille sur un aspect.

Avec cette mentalité-là, tu es toujours en train d’apprendre, continue Boivin. Paulo ne dira jamais qu’il est excellent, qu’il est une sommité lui-même, mais il l’est. Ensemble, nous faisons des expériences à l’entraînement. C’est toujours un étudiant de la physiologie du sport. C’est un gars qui travaille tellement fort et il est brillant pour assimiler tous ces concepts et à les faire fonctionner ensemble. Ça prend un talent spécial.

Le cycliste couvert de boue se tient le poignet.

Guillaume Boivin s'est blessé lors de sa chute à 20 kilomètres de l'arrivée.

Photo : Israel Start-up Nation/Twitter

À son tour, Saldanha se fait élogieux envers Guillaume Boivin, impressionnant 9e au dernier Paris-Roubaix.

J’ai toujours eu beaucoup de confiance en Guillaume, dit-il. C’est un athlète qui est très fort, mais il n’a pas été chanceux. Il a eu beaucoup de chutes et de blessures. Cette année, c’est la première fois que je le vois sortir de sa coquille. Quand il évite les malchances et avec la confiance qu’il a acquise en s’entraînant en compagnie de Mike Woods, et aussi je l’ai confié à un entraîneur du Québec, Chris Rozdilsky, qui a fait un très bon travail avec lui… tout ça, lui a permis d’assembler toutes les pièces pour qu’il puisse montrer ses qualités et ses capacités. C’est un athlète vraiment incroyable et toute l’équipe a confiance en lui. On va voir s’il peut continuer de monter de niveau l’année prochaine.

Un atout indispensable

Nouveau membre d'ISN après une saison avec Astana, Steve Bauer se réjouit aussi de renouer avec Paulo Saldanha.

Nous nous sommes perdus de vue pendant des années, mais nous avons maintenant repris contact avec l’équipe durant quelques réunions au camp (début novembre en Israël), explique Bauer. Il a de brillantes données et analyses afin de permettre aux athlètes d’atteindre leur plein potentiel. Je découvre sa façon de travailler et il a des outils sensationnels. Il représente un atout indispensable pour cette équipe.

Même son de cloche de la part de Hugo Houle. L'homme est discret, mais efficace.

« Paulo c’est quelqu’un qui est très réservé. Tu ne le vois pas souvent, mais il travaille fort dans l’ombre. Il est très intelligent, il a beaucoup de savoir. Il a vraiment réussi à apporter sa touche importante chez ISN même si on entend très rarement parler de lui. Il fait beaucoup de travail dans l’arrière-scène pour faire progresser l’équipe et s’assurer qu’on ait toutes les meilleures ressources au niveau de la performance, que ce soit la technologie, la nutrition et l’entraînement. »

— Une citation de  Hugo Houle
Il est devant le peloton.

Hugo Houle en action au Tour de France

Photo : Compte Twitter d'Astana

Le respect est mutuel. Paulo Saldanha confie qu'ISN souhaitait attirer Houle depuis un bon bout de temps.

Hugo, c’est un athlète très équilibré, précise Saldanha. Il est bon dans les contre-la-montre. Il peut aider des gars comme Mike Woods dans les montagnes, il peut aider sur le plat et il peut même partir en échappée pour gagner des courses. On le voulait dans l’équipe. Sylvan Adams m’a parlé de Hugo souvent pendant plusieurs années, alors quand on a vu l’occasion se présenter, nous avons sauté sur lui et nous sommes très contents qu’il fasse partie de l’équipe. Il est respecté parce qu’il est généreux et c’est un bon gars aussi. J’espère voir Hugo sur les podiums cette année.

L'émergence de Michael Woods

À son grand bonheur, Michael Woods s'est joint à ISN la saison passée. Il a ainsi pu retrouver cet homme inspirant à qui il dit devoir sa carrière. Ancien coureur de fond, Woods travaillait dans un magasin de vélo à Ottawa quand Saldanha l’a convaincu de devenir cycliste à temps plein.

