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Steve Bauer poursuit sa route avec Israel Start-Up Nation

Un homme discute avec une autre personne

Steve Bauer

Photo : Noa Arnon/Israel Start-Up Nation

Michel Chabot

Sa nouvelle équipe ne l’a pas crié sur les toits, mais Steve Bauer est, depuis un mois, directeur sportif d'Israel Start-Up Nation (ISN).

L’Ontarien de 62 ans a signé une entente de trois saisons avec cette formation dont l’actionnaire majoritaire est Sylvan Adams, un riche homme d’affaires canado-israélien originaire de Montréal et qui vit maintenant en Israël.

C’est parfaitement vrai, je suis le nouveau directeur sportif d’Israel Start-Up Nation, alors je viens avec tous les Canadiens dans l’équipe, a confirmé Bauer depuis son domicile de St. Catharines. C’est très intéressant de travailler avec eux. Et, bien sûr, le reste de l’équipe est très forte. Je suis content.

Bauer revient d’un camp en sol israélien avec ISN et il a pu constater à quel point le propriétaire laisse sa marque là-bas.

C’est très intéressant de renouer avec Sylvan Adams sur le plan sportif, a-t-il mentionné. Il était aussi commanditaire de notre équipe, SpiderTech C-10, au début des années 2010. Il a à cœur les succès de son équipe et il est un des grands ambassadeurs pour Israël. Une telle philanthropie à l’égard de son pays et d'ISN, c’est rare.

Durant notre camp en Israël, nous avons visité le vélodrome, le centre de haute performance qu’il a fait construire et nous avons vu l’hôpital pour enfants dont il a également participé au financement. C’est spectaculaire ce qu’il a fait.

Quatre Canadiens sous son aile

Le légendaire cycliste canadien, détenteur du maillot jaune pendant cinq jours au Tour de France de 1988, où il a pris la 4e place, est aussi heureux de retrouver des cyclistes qu’il connaît bien.

Guillaume (Boivin), évidemment, je le connais depuis l’époque de SpiderTech, a rappelé Bauer. Je suis bien au fait de ses capacités et de ses belles performances à la fin de la dernière saison. C’était fantastique aux mondiaux et au Paris-Roubaix.

Je suis super content d’avoir Steve avec nous, a confié Guillaume Boivin. C’est le premier qui m’a donné un contrat professionnel quand j’avais 19 ans. C’est plaisant de retrouver quelqu’un dont j’ai la certitude qu’il croit en mes moyens. Il veut que je réussisse et on s’est toujours bien entendu. C’est un ancien joueur de hockey lui aussi. Et en ce qui concerne la mentalité sur le vélo, nous sommes des bagarreurs, nous n’abandonnons jamais et nous savons prendre des risques.

« Entre les mondiaux et Paris-Roubaix, j’ai passé la semaine chez lui. Il a toujours trouvé le moyen de me motiver. Il a tellement d’expérience, que j’ai toujours les oreilles ouvertes quand il parle. Juste avant Paris-Roubaix, il m’avait dit : "Peu importe ce qui se passe, il faut que tu restes au milieu des pavés." Il me répétait ça cinq fois par jour. Pendant la course, c’est tout ce qui résonnait dans ma tête. J’ai bien hâte de faire des courses avec lui. »

— Une citation de  Guillaume Boivin, cycliste d'Israel Start-Up Nation

Steve Bauer a également un lien très fort avec Hugo Houle, un athlète avec lequel il a étroitement travaillé, en particulier lors de la dernière saison.

Je suis très heureux qu'il se joigne à nous, a dit Hugo Houle. C'est quelqu'un avec qui c'est très agréable de travailler. Il est professionnel, mais il est aussi capable de faire des blagues. Il est aussi capable de nous fouetter quand c'est le temps. Il a notre respect pour ce qu'il a accompli au cours de sa carrière et il connaît bien le milieu. En plus, avec SpiderTech, il m'a littéralement donné ma chance.

« C'est sa vie. Steve a tout le temps été là, de diverses façons. Il n'est plus jeune, mais il est toujours là à 100 %, à travers le monde. Il était assis avec moi aux Jeux de Tokyo, à trois heures du matin, dans le bus. C'est tout à son honneur d'être encore présent, après tant d'années dans le milieu. »

— Une citation de  Hugo Houle

Hugo je le dirigeais avec Astana cette année, a rappelé Bauer. C’est notre cycliste avec lequel je suis le plus familier. Et, bien sûr, j’ai hâte de travailler avec Michael Woods, de diriger certaines de ses courses et de l’aider à réaliser ses objectifs. Tout ça mis ensemble, ce sera extrêmement plaisant.

Bauer n’aura cependant pas Woods sous son aile, bien qu’il pourrait être amené à lui prodiguer des conseils durant le Tour de France auquel il a participé 11 fois.

Ça ne pose pas de problème et ça me met un peu moins de pression, a-t-il dit en rigolant. C’est un leader et les attentes envers lui sont très élevées. Il fait partie de l’élite.

ISN a plutôt demandé à Bauer de s’occuper particulièrement des quatre autres Canadiens. En plus de Boivin et de Houle, il veillera sur Alex Cataford et James Piccoli, qu’il connaît moins.

J’ai déjà parlé avec lui un peu, a souligné James Piccoli. Il me semble super bien organisé. Ça va être bon de travailler avec lui. C’est une légende du cyclisme canadien.

C’est un rôle de superviseur et de grand frère qui lui est confié au sein d'ISN. Les quatre compatriotes sous son aile ont maintenant un allié dévoué.

