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Vingt ans plus tard, l’affaire Salé-Pelletier fait encore jaser

Les deux athlètes parlent.

David Pelletier et Jamie Salé en conférence de presse le lendemain de leur performance olympique en 2002

Photo : Associated Press / HANS DERYK

Radio-Canada

Près de 20 ans après les Jeux olympiques de Salt Lake City, l’affaire Salé-Pelletier refait surface ces jours-ci avec la série documentaire Matchs truqués : un véritable sport, diffusée sur Netflix. David Pelletier a participé à la production, mais ne tenait pas à la regarder.

Mon histoire, je la connais, a lancé le Québécois de 47 ans, lundi, lors d’une entrevue à l'émission Pénélope.

Cette histoire, son fils de 14 ans la connaissait moins. Il a donc pu en découvrir l’ampleur grâce à ce documentaire qui a alimenté des discussions avec son père.

On parle que le sport, c’est le reflet de la société et que, des fois, tu te fais passer un sapin, a raconté l’ancien patineur artistique.

J’essaie de lui expliquer que tu as beau faire les bonnes affaires, t’entraîner et travailler fort, des fois, ça ne tourne pas comme tu veux. La vie, ce n’est pas un long fleuve tranquille, a-t-il poursuivi. C’est important de faire les choses comme il faut. Le reste, la vie va s’organiser avec ça.

Un cauchemar

David Pelletier ne semble pas avoir gardé d’amertume face aux événements de février 2002, qui ont secoué le monde du patinage artistique et ont mené à la réforme de ce sport.

Jamie Salé et lui avaient vu la médaille d’or olympique leur échapper après une décision controversée des juges. Pour la plupart des gens, le verdict qui a consacré les Russes Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze au terme du programme libre était incompréhensible.

Ils sont sortis de la patinoire, on est embarqué et leurs résultats sont sortis, se rappelle Pelletier. Je m’attendais à du 5,8 et 5,9 [sur 6,0] et j’ai vu quelques 5,7. J’avais assez d’expérience pour savoir que la porte était ouverte et qu’une erreur avait été commise. Je m’étais dit qu’avec une performance parfaite, la médaille d’or était à nous.

Ils font une arabesque côte à côte.

Jamie Salé et David Pelletier lors du programme libre aux Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002

Photo : Getty Images / Gary M. Prior

Salé et Pelletier ont offert une performance sans faille sur le thème de Love Story. Le duo canadien était ravi. Puis, les résultats sont sortis. L’Albertaine et le Québécois les ont accueillis avec consternation et la foule, avec colère.

Je suis en train de vivre mon pire cauchemar. Tu as neuf juges. Je me disais que la pire chose qui pouvait arriver, c’était de perdre la médaille d’or par un juge. Qu’il y ait une décision partagée (5-4), a raconté Pelletier.

Et c’est exactement ce qui s’est produit. Au sein du jury, Benoît Lavoie était tout aussi choqué par le sort réservé aux patineurs canadiens.

J’ai été le premier surpris, a expliqué le juge québécois. J’ai eu une forte réaction tout de suite après, ce qu’on n’est pas supposé démontrer. Je n’étais pas capable de croire ce que je voyais et ce que j’entendais… J’ai pensé pendant un certain moment que c’était peut-être moi qui avais fait une erreur. Je me demandais : "J’ai tu manqué un saut?" J’ai douté.

« Je n’en revenais pas et j’essayais de comprendre. C’est seulement lorsque j’ai vu la feuille de résultats arriver que j’ai vu le "split panel" (5-4). Tout de suite, mes yeux se sont tournés vers Marie-Reine Le Gougne. »

— Une citation de  Benoît Lavoie

La juge française lui avait confié quelques mois plus tôt, en compétition, qu’elle avait promis de donner son vote au couple russe aux Jeux olympiques.

Je me disais : "Ça ne se peut pas." Je n’étais encore jamais allé aux Jeux, mais je me disais qu’on ne pouvait pas arriver à un tel niveau en trichant comme ça, a dit Lavoie. Quand j’ai vu la feuille avec les notes, je me suis dit : "Elle l’a fait."

Un dénouement inattendu

Les critiques, mais surtout les nouvelles informations concernant la juge Le Gougne, qui avait subi des pressions externes, ont convaincu le comité organisateur de décerner une deuxième médaille d’or, à Jamie Salé et à David Pelletier, pour l’épreuve des couples.

Les patineurs sourient.

Les équipes canadienne et russe montrent leur médaille d'or.

Photo : La Presse canadienne / Lionel Cironneau

En tant que Québécois, on connaissait tous l’histoire de Sylvie Fréchette. Ça a pris deux ans pour régler le problème. En patinage artistique, je ne m’attendais pas du tout à ce qu'en cinq jours, une décision soit renversée, a indiqué Pelletier.

Ce n’était pas vraiment un beau moment. On nous donnait une médaille d’or pour que tout le monde se ferme la trappe et qu’on puisse passer à autre chose. Mais au fil des années, des gens dans le monde du patin m’ont convaincu que s’ils ont pris cette décision, c’est parce que c’était la bonne.

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