Je l’ai rencontré pour la première fois dans son centre, à Montréal, qui était commanditaire de l’équipe pour laquelle je roulais à l’époque, Team Garneau-Québecor (2013). Il offrait des conseils et faisait passer des tests à nos cyclistes.

« J’étais nerveux de le rencontrer parce qu’il avait une grande réputation et je voulais l’impressionner. Il m’a même hébergé pendant ce week-end-là et nous avons pu échanger. Il est tellement généreux, ça m’a épaté. J’ai fini par battre des records de son centre et il m’a ensuite suggéré de quitter mon emploi pour me consacrer à ma carrière de cycliste. »

— Une citation de  Michael Woods, cycliste d'ISN

Il m’a promis de me trouver des commanditaires, poursuit Woods. Il a tenu parole en convainquant Sylvan Adams et, plus tard, B2Dix de me financer. Ça m’a donné des ailes. Il a reconnu mes habiletés et il a cru en moi depuis le début. Paulo a eu une grande influence sur mon évolution de cycliste. Il n’est pas que mon entraîneur, il est aussi mon mentor et l’un de mes plus proches amis.

Des cyclistes en course

Michael Woods

Photo : Twitter / Israel Start-Up Nation

Quand on a commencé à travailler ensemble chez ISN, Michael voulait améliorer ses performances au contre-la-montre, relate Saldanha. Mais il était tellement fort dans les côtes qu’on a décidé de travailler davantage sur ses forces pour qu’il atteigne le meilleur niveau au monde dans les côtes. Maintenant, on a commencé à travailler un peu plus sur ses faiblesses.

« Il faut traiter chaque athlète individuellement, avec ses faiblesses et ses forces. C’est pour cette raison que je ne travaille qu’avec trois ou quatre athlètes par année parce que ça prend beaucoup de temps pour les connaître. Chacun a une clé pour ouvrir son cadenas. J’essaie de créer un programme qui permet à l’athlète d’atteindre son plein potentiel. On essaie de trouver les faiblesses, de les renforcer le mieux possible, mais aussi de travailler sur les forces. »

— Une citation de  Paulo Saldanha

Piccoli, un autre étudiant du grand maître

Un peu comme Michael Woods, James Piccoli a fait des débuts tardifs dans le World Tour. Il a donné ses premiers coups de pédales dans ce circuit à l'âge de 28 ans.

J’ai connu Paulo en 2016, dit Piccoli. Je connaissais son nom depuis un bout. Tout le monde parle de lui. J’ai fait un test dans son centre à Montréal. Après, je n’ai pas vraiment eu de contact avec lui jusqu’en 2019, quand j’ai commencé à avoir des résultats dans mes courses en Amérique du Nord. Il m’a vraiment aidé à entrer en contact avec ISN, il était dans mon coin.

J’ai commencé le cyclisme un peu tard dans ma vie. Dans le World Tour, il y a des chances que, passé un certain âge, un coureur ne peut plus progresser. Lui, il a parlé en ma faveur en disant que malgré mon âge plus avancé que la normale, je pouvais continuer à progresser. C’est sûr que, sans lui, je ne serais pas avec l’équipe.

Paulo Saldanha souligne qu’après seulement deux ans à ce niveau, Piccoli doit poursuivre son apprentissage.

C’est un gars très motivé, très intelligent et analytique, dit Saldanha. Mais le sport professionnel, ce n’est pas que des chiffres. Il faut comprendre les nuances et les subtilités pour naviguer dans le peloton. Il est encore en apprentissage : comment se promener dans le peloton, quelle roue suivre, dans quelle échappée doit-il essayer de se faufiler? Il doit tout apprendre ça. Je pense qu’il s’est amélioré un peu.

James, c’est une machine physiologique qui est très forte. Mais il est habitué à courir aux États-Unis où les routes sont moins techniques et les pelotons moins denses. Et aussi, les stratégies sont plus évidentes. En Europe, la densité de talent est tellement élevée que c’est difficile de montrer ses qualités. J’espère qu’il va continuer d’apprendre et qu’il garde une mentalité ouverte.

