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La fin d’une grande carrière pour Jennifer Abel

Jennifer Abel sourit en joignant ses mains.

Jennifer Abel

Photo : Getty Images / Clive Rose

Radio-Canada

Après avoir gagné deux médailles aux Jeux olympiques, 10 aux Championnats du monde et 115 autres dans le circuit de la FINA, Jennifer Abel a décidé d’arrêter le compteur. C’est avec la tête haute, et un bébé en route, que la plongeuse québécoise annonce sa retraite.

Je sais que je suis prête, lance la Lavalloise de 30 ans, spécialiste du tremplin de 3 m.

J’ai tout vu, j’ai atteint le summum. Est-ce que je pourrais aller plus loin? Oui. Je suis vraiment chanceuse. Physiquement et mentalement, ça va bien. Je n’ai pas eu de grosses blessures. J’ai vraiment eu une belle carrière et j’ai envie que ça se termine d’une belle façon. Avec une médaille d’argent [obtenue en synchro aux JO de Tokyo, NDLR], je ne peux pas être plus heureuse. C’est pour ça que je suis très sereine avec ma décision.

Même si le moment était venu, tirer un trait sur une si longue et prolifique carrière n’en demeure pas moins difficile.

« C’est un mélange d’émotions. Je suis plus légère, j’ai moins de pression, mais je suis très consciente que c’est aussi une partie de moi qui s’en va. C’est émotif. »

— Une citation de  Jennifer Abel, membre de l'équipe nationale de plongeon depuis 2005

C’est également la fin d’un grand chapitre pour sa famille, qui l’a accompagnée à chacun de ses pas vers le sommet.

C’est sûr que c’est un choc pour tout le monde; j’ai commencé à 4 ans, rappelle Abel. C’est un deuil pour eux aussi, mais je pense qu’ils sont contents de voir que je termine avec le sourire. Pour moi, c’était quelque chose de super important de terminer en beauté, sans regret ni amertume envers mon sport. Je voulais finir la tête haute, savoir que j’ai tout donné et que je finis à mon plein potentiel. Là, je suis prête à découvrir autre chose.

La médaille manquante

Athlète canadienne la plus décorée aux Championnats du monde de la FINA, Jennifer Abel a tout gagné au cours de sa carrière. Le seul honneur qui manque à son palmarès est une médaille olympique individuelle. Après avoir terminé 13e aux Jeux de Pékin, en 2008, 6e à Londres, en 2012, et 4e à Rio, en 2016, elle est débarquée à Tokyo l’été dernier avec la ferme intention d’aller chercher cette médaille manquante.

Après s’être classée 3e des préliminaires et en demi-finale, Abel semblait sur la bonne voie. Malheureusement, un plongeon raté en finale l’a reléguée au 8e rang du classement final.

Elle effectue une figure durant un de ses plongeons de la demi-finale.

Jennifer Abel en action au 3 m individuel à Tokyo

Photo : Getty Images / OLI SCARFF

Ces Jeux, elle le savait déjà, étaient ses derniers. Malgré tout, dans l’avion vers Toronto, Abel s’est posé la question. Devait-elle se réengager dans un autre cycle olympique pour tenter à nouveau sa chance à Paris en 2024?

Il y a peut-être eu une heure dans l’avion où je me suis dit : "Oui, je vais aller la chercher [la médaille olympique individuelle]. Je vais toute m’y consacrer." L’heure d’après, quand j’étais en paix avec moi et que je pouvais enfin me détendre, c’est là que j’ai vraiment eu une prise de conscience. Je peux continuer, mais est-ce que ça va arriver? Je ne le sais pas.

Je sais que j’aurais pu l’avoir et personne ne va pouvoir m'enlever ça de la tête. J’ai manqué un plongeon. J’ai tout fait, j’ai essayé, mais cette journée-là n’était pas la mienne. Ça ne veut pas dire qu'à Paris, ou qu’en 2028, ça va être la mienne non plus. Et je suis sereine avec ça.

Sa médaille d’argent au 3 m synchronisé avec Mélissa Citrini-Beaulieu, obtenue quelques jours plus tôt, restera pour elle l’un des plus beaux moments de sa carrière.

Elles se serrent dans leurs bras avec un masque au visage.

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu à Tokyo

Photo : Getty Images / AFP / JONATHAN NACKSTRAND

C’était une médaille très émotionnelle. J’ai probablement eu 200 lb, si ce n’est pas plus, qui sont tombées de mes épaules cette journée-là, se souvient Abel. Pour moi, cette médaille, c’est tout ce qu’on a vécu pendant la pandémie. C’est le fruit de tous nos efforts, de nos larmes, de nos blessures… On l’a fait ensemble, en tant qu'équipe.

Il s’agissait de son deuxième podium olympique après celui réalisé en compagnie d’Émilie Heymans aux Jeux de Londres. Les deux Québécoises avaient obtenu le bronze.

On se souviendra de Jennifer Abel comme l’une des plus grandes plongeuses canadiennes de l’histoire. Le legs dont elle est le plus fière n’a toutefois rien à voir avec la quantité astronomique de titres et de médailles qu’elle a obtenus sur la scène internationale au cours des 16 dernières années.

Je pense que le legs que je vais laisser, c’est vraiment la passion. Une passion qui a été faite dans le bonheur. J’ai voulu terminer mes Jeux olympiques avec le sourire [...] Il était sincère, le sourire que j’avais quand j’ai terminé mon dernier plongeon à Tokyo. J’étais fière de moi et contente de ma carrière.

Maintenant, elle s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre et à vivre un autre passage important.

En 2016, j’ai fait un énorme travail pour passer le flambeau à la femme. En 2021, je suis prête à passer le flambeau à la future maman, conclut Abel avec une douce fébrilité.

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