« Principalement, je communique avec eux, je fais un suivi et je m’assure que leur programme de course est bon. Au récent camp que nous avons eu en Israël, nous avons fait une première ébauche des courses auxquelles ils pourraient prendre part, du moins, dans les quelques premiers mois de la saison. Avec eux, nous établissons également des objectifs. En gros, je vois avec eux ce qui leur plaît ou pas, s’ils sont en santé. Je suis un intermédiaire entre eux et l’organisation, en quelque sorte. »

— Une citation de  Steve Bauer, directeur sportif d'Israel Start-Up Nation

Une passion toujours vibrante

Après plus de 40 ans dans le cyclisme, Steve Bauer est reconnaissant de pouvoir continuer d’y œuvrer. Il ne se verrait pas ailleurs.

Le cycliste est debout sur ses pédales.

Steve Bauer, durant le Tour de France en 1995

Photo : Getty Images / Mike Powell

C’est toute ma vie, vous savez, a souligné celui qui a remporté l’argent aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Je dois admettre que je suis chanceux de poursuivre une carrière qui me permet de gagner ma vie grâce au sport que j’aime. J’adore encore rouler aussi, quand le temps me le permet, pour rester en santé. Je ne suis assurément pas aussi rapide qu’à mes beaux jours, mais ça me garde honnête vis-à-vis ce sport, ça me garde en contact avec les subtilités des sensations qu’éprouvent les cyclistes.

Sur sa brève aventure avec Astana, il n’est pas très loquace. Les mésententes entre le gouvernement kazakh et Jean Bélanger, PDG de Premier Tech, ont mené à un divorce entre les deux clans et Bauer a dû plier bagage.

Il y avait certains défis pour apporter des changements au sein de l’organisation afin de s’arrimer à la vision de Jean Bélanger. Il voulait que ce soit mieux structuré et ça n’a pas marché. Cela dit, j’ai travaillé avec des gens et des athlètes formidables avec eux, mais ça s’est terminé après un an.

Croit-il que Bélanger et Adams s’associeront dans un avenir pas si éloigné? Réponse prudente.

Jean et Sylvan vont discuter, a répondu Bauer. En bons hommes d’affaires, ils vont tenter de trouver ce qui pourrait fonctionner ou pas dans un éventuel partenariat entre eux. Ce sont eux qui savent ce qu’ils souhaitent trouver. Je crois que Jean est déçu que ses démarches n’aient pas abouti avec d’autres partenaires, mais ça ne veut pas dire que de nouvelles négociations avec Sylvan n’aboutiront pas. Il y a un alignement des astres entre eux, avec tous ces Canadiens dans l’équipe. Mais c’est à Jean de voir s’il peut en venir à une entente convenable pour son entreprise Premier Tech. Les deux hommes prendront sûrement les bonnes décisions.

Assurément, la relève du cyclisme canadien est une grande préoccupation pour Jean Bélanger et Sylvan Adams.

Jean veut soutenir le développement du cyclisme canadien, a mentionné Bauer. Il a lancé l’initiative d’une équipe de développement et Sylvan en a déjà une qui encadre les athlètes israéliens. Et il y a deux Canadiens dans ce groupe, Riley Pickrell et Derrick Gee, qui viennent tous deux de la piste. Derrick était au sein de l’équipe de poursuite aux Olympiques. Alors, il y a un alignement potentiel là. Une collaboration pourrait être établie entre eux. Ensuite, c’est une question de vision, d’entité, d’image de marque et ce qui pourrait faire que ça marche. Mais tous les deux s’entendent sur le fait que les athlètes canadiens doivent être soutenus pour qu’ils se développent.

De jeunes prodiges

À son avis, le plus grand changement dans le cyclisme mondial est l’émergence, particulièrement depuis quelques années, de très jeunes coureurs qui excellent déjà à leur arrivée dans le World Tour.

Ils ont le talent et la force de façon plus précoce, estime-t-il. Ça s’explique, je crois, par la disponibilité de l’information, par les horaires d’entraînement et par la technologie qui évalue la puissance avec précision. Quand j’étais un jeune pro, nous n’avions pas ce genre de détails. Ces données ont circulé à travers le monde et les entraîneurs s’en sont servi. Les athlètes sont donc entraînés avec une plus grande précision à un jeune âge. C’est ma théorie.

Le Canada peut-il suivre cette tendance et développer de jeunes talents de ce calibre? Il faudra être patient selon lui.

Le conseil d’administration de Cyclisme Canada (CC) a approuvé un plan stratégique il y a environ un an, a rappelé Steve Bauer. Il y a là-dedans d’intéressants changements suggérés pour développer notre sport, comme le programme Embarquez qui vise à promouvoir le cyclisme chez les jeunes et ainsi développer une plus grande communauté de cyclistes. Donc, le travail se fait à la base. C’est brillant, mais ça va prendre du temps. On a besoin d’un plus grand bassin de cyclistes pour renforcer la fondation. Mais pour peu que j’en sache, je crois que CC ne suit pas le plan stratégique complètement.

Après un camp en Espagne à la mi-janvier, Steve Bauer dirigera sa première course à la fin du même mois, soit la Marseillaise. Il sera plus tard délégué à certaines classiques comme le Paris-Roubaix, où il avait pris le 2e rang en 1990.

Des cyclistes roulent sur des pavés

Steve Bauer (à gauche) bataille avec Adrie van der Poel durant la course Paris-Roubaix en 1990

Photo : grahamwatson.com

Je travaillerai aussi sur des épreuves sur pavés telles que la Classique des Ardennes, a-t-il mentionné. Éventuellement, ça me conduira au Dauphiné et au Tour de France, probablement le grand tour que je connais le mieux, tant comme coureur que comme directeur.

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