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Rhian Wilkinson entre en poste à Portland avec une pensée pour le Canada

Installée au sommet d'une section du stade, elle sourit pour la caméra.

Rhian Wilkinson dirigera les Thorns de Portland à partir de la saison 2022.

Photo : Thorns de Portland/Craig Mitchelldyer

Olivier Tremblay

Elle a peut-être un nouvel emploi, mais Rhian Wilkinson n’a pas changé.

L’ancienne athlète originaire de l’ouest de l’île de Montréal s’exprime bien, et elle n’a jamais été du genre à se défiler. Mardi, quand elle s’est assise aux côtés de sa nouvelle patronne, la directrice générale des Thorns de Portland Karina LeBlanc, qui la présentait comme entraîneuse-chef de l’équipe, les médias en ont eu pour leur argent.

La chimie entre les deux anciennes coéquipières avec la sélection du Canada est indéniable. Pendant 45 minutes, elles se sont alimentées l’une l’autre. Elles se sont gentiment décoché quelques flèches. LeBlanc a pris un malin plaisir à parler en bien de Wilkinson, parce que ça la rend mal à l’aise.

LeBlanc, ancienne gardienne de but, n’hésitait pas non plus à enguirlander sa défenseuse lorsque ça n’allait pas sur le terrain. Mais Wilkinson savait comment répliquer quand on la piquait, a-t-elle convenu. Justement, si quelque chose pique encore Wilkinson, c’est bien le manque de structure autour du soccer féminin dans son pays, dont les athlètes viennent de remporter l’or olympique.

Et Wilkinson a, encore une fois, répliqué comme elle sait le faire.

Il faut une ligue professionnelle au Canada, a-t-elle soutenu. C’est gênant, franchement. Elles viennent de gagner l’or. J’ai mon emploi de rêve. C’est ici que je veux être. Mais je sais aussi que je ne pourrais pas travailler au Canada si je le voulais. C’est la même chose pour nos joueuses. Elles doivent quitter le pays pour pratiquer le sport qu’elles aiment. Et si le soccer ne montre pas l’exemple, qu’est-ce qui arrive à nos volleyeuses, nos nageuses, nos hockeyeuses sur gazon?

« Je sais que c’est controversé, mais il faut le dire. On en parle depuis trop longtemps. Il faut agir dans notre pays d’origine. »

— Une citation de  Rhian Wilkinson, entraîneuse-chef, Thorns de Portland

Wilkinson s’est même permis de dire en français, pour une énième fois, qu’elle espérait qu’une équipe féminine voit le jour à Montréal, pour qu’il y ait des occasions là-bas pour nos entraîneuses, chez nous. LeBlanc s’est mise à l’applaudir. Pour son français? Pour ses propos? Pour la rendre mal à l’aise?

C’était peut-être un mélange des trois, mais les deux collègues ont assuré que malgré l’amusante dynamique en conférence de presse, elles sont à Portland pour du sérieux. Il ne manque justement pas d’enjeux autour de l’équipe ces jours-ci.

C’est que Wilkinson se joint à une organisation qui demeure dans une certaine tourmente. Ciblé pour sa gestion des allégations d’inconduite sexuelle visant l’ancien entraîneur-chef Paul Riley, le directeur général Gavin Wilkinson (aucun lien de parenté) avait été temporairement relevé de ses fonctions, puis remplacé par Karina LeBlanc.

Les partisans de l’équipe restent sceptiques envers les dirigeants. Gavin Wilkinson dirige toujours la section masculine du club, les Timbers de la MLS. Son patron Merritt Paulson demeure aussi en poste.

L’organisation de Portland est loin d’être la seule au cœur de ces allégations. Mais Rhian Wilkinson est convaincue que les Thorns peuvent servir d’exemple non seulement dans la ligue, mais dans tout le monde du sport féminin et masculin.

Il se passe beaucoup de bonnes choses sur le plan de la transparence et des relations de pouvoir, a-t-elle souligné. J’ai travaillé au Canada et en Angleterre. Les trucs qui se passent ici, ça se passe partout, et il faut faire le ménage. Je fais partie d’une organisation qui veut être à l’avant-plan de ce ménage. Karina et moi avons fait des vérifications en profondeur avant de nous engager ici, et nous reconnaissons que le club va faire les choses adéquatement.

Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans le processus qui a mené à l’embauche de Wilkinson. L’ex-joueuse de 39 ans a été reçue en entrevue pour la première fois un mois et demi avant l’arrivée de Karina LeBlanc.

Tout le secteur sportif du club, des joueuses au personnel d’entraîneurs jusqu’au pilote sortant, Mark Parsons, a été mis à contribution, si bien que Wilkinson se souvient d’une journée au cours de laquelle elle a participé à neuf entrevues.

Selon LeBlanc, il n’y avait plus que trois candidats lorsqu’elle est entrée en poste. Mais le nom de Rhian Wilkinson était de toutes les conversations.

Le processus a été long, a rappelé LeBlanc. Je n’ai pas tout simplement engagé mon amie […] Tout le monde voyait que c’était elle qui cadrait le mieux avec nous, et c’est parce qu’elle l’a mérité.

« Elle n’a pas été engagée parce qu’elle est une femme. Elle a été engagée parce qu’elle était la candidate la plus qualifiée. »

— Une citation de  Karina LeBlanc, directrice générale, Thorns de Portland

Wilkinson est donc de retour sur le continent moins d’un an après avoir quitté les programmes de Canada Soccer pour se joindre à l’équipe nationale féminine de l’Angleterre. Elle avait alors affirmé vouloir devenir entraîneuse-chef un jour. Ce jour est-il venu plus rapidement que prévu?

Pas exactement, a souligné Wilkinson, en précisant que son entente avec la fédération anglaise, présentée comme un contrat à court terme à l’époque, était de six mois.

Après les Jeux olympiques à Tokyo, je savais que je devais trouver un autre travail, a-t-elle expliqué. Il y avait beaucoup de postes ouverts en NWSL. J’ai fait beaucoup d’entrevues, et c’était toujours mon ambition d’être entraîneuse ici, aux États-Unis. C’était le moment parfait pour moi.

Ces moments ne durent toutefois pas éternellement, a rappelé Wilkinson, en faisant référence à son départ du Canada après environ trois ans de travail comme entraîneuse.

Que de potentiels investisseurs se le tiennent pour dit, il y a peut-être une offre à faire à une entraîneuse sur la côte ouest si vous mettez sur pied une équipe à Montréal vers 2025.

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