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« On pouvait faire mieux » - David Ménard

Il crie en écartant les bras.

Jovan Santos-Knox célèbre un sac à l'endroit du quart Trevor Harris des Alouettes.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Jean-François Chabot

À l’instar des quatre autres joueurs qui y sont allés de leur bilan de saison, mardi, l’ailier défensif David Ménard estime que les Alouettes de Montréal auraient pu offrir une meilleure prestation en 2021.

Même s’ils sont apparus l’un après l’autre devant la caméra de la visioconférence, le botteur David Côté, le receveur de passes Eugene Lewis, le quart Vernon Adams fils, le porteur de ballon William Stanback et Ménard ont tous reconnu que l’indiscipline avait coulé l’équipe autant durant la saison (7-7) que dimanche dernier, dans la demi-finale de l’Est face aux Tiger-Cats de Hamilton.

Ménard, qui aura tout l’hiver pour se remettre de la commotion cérébrale qu’il a subie dimanche, s’explique mal pourquoi les mêmes erreurs ont été sans cesse répétées.

La raison derrière ça, je l’ignore. On devait corriger des petits détails, mais ces détails revenaient nous causer du tort. C’est arrivé en fin de semaine et chaque fois qu’on a perdu un match durant la saison, a reconnu l’ailier défensif qui est sans contrat en vue de la prochaine saison.

À ce sujet, Ménard a précisé que plusieurs joueurs avaient apposé leur signature au bas d’un contrat que l’on a présenté comme post-COVID. Il souhaite revenir avec les Alouettes l’an prochain et s’attend à des échanges positifs en ce sens avec Danny Maciocia.

Le receveur de passes Eugene Lewis se trouve dans cette même situation. Fort d’une saison plus que satisfaisante qui lui a procuré une place dans l’équipe d'étoiles de l’Est, il reste vague sur ses intentions pour 2022.

Je veux d’abord prendre le temps de digérer la défaite. Il me faut habituellement une semaine. Je déteste perdre plus que j’aime gagner. Je vais contacter mon agent. Je vais parler aux entraîneurs et à ma famille. Et on verra comment les choses se passent, a indiqué l’Américain qui a saisi 62 passes pour des gains de 964 verges et 9 touchés au cours de la dernière saison

« On n’a pas été faibles mentalement, on a juste manqué de discipline. Être imputable et être responsable sont deux choses bien différentes. Vous ne pouvez pas vous excuser de vos erreurs et les répéter semaine après semaine. Je ne veux plus revivre ce que j’ai ressenti après la défaite de dimanche ni en tant que joueur ni en tant qu’équipe. »

— Une citation de  Eugene Lewis, receveur de passes des Alouettes de Montréal

Conscient de sa valeur, Lewis a aussi saisi 6 ballons pour 127 verges et 1 touché en demi-finale de division contre Hamilton. Il pourrait donc se laisser tenter par le marché des joueurs autonomes.

Par contre, il a aussi laissé entendre que c’est avec Vernon Adams fils au poste de quart qu’il aimerait entamer la prochaine campagne, même s'il a également servi de cible à Trevor Harris et à Shea Patterson.

Pensez-vous que Vernon est capable d’amener cette équipe à la Coupe Grey? Je ne serais pas dans cette ligue sans Vernon Adams. Si je n’avais pas saisi sa passe dans un match préparatoire à Ottawa, en 2017, je ne serais pas ici. J’apprécie tous les quarts avec qui j’ai joué, mais je dois beaucoup à V.A., a poursuivi Lewis en rappelant qu’il n’était pas en position de choisir qui sera le quart no 1 l’an prochain.

Lutte à trois?

Les limites du plafond salarial étant ce qu’elles sont dans la Ligue canadienne, il est peu probable que les Alouettes puissent commencer la saison avec les trois mêmes quarts.

Vernon Adams fils a commencé la saison dans le siège du conducteur. Fort de ses exploits en 2019, il s’était vu accoler l’étiquette de no 1 par l’entraîneur Khari Jones. Une blessure à une épaule a coupé court à sa saison à la huitième rencontre de l'équipe, le 11 octobre, face au Rouge et Noir d’Ottawa.

Vernon a encore une saison à écouler à son contrat. Il ne veut toutefois pas se prononcer sur ses chances de reprendre les rênes de l’attaque au début de la prochaine saison.

« La décision ne m’appartient pas. Mais j’ai beaucoup appris en observant la manière dont se prépare Trevor Harris, la façon qu’il étudie, qu’il regarde les vidéos ou qu’il travaille son jeu de jambes. Ça l’aide à être prêt mentalement. »

— Une citation de  Vernon Adams fils, quart des Alouettes

Si Adams fils est aussi prudent, c’est peut-être parce que celui qui en avait fait son quart partant, l’entraîneur-chef Khari Jones, est lui aussi sans contrat en vue de la prochaine saison.

