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Mondial 2022 : tollé en Norvège après l’arrestation de deux journalistes au Qatar

Le stade Al Bayt

Le stade Al Bayt, théâtre du match d'ouverture de la Coupe du monde de soccer au Qatar.

Photo : Getty Images / Giuseppe Cacace

Agence France-Presse

Les milieux politiques et sportifs en Norvège ont protesté mercredi après la détention temporaire au Qatar de deux journalistes du pays qui documentaient les préparatifs, controversés, en vue du Mondial de soccer en 2022.

Selon leur employeur, la chaîne publique NRK, Halvor Ekeland et Lokman Ghorbani ont été arrêtés, sans explication, peu avant leur départ de Doha dans la nuit de dimanche à lundi, un an jour pour jour avant le coup d'envoi de la Coupe du monde de la FIFA.

Ils ont été libérés après une trentaine d'heures, sans qu'aucune charge soit retenue contre eux, et ont atterri mercredi matin à Oslo.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur du Qatar à Oslo pour évoquer la situation des deux journalistes.

L'arrestation de journalistes de NRK au Qatar est inacceptable, a dit le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store.

Une presse libre est décisive pour une démocratie qui fonctionne, a-t-il écrit sur Twitter, estimant que cela soulignait l'importance du prix Nobel de la paix attribué cette année à deux champions de la liberté de l'information, la Philippine Maria Ressa et le Russe Dmitri Mouratov.

Au Qatar, les autorités ont de leur côté affirmé que les deux journalistes avaient été mis en cause pour une intrusion non autorisée dans une propriété privée.

L'équipe a été autorisée à filmer où elle voulait au Qatar. On leur a remis tous les permis de tournage qu'ils avaient demandés avant leur arrivée et on leur a proposé de rencontrer de hauts fonctionnaires du gouvernement et des tiers, ont-elles indiqué dans un communiqué.

Ces libertés ne prévalent cependant pas sur l'application du droit commun, que l'équipe a sciemment et volontairement violé, ont précisé les autorités.

Selon le caméraman Lokman Ghorbani, l'équipement des journalistes a été saisi et ils ont dû montrer pendant des heures les enregistrements réalisés.

Tout le monde était intrigué par l'équipement, la mission, pourquoi on était là, à quoi cela devait servir, combien de reportages nous avions faits, a-t-il raconté en conférence de presse à Oslo.

Le chef de la rédaction sportive de NRK, Egil Sundvor, a jugé inquiétant que les autorités qataries aient ainsi pu prendre connaissance des sources interrogées par l'équipe. Le patron de la chaîne, Thor Gjermund Eriksen, a lui dénoncé une attaque contre la liberté de la presse.

Déjà critiques à l'époque de l'attribution de la Coupe du monde de soccer au Qatar, les pays nordiques sont à la pointe des pressions internationales visant à obtenir une amélioration des conditions pour les travailleurs migrants dans l'émirat.

Des rapports provenant d'organisations non gouvernementales accusent le Qatar d'exploiter les travailleurs étrangers, notamment dans la construction des stades. Le pays rejette vigoureusement ces critiques, soulignant avoir réformé son droit du travail et instauré un salaire minimum.

La présidente du Comité olympique norvégien, Berit Kjoll, a pour sa part qualifié de choquantes et de totalement inacceptables les informations sur ces arrestations.

Il faut en finir avec l'attribution de grandes compétitions sportives à des pays qui ne respectent pas la liberté de presse et la liberté d'expression, a-t-elle souligné dans un communiqué.

L'idée d'un boycottage du Mondial a eu le vent en poupe pendant un temps dans le pays nordique, mais un vote au sein de la Fédération norvégienne de soccer avait finalement exclu cette éventualité en juin. Troisième du groupe G derrière les Pays-Bas et la Turquie, la sélection norvégienne n'a pas encore décroché son billet.

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