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Si Jake Evans devient l’émule de Phillip Danault

Jake Evans se présente devant le gardien des Kings.

L'attaquant du Canadien, Jake Evans, a inscrit son troisième but de la saison, mardi soir, contre les Kings de Los Angeles.

Photo : Reuters/USA TODAY SPORTS / Eric Bolte

C’est probablement Ben Chiarot qui a le mieux résumé l’importance de Jake Evans pour le Canadien en laissant tomber une phrase toute simple, une lapalissade, mais qui, parfois, vaut la peine d’être rappelée : « Les joueurs de centre sont tellement importants. »

Vrai. Et la présence de Phillip Danault à Montréal mardi soir dans une victoire de 3-2 en prolongation des Kings ne faisait que remettre sous le nez de tout le monde le trou que son départ a laissé à cette position cruciale.

Pas que le Québécois soit venu hanter son ancienne équipe avec une prestation hors norme; sa seule présence suffisait à rafraîchir la mémoire.

Danault n’a pas été remplacé adéquatement et ça se ressent encore dans le début de saison catastrophique du CH. Christian Dvorak, peut-être encore en adaptation à ses nouveaux coéquipiers, ce nouveau style de jeu, quoique cette explication, après 14 matchs, atteindra bientôt sa limite, n’a pas encore l’efficacité de l’ancien du Tricolore.

Et si Nick Suzuki a de plus en plus l’air d’un centre numéro un, Jake Evans n’a montré que parcimonieusement qu’il pouvait en être un solide de troisième trio, aussi capable de neutraliser les meilleurs adversaires que de contribuer à l’attaque de temps à autre.

« On voit des flashs de ses habiletés qui vont de pair avec cette agressivité et la qualité de son jeu défensif. Il nous montre son instinct offensif une fois de temps en temps. Ce n’est que sa deuxième année avec l’équipe. C’est un morceau important et il continuera de s’améliorer. »

— Une citation de  Ben Chiarot à propos de Jake Evans
Phillip Danault, dans l'uniforme des Kings, patine sur la glace du Centre Bell.

Phillip Danault, des Kings de Los Angeles, est surveillé de près par l’attaquant du Canadien Christian Dvorak.

Photo : Reuters / USA Today Sports / Eric Bolte

Ce rôle essentiel de centre défensif par excellence était dévolu à Evans avant même que la saison commence. Marc Bergevin avait parlé de lui et de sa progression lors de son point de presse de fin de saison. Dominique Ducharme rappelle constamment comment, en l’absence de Danault justement, vers la fin de la dernière année, Evans avait été en mesure de contrer le trio de Connor McDavid lorsque le CH tentait d’obtenir sa qualification pour les séries éliminatoires. Il l’évoquait comme une référence, un patron de jeu qui deviendrait éventuellement la norme pour Evans.

Malgré ses 25 ans, le Torontois n’a que 83 matchs d’expérience dans la Ligue nationale, séries éliminatoires incluses. Et il ne sert à rien de tirer sur une fleur pour qu’elle pousse plus rapidement, comme le dirait l’estimé collègue Martin Leclerc.

Or, mardi soir, Evans a montré un autre aperçu de ce qu’il pourrait devenir pour cette équipe. Les bulletins télévisés et les amateurs qui ont regardé le match en dilettante retiendront ce but magnifique pour créer l’égalité et envoyer le Tricolore en prolongation grappiller au passage un rare point au classement.

D’autres se souviendront sûrement qu’il a été complètement déjoué par Adrian Kempe en prolongation pour permettre aux Kings de décrocher la victoire.

J’avais une mauvaise approche. Je me suis mis en mauvaise position. C’est une fin de match très décevante, a dit Evans.

Un haut fait d’armes et une erreur majuscule en une demi-heure à peine. Tellement caractéristique de l’apprentissage en accéléré d’un jeune homme qui apprend sur le tas dans la LNH, dixit Chiarot.

Au-delà de ces faits saillants, c’est sa prestation, et celle de ses ailiers Artturi Lehkonen et Joel Armia, durant tout le match qui est à retenir.

Son trio devait réduire au silence celui d’Anze Kopitar, Dustin Brown et Adrian Kempe. Si la possession de la rondelle a été assez partagée, Kopitar et ses amis ont obtenu seulement deux chances de marquer de qualité contre neuf pour la bande à Evans.

Le gardien, étendu de tout son long devant le filet, étire la jambière gauche pour stopper la rondelle.

Jake Allen s'est illustré devant le filet du Canadien.

Photo : Reuters / Eric Bolte

À plusieurs reprises, l’on a vu son trio prolonger ses présences en zone adverse et forcer celui des Kings à se défendre pendant une longue minute. Un peu à l’image, attention les gros mots, à ce que celui de Danault, Brendan Gallagher et Tomas Tatar faisait subir à ses adversaires soir après soir.

Tout ça couronné par une pièce de jeu sublime d’Evans.

Je pense qu’il peut avoir de l’offensive dans son jeu, mais est-ce qu’il va marquer 25, 30 buts? Probablement pas. On le voit avec son intelligence, sa vitesse, il a assez d’habiletés pour créer de l’offensive. C’est important d’en avoir de ces trios. Pour amener ça à un autre niveau, ça prend de la régularité. Il est encore jeune, il va grandir là-dedans, a estimé Ducharme.

Le gardien du Canadien, à genoux devant son filet, dans l'uniforme rouge et bleu de son équipe, repousse une rondelle du bâton.

En fait, il grandira ou il échouera. Ce sera l’un ou l’autre. Et dans une saison comme celle-là, pratiquement déjà vouée à l’échec, Evans aura du temps pour intégrer ce rôle.

Le Canadien a parié gros en voulant lui confier autant de responsabilités avec si peu d’expérience. Evans n’est pas un joueur exceptionnel. C’est un modeste choix de septième tour en 2014 qui a passé quatre ans à l’université, deux autres dans la Ligue américaine et qui a finalement gradué dans la LNH en raison de son intelligence, sa capacité d’adaptation et d’apprentissage.

Il a toujours progressé. Il reste à voir seulement où et quand il atteindra la dernière marche.

En rafale

Avec cette défaite en prolongation, Montréal a égalé le pire début de saison de son histoire après 14 matchs (3-10-1). Il avait fait de même en 1941-1942. Maurice Richard ne ferait pas ses débuts dans la LNH avant l’année suivante.

Cédric Paquette a semblé se blesser à la suite de ce qui ressemblait à un croc-en-jambe de Brendan Lemieux. Le Québécois n’est pas revenu au jeu et Ducharme n’a pas donné de précision sur son état de santé.

Les joueurs ont confié que Carey Price s’est adressé à ses coéquipiers mardi matin dans la foulée de sa prise de parole sur les réseaux sociaux. Tyler Toffoli, Chiarot et Ducharme ont tous commenté. Voici, dans l’ordre, ce qu’ils ont dit :

Ça démontre le genre de personne qu’il est. D’avoir le courage de se lever et de demander de l’aide. C’est vraiment puissant qu’il nous ait parlé et qu’il ait publié cette déclaration. C’est la raison pour laquelle tant de gens sont attirés par sa présence. C’est un être humain de qualité. On l’aime tous.

On ne se soucie même pas de l’aspect hockey. Tu penses à ton ami, à sa famille, à leur bien-être. C’est un homme courageux d’avoir affronté ses démons. Ce n’est pas facile à faire et il l’a fait la tête haute. Je suis fier de pouvoir dire qu’il est un ami.

C’est du courage. Pour aller chercher de l’aide, il faut avoir le courage d’admettre que tu en as besoin. Il a le soutien de tout le monde.

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