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De Peng Shuai au Xinjiang, les écueils qui attendent les JO de Pékin

Deux hommes, habillés en veston et cravate, posent devant les anneaux olympiques.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, accompagné du président chinois Xi Jinping.

Photo : Getty Images / Pool

Agence France-Presse

De la COVID aux menaces de boycottage, en passant par l'affaire Peng Shuai, les Jeux olympiques de Pékin (4-20 février) font face à une série d'écueils qui embarrassent le régime communiste.

Les Jeux d'hiver se dérouleront six mois seulement après les JO d'été à Tokyo, reportés d'un an à cause de la pandémie.

La Chine, où le virus a fait son apparition fin 2019, a très largement maîtrisé la contagion, mais connaît des foyers sporadiques, qu'elle s'efforce d'éliminer en recourant à des mesures radicales : confinements, dépistages massifs et vaccination dès l'âge de 3 ans.

Alors que les frontières chinoises sont presque fermées depuis mars 2020, les Jeux de Pékin se seront présentés dans une bulle, dont ne pourront sortir les quelque 2900 sportifs attendus.

Ils devront être vaccinés à se soumettre à une quarantaine de 21 jours à leur arrivée. Tous seront soumis à des tests de dépistage quotidiens.

Seuls des spectateurs résidant en Chine pourront assister aux épreuves.

La joueuse de tennis Peng Shuai, qui a représenté son pays à trois reprises aux JO, a accusé début novembre un ancien haut dirigeant chinois de lui avoir imposé une relation sexuelle il y a trois ans.

Montage de photos de Peng Shuai et de Zhang Gaoli

La joueuse de tennis Peng Shuai a accusé publiquement Zhang Gaoli de l'avoir forcée à avoir une relation sexuelle.

Photo : afp via getty images / PAUL CROCK

Son message, diffusé sur un réseau social, a été censuré et la joueuse de 35 ans a disparu des écrans radars pendant trois semaines. Cela a suscité l'inquiétude du monde du tennis.

La WTA, l'instance qui chapeaute le circuit professionnel féminin, a menacé de retirer la Chine de son circuit si le régime du président Xi Jinping ne faisait pas la lumière sur cette affaire.

L'ancienne no 1 mondiale de double, sacrée en double à Roland-Garros en 2014, est finalement réapparue dimanche lors d'une visioconférence avec le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, assurant que tout allait bien. Mais la question soulevée par ses accusations reste entière.

Mardi, la Chine a offert une exceptionnelle réaction officielle.

Je pense que certains doivent cesser de délibérément monter en épingle cette question à des fins hostiles, et surtout d'en faire une question politique, a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

Des organisations de défense des droits de la personne accusent aussi la Chine d'avoir enfermé plus d'un million de musulmans dans des camps de rééducation politique au Xinjiang, vaste région du nord-ouest du pays.

Les Ouïgours, principale ethnie de la région, sont particulièrement dans le viseur après une série d'attentats attribués à des islamistes et à des séparatistes. Pékin affirme que les camps sont en fait des centres de formation professionnelle destinés à les éloigner de la radicalisation.

Washington a évoqué un génocide au Xinjiang à la suite d'informations faisant état de stérilisations forcées. Le président Joe Biden a dit envisager un boycottage diplomatique des JO : les sportifs américains participeraient aux épreuves, mais sans aucune délégation officielle.

Des associations de défense des droits de la personne contestent également la présence chinoise au Tibet, accusant Pékin d'y réprimer la liberté religieuse. Le dalaï-lama, le chef spirituel tibétain, accuse le régime communiste d'y mener un génocide culturel.

Mi-octobre, l'allumage de la flamme olympique en Grèce a été perturbé par une manifestation de militants pro-Tibet.

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