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Un club de soccer en mission de justice environnementale au Vermont

Vue du stade à partir de la ligne centrale.

Le stade Virtue Field, de l'Université du Vermont, sera le domicile du Vermont Green FC.

Photo : Twitter/Vermont Green FC

Olivier Tremblay

Il y a environ un an, Radio-Canada Sports vous présentait Forest Green Rovers, un club anglais de soccer à l’avant-garde des initiatives vertes dans le sport. Aujourd’hui, FGR observe de loin l’éclosion d’un petit frère qui prend racine à moins de deux heures de Montréal.

Dès la saison 2022, le Vermont Green FC se joindra à la ligue 2 de la USL, championnat semi-professionnel de quatrième division en Amérique du Nord. Établi à Burlington, ce tout nouveau club n’aura pas de vert que le nom. Il est en quête d’écoresponsabilité avec une variation sur le thème.

Keil Corey porte le titre de « chief purpose officer » au Vermont Green. On pourrait le traduire par « chef de la raison d’être » ou encore « chef de la vocation ». Il se réjouit donc d’expliquer la mission de justice environnementale de la nouvelle équipe, qui élira domicile sur le campus de l’Université du Vermont.

Dans la vie de tous les jours, Corey est consultant sur les enjeux environnementaux et sociaux auprès des entreprises. Son expérience lui fait penser que le secteur privé est prêt à en faire plus pour les gens et pour la planète. Les deux en même temps. Les enjeux sociaux et environnementaux, a-t-il souligné dans ses premières conversations avec les autres fondateurs du club, ne sont pas mutuellement exclusifs. C’est là que le Vermont Green veut se distinguer.

Les avantages et les obligations qui découlent de notre environnement ne sont pas distribués équitablement, soutient-il. Les changements climatiques, par exemple, touchent généralement de manière démesurée ceux qui en sont le moins responsables, ceux dont l’empreinte carbone est la plus légère. On parle de collectivités à faible revenu, de populations noires, autochtones, de couleur.

« Nous voulons donc que cet enjeu soit au cœur de ce que nous faisons au club, qu’il devienne l’angle sous lequel nous étudions toutes nos actions. »

— Une citation de  Keil Corey, cofondateur, Vermont Green FC

Dans le milieu sportif, Corey cite notamment le formidable exemple des Sounders de Seattle de la MLS, devenu un club carboneutre en 2019 en calculant ses émissions de gaz à effet de serre dans l’objectif de les réduire et en achetant des crédits carbone pour compenser ce qui ne peut être éliminé.

Le Vermont Green veut aller plus loin. Le club vise la carboneutralité, certes. Il souhaite également susciter des débats publics sur les êtres qui subissent les effets des changements climatiques et collaborer avec les populations touchées de manière disproportionnée afin de trouver des pistes de solution pour gérer la crise climatique. Le club tisse notamment des liens avec les populations de réfugiés du Vermont.

Toutes sortes de questionnements sous-tendent les décisions prises au sein de la jeune organisation, du transport à l’équipement en passant par les produits dérivés.

Des autocollants sont disposés les uns par-dessus les autres.

Le Vermont Green FC n'a toujours pas fini de dévoiler son identité visuelle, ce qui ne l'empêche pas de vendre quelques produits dérivés.

Photo : Twitter/Vermont Green FC

Après avoir révélé son nom et sa date d’entrée dans la ligue, le Vermont Green a d’abord voulu lancer une première gamme de produits. Mais les discussions ont rapidement viré à leur légitimité même. Le club, en vendant des vêtements, ne serait-il pas malhonnête?

Les dirigeants ont finalement pris la décision de ne pas rester sur les lignes de côté. Ils ont trouvé des fournisseurs qui se réclament de la « mode circulaire », un principe qui vise à éliminer le gaspillage de ressources dans ce secteur, que ce soit en réutilisant des vêtements ou en se servant de leurs matières pour en fabriquer de nouveaux.

Si nous vendons des trucs, nous devons faire nos vérifications et être certains des répercussions qu’auront nos produits, souligne Corey. Nous avons cherché des fournisseurs qui sont munis des certifications requises et qui font preuve d’une véritable transparence, et c’est difficile. Pour être tout à fait honnête, ça demeure compliqué de trouver des entreprises qui parlent des mesures relatives aux droits des travailleurs, de leurs fournisseurs, etc.

Au-delà de sa mission sociale, le Vermont Green aura besoin, accessoirement, d’une bonne équipe de soccer. La plateforme qu’elle représente pour diffuser un message ne sera pas durable si elle est perdante année après année.

Keil Corey et ses cofondateurs, Matt Wolff et Patrick Infurna, y travaillent déjà. Ils s’attendent à présenter dans les prochains jours leur premier entraîneur, un technicien qui, espèrent-ils, les mènera au sommet de leur ligue.

Au fait, qui domine la quatrième division anglaise depuis septembre?

Un indice : les dirigeants du Vermont Green sont en communication constante avec ce club-là, qui est une grande inspiration.

Forest Green Rovers, bien sûr.

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