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Cole Caufield en quête de soi

Il regarde en l'air.

Cole Caufield

Photo : Reuters / Eric Bolte

Il faut dire que le choix des exercices à l’entraînement du Canadien, lundi, ne l’aidait pas à se mettre en valeur. Les batailles à un contre un dans les coins de patinoire, le jeu circulaire en zone offensive, très peu pour lui.

Cole Caufield, à l’image de sa saison, a donc été plutôt discret à l’entraînement. L’attaquant s’est surtout fait remarquer avant que la séance commence officiellement. On l’avait désigné en compagnie de Sami Niku, un joueur placé sur la paille, au chaud, au cours des neuf derniers matchs, pour échauffer Samuel Montembeault et Jake Allen.

Peut-être était-ce son choix, remarquez. Peut-être pas non plus. N’empêche qu’après 12 matchs cette saison, Caufield n’a pas le statut que laissait présager son omniprésence dans la ville. Affiches, publicités, etc. Le jeune homme était partout.

Le CH peut bien arguer que les partisans ont monté en épingle cette verte recrue toute fraîche sortie d’un printemps et d’un été magiques, le fait est que personne n’a forcé l’équipe à mettre autant de poids sur lui dans sa mise en marché, que ce soit par ses vidéos promotionnelles ou les photos de lui placardées un peu partout au Centre Bell.

Le jeune Américain de seulement 20 ans avait déjà le statut de vedette avant même le début de la campagne. Depuis, il n’en a pas le jeu. C’était prévisible jusqu’à un certain point.

Il y a eu bien des exemples au fil du temps de joueurs rapidement surexposés qui ont peiné à s’adapter à leur nouvelle réalité.

Ça peut être un piège. Pas juste pour les jeunes joueurs, mais peut-être encore plus pour les jeunes. On l’a déjà dit. Dans notre marché, on est passionnés, on a des fans passionnés. Quand c’est bon, c’est très bon, ils nous amènent à un niveau plus élevé et, quand c’est mauvais, ils nous amènent à un niveau plus bas encore. Et, à quelque part, on est peut-être tout le temps dans le milieu. Pour un jeune joueur de pouvoir gérer tout cet environnement-là en plus de s’établir dans la Ligue nationale, ce sont des défis qui font partie de l’apprentissage, a expliqué l'entraîneur-chef Dominique Ducharme.

Si certains ont croulé sous cette pression, Caufield semble taillé d’un autre bois. De prime abord, l’ailier apparaît bien équipé pour résister aux charmes et périls montréalais pour un joueur vedette : confiance en ses moyens, apparemment insensible aux ragots extérieurs.

Il faut toutefois faire attention aux apparences. Ne pas s’y fier. Vous savez ce qu’on dit à propos de l’habit et du moine n’est-ce pas?

Ainsi, Caufield a confié que s’éloigner du bruit a été bénéfique pour lui pendant son séjour avec le Rocket de Laval.

Avec une maigre passe en 10 matchs avant son renvoi – une passe en 12 matchs maintenant – le franc-tireur de Stevens Point n’était que l’ombre de lui-même. C’était visible à l’œil nu. Ce l’est tout autant si l’on s’attarde aux chiffres.

L’an dernier, en 10 matchs en saison, Caufield enfilait 1,72 but par tranche de 60 minutes de jeu en moyenne. Il était deuxième derrière Tyler Toffoli avec le Tricolore et septième dans toute la LNH derrière Auston Matthews, ledit Toffoli, Alex DeBrincat, Brad Marchand, Mikko Rantanen et, évidemment, Adam Brooks…

Il était aussi premier de l’équipe grâce à sa moyenne de 12,89 tirs à l’heure qui a chuté à 8,42 cette saison. Et ce n’est pas comme si cela relevait de l’anomalie statistique et que les modèles annonçaient une correction sous peu.