L'attaque décimée par les blessures

Questionné sur son apparente incapacité à résoudre l’énigme que lui a présenté la défense des Tiger-Cats tout au long de la saison, le porteur de ballon William Stanback refuse de faire de Hamilton sa bête noire.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est ma kryptonite. Je ne crois pas en ce genre de chose. Mais les Tiger-Cats ont très bien joué. Plusieurs membres de notre ligne à l’attaque ont été blessés en cours de saison. C’est malheureux que l’on ait eu à vivre avec autant de substitutions et que l’on ait perdu la chimie que nous avions, a admis Stanback qui sera de retour avec l’équipe la saison prochaine.

Quant aux raisons qui ont mené à cette autre élimination rapide [les Alouettes n’ont pas gagné un match éliminatoire depuis 2014, NDLR], Stanback a lui aussi parlé du manque de discipline.

« Notre plan de match était bon, mais nous n’avons pas su l’appliquer. On a commis des échappés et des revirements. Les pénalités nous ont placés en mauvaise position quand l’attaque s’amenait sur le terrain. Elles nous ont fait mal de plusieurs façons. »

— Une citation de  William Stanback, demi-offensif des Alouettes

Ce dernier est d’avis que le vrai visage des Alouettes est celui de l’équipe qui a inscrit quatre victoires de suite en milieu de saison et non pas celle qui a subi quatre revers à ses cinq derniers matchs avant les éliminatoires.

Nous devons être plus disciplinés dans toutes les phases de jeu. Il n’y a pas grand-chose à dire. En fait, je ne sais pas quoi vous dire, sinon qu’on s’est tiré dans le pied, a renchéri celui qui a terminé la saison avec 193 courses pour 1176 verges et 3 majeurs.

Enfin, le botteur David Côté a pris un moment pour offrir un survol de sa première saison dans la LCF.

Au plan personnel, ç’a été une très bonne saison, au-delà de mes attentes. J’ai fait ma place tout au long de l’année. J’ai réussi à prouver au fil des matchs que l’équipe et l’organisation pouvaient avoir confiance en moi. Je suis très satisfait pour une première saison, a indiqué le Québécois de 25 ans.

L’ancien du Rouge et or de l’Université Laval a réussi 32 de ses 39 bottés de précision en plus d’avoir effectué 67 bottés de dégagement pour une distance totale de 4004 verges.

Côté ne s’est pas défilé non plus pour mettre le doigt sur le bobo qui a fait le plus mal aux Alouettes.

Je pense qu’on était assez jeunes sur les unités spéciales. On avait quelques vétérans çà et là. L’expérience d’une saison comme ça va faire une différence pour l’an prochain, a d’abord souligné Côté.

« Comme on l’a vu, on a pris beaucoup trop de pénalités sur les unités spéciales. Ce n’est pas acceptable. Cela mettait toujours la défense ou l’attaque dans des positions difficiles, pas trop évidentes. »

— Une citation de  David Côté, botteur des Alouettes

Il a aussi bien voulu parler du message que Jones a offert avant de laisser partir tout le monde.

Ce n’est vraiment pas la fin de saison que l’on voulait. Tout le monde dans le vestiaire, que ce soit les coachs ou les joueurs, on croit qu’on a une meilleure équipe que ce que nous avons montré sur le terrain, a conclu Côté.

Garantie non respectée

Quant aux propos tenus par le demi défensif Patrick Levels qui avait garanti la victoire montréalaise tout en narguant plusieurs membres des Tiger-Cats, y compris l’entraîneur-chef Orlondo Steinauer, personne ne s’en est offusqué dans le camp montréalais, Eugene Lewis en tête de file.

On n’a pas à regretter ça. Quand vous grandissez dans un environnement sportif comme celui du football, ça vous donne une autre perspective. Il valait mieux qu’il dise qu’il était sûr de gagner plutôt qu’il pensait gagner le match.

Si vous ne dites pas que vous allez gagner le match avant qu’il commence, vous feriez mieux de vous taire. Personne ne vaut sauter sur le terrain la tête basse. On ne parlerait pas de ça si nous avions gagné. Il faut prendre des risques. Ça vaut parfois le coup de jouer dans la tête de l’adversaire.

J’ai entendu toute sorte de choses à l’époque où je jouais avec l’Université de l’Oklahoma et où nous affrontions Texas ou Oklahoma State. Je ne vais pas blâmer Levels parce que nous avons perdu. Ça fait partie du sport et ça me motive.

Jeudi, ce sera au tour du directeur général Danny Maciocia et de l'entraîneur-chef Khari Jones de donner leurs impressions de la saison 2021.

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