Loin de sa patrie

Généreux interlocuteur, Paulo Saldanha s’excuse pour son français parfois hésitant, bien que les mots coulent avec aisance durant l’entrevue. Celui qui a émigré du Portugal avec ses parents à l’âge de 5 ans explique avoir passé de nombreuses années aux États-Unis lors de sa carrière dans le triathlon et que son parcours après l’école secondaire s’est fait exclusivement en anglais.

Mais je tiens à garder mon français, insiste-t-il. Je parle le portugais aussi et un peu d’italien.

Et depuis quelques années, il ne passe guère plus de trois mois au Québec. Son travail l’emmène souvent loin de la maison, comme en début d’année, en Californie et en Arizona, pour travailler avec Chris Froome, un autre nouveau venu d'ISN en 2021, pour l’aider à retrouver la forme après une grave blessure.

Le quadruple champion du Tour de France, qui aura 37 ans en 2022, s’améliore, dit Saldanha, mais rien ne garantit qu’il redeviendra dominant comme à ses beaux jours.

« La question est de savoir si le Chris Froome d’avant serait assez bon pour gagner aujourd’hui. Avec les jeunes qui émergent maintenant, le niveau est très élevé. J’espère que cette année, on reverra un peu plus le vieux Chris Froome. »

— Une citation de  Paulo Saldanha

Je suis vraiment impliqué avec lui et je commence à voir beaucoup d’améliorations dans les chiffres de ses performances. Mais l’entraînement est une chose, les courses, c’est différent. Il faut qu’il nous montre ce qu’il peut faire dans les courses et ça va prendre un peu plus de temps.

Un coureur en jaune tout sourire, accompagné de deux hôtesses sur un podium.

Chris Froome sur les Champs-Élysées en 2017

Photo : Getty Images / Chris Graythen

Le cyclisme est une discipline extrêmement exigeante sur le plan physique, mais il faut également que les athlètes possèdent une force mentale d’acier pour surmonter les épreuves d’une longue saison.

On dit que 90 % est physiologique et que l’autre 100 % est mental, lance Paulo Saldanha, sourire en coin. À ce niveau-là, l’aspect mental fait toute la différence. La capacité de souffrir, de tolérer des blessures et, aussi, la capacité de perdre est très importante. Souvent, les athlètes qui viennent de petits pays de cyclisme, comme le Canada, sont de très fortes machines et ils sont habitués de gagner tout le temps.

Là, ils arrivent dans le peloton en Europe, on voit ça aussi avec les Australiens, les Néo-Zélandais, ils n'ont pas l'habitude de perdre et ils commencent à perdre. S’ils ne savent pas composer avec ça, c’est une transition difficile. Alors, on essaie de les aider, mais il faut apprendre à perdre pour devenir cycliste parmi l’élite. Souvent dans les courses, il y a 150 cyclistes qui commencent et un seul qui gagne. Ça veut dire qu’il y en a 149 qui vont perdre.

Israel Start-Up Nation a de grandes ambitions en 2022, après avoir conclu la dernière saison au 12e rang du classement mondial.

L’année passée, on a eu beaucoup de malchance, fait remarquer Saldanha. Daryl Impey a eu une fracture du bassin. Il a raté trois mois et demi de courses. Krists Neilands s’est blessé à l’épaule. Chris Froome n’est jamais revenu à son niveau cette année. On avait cinq très bons cyclistes qui n’ont pu faire une saison complète.

« Si nous évitons ces malchances l’année prochaine et que nous pouvons compter sur Giacomo Nizzolo, sur Jakob Fuglsang et sur Chris Froome qui va peut-être hausser son niveau, c’est sûr qu’on peut avoir une meilleure équipe. L’objectif que Sylvan a l’année prochaine, c’est une place dans le top 5. »

— Une citation de  Paulo Saldanha

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