Parmi les attaquants du Canadien, Caufield se retrouve également 10e pour les buts attendus par 60 minutes (0,69) et 13e pour les chances de marquer de qualité (1,4) devant Ryan Poehling, Cédric Paquette et, décidément, Adam Brooks…

Bref, le jeune homme se cherche.

« Aller en bas m’a permis de faire le vide et de retrouver mon jeu, ma confiance. J’ai trouvé que ç’a été bon pour moi d’aller faire un tour en bas et de me retrouver comme joueur, de relaxer un peu et de m’éloigner du bruit. Quand j’ai eu l’appel, j’étais fébrile. Comme si c’était la première fois. J’avais de l’énergie pour ces deux premiers matchs et je dois continuer. »

— Une citation de  Cole Caufield, attaquant du Canadien

De l’énergie peut-être, mais guère plus de résultats. À l’exception d’une ou deux percées inspirées et d’une présence particulièrement électrisante, Caufield s’est tenu coi, a effectué deux tirs en deux matchs et a affiché un différentiel de -4.

En entrevue au Journal de Montréal, Marc Bergevin n’a d’ailleurs pas caché que Caufield pourrait bien aller parfaire son art à Laval à nouveau, si cela s’avérait nécessaire.

À ce propos, Ryan Poehling avait certainement un truc ou deux à lui refiler. Son compatriote de 22 ans commence à peine à s’établir dans la ligue à sa troisième année professionnelle. Le chemin a été long, parsemé d’embûches, et lui-même a avoué avoir bien mal pris ses premières rétrogradations dans les mineures.

Les choses ont bien changé et il a à nouveau professé son amour pour l’île Jésus après le match de samedi soir. Ça semblait sincère. Comme le coup de fil qu’il a passé à Caufield pour l’accueillir avec le Rocket. Comme son sourire quand il a converti un retour de tir de Cole à leur premier match côte à côte.

Il montre quelque chose du doigt sur la patinoire.

Ryan Poehling

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Il y a bien sûr une différence entre les deux. Caufield devrait marquer beaucoup de buts dans cette ligue. Poehling n’a jamais été vu comme un futur centre prolifique, mais plutôt comme un joueur complet et responsable en défense.

Ce sont néanmoins deux choix de premier tour, attendus depuis un moment à Montréal et membres importants de cette jeune relève. Deux joueurs sur qui reposent beaucoup d’attentes, bien qu’elles soient de nature différente.

Poehling a dû prendre un pas de recul par le passé pour revenir avec une meilleure attitude pour accepter la charge de travail qui l’attendait. Peut-être était-ce son message à son jeune coéquipier quand il a été rappelé à Montréal.

À moins qu’il lui ait fait écouter MC Solaar?

Prendre du recul, c’est prendre de l’élan.

En rafale

Le Tricolore a tenu un de ses entraînements les plus intenses de la saison. Après 45 minutes, tout ça s’est terminé dans la bonne humeur avec un concours de tirs de barrage où le dernier joueur à déjouer Samuel Montembeault devait porter le bonnet d’âne. Étonnamment, Jonathan Drouin a perdu devant Michael Pezzetta.

On a quelque chose pour lui. Vous le verrez peut-être demain, a laissé tomber Chris Wideman, mystérieux. On est curieux.

Jake Allen a retrouvé ses coéquipiers à l'entraînement et pourrait être du prochain match à Washington. L'équipe attend que son gardien reçoive le feu vert. Pour sa part, Brett Kulak a profité d’un petit congé thérapeutique. Il devrait être en uniforme mercredi.

Pour ce qui est des éclopés, Cédric Paquette et Joel Edmundson se sont entraînés avec le groupe, mais ne recevaient pas de contacts. Paul Byron a patiné avant tout le monde. Carey Price se contente du gymnase pour le moment. Mathieu Perreault et Mike Hoffman ont sauté sur la glace après leurs coéquipiers. Personne de ce groupe, à l’exception de Paquette, ne fera un retour au jeu dans un avenir rapproché. Les détails du bilan médical ici.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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