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Blackhawks : Kyle Beach révèle être la victime de Brad Aldrich

Un joueur de hockey droitier, vêtu de l'uniforme blanc et noir des Blackhawks de Chicago, s'apprête à patiner pendant un match préparatoire de la LNH.

Kyle Beach n'a jamais joué un match officiel de la LNH, mais il a joué pour leur club affilié dans la Ligue américaine de 2008 à 2014.

Photo : Getty Images / Gregory Shamus

Radio-Canada

Kyle Beach s'est révélé comme étant la victime de Brad Aldrich, un entraîneur adjoint des Blackhawks de Chicago qui l'aurait agressé sexuellement pendant les séries de la Coupe Stanley en 2010.

Beach a participé à une entrevue par vidéoconférence au réseau TSN avec le journaliste d'enquête Rick Westhead, qui a suivi le dossier depuis la première heure.

Il n'était identifié que sous le pseudonyme de John Doe 1 dans les documents officiels déposés en 2010.

La journée d’hier a été riche en multiples émotions. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai pleuré encore. Ma copine et moi ne savions pas comment nous sentir, je l’ai prise dans mes bras, elle a été mon ancre depuis le début de cette histoire, a dit Beach. 

L’attaquant, qui n’a jamais joué dans la Ligue nationale de hockey (LNH), mais qui a connu une longue carrière dans la Ligue américaine (LAH), l'ECHL et en Europe, a raconté comment il a décrit les faits à sa famille. 

Je leur ai dit peu de temps après que ça se fut produit. Je me souviens que ma mère a pleuré pendant des jours, elle pensait qu’elle aurait dû me protéger et se sentait impuissante.

Beach a également décrit comment il s’est senti en voyant Aldrich participer aux célébrations, et ce, après avoir dit à un autre membre du personnel qu’il avait été agressé sexuellement.

« C’est comme si j’étais malade. C’est comme si sa vie n’avait pas changé. Il était là pour la photo d’équipe, pour soulever la coupe, participer au défilé… Ça m’a donné l’impression que je n’étais rien. C’est comme s'il était dans son droit, et c’est moi qui avais fait quelque chose de mal, que c’est moi qui m’étais mis dans cette situation. »

— Une citation de  Kyle Beach

Les Blackhawks sont allés visiter une école avec la coupe, avec lui… Les mots manquent pour décrire ça, a-t-il ajouté.

Beach a aussi expliqué comment les témoignages de Brent Sopel et de Nick Boynton lui ont donné le courage d’aller de l’avant.

L’histoire a vite fait son chemin. Je crois fermement que tout le monde était au courant. Des commentaires [à mon sujet] ont été faits dans le vestiaire, devant d’autres joueurs, d’autres membres du personnel, de la direction, des membres des médias, a continué Beach.

Je crois Sopel et Boynton sur parole, parce que je n’avais aucune relation avec eux. Je ne leur ai pas parlé depuis le dernier camp d’entraînement que j’ai fait avec eux. Donc, qu’ils prennent la peine de défendre ma version des faits, sans qu’ils n’aient rien à gagner… Quand moi, j’étais esseulé, j’avais peur, John Torchetti, Brent Sopel et Nick Boynton ont brisé le silence et ça m’a donné le courage nécessaire pour continuer. Ce sont mes héros.

Beach a éclaté en sanglots lorsqu'il a été question d’une autre victime d’Aldrich. Des années après avoir quitté l’organisation des Blackhawks, il a notamment été embauché par USA Hockey et par un programme de hockey de niveau secondaire, où il a agressé un autre joueur.

« Si je pouvais lui parler, je voudrais d’abord m’excuser. M’excuser de ne pas en avoir fait plus pour m’assurer qu’une telle chose n'arrive pas à quelqu’un d’autre, de ne pas avoir pu le protéger. Mais je veux aussi le remercier, parce que j’ai décidé d’entamer mes démarches quand un coéquipier m’a dit de faire une recherche Google sur Aldrich, et c’est comme ça que j’ai découvert qu’il avait agressé un adolescent au Michigan. »

— Une citation de  Kyle Beach

C’est ça qui m’a donné la force, la motivation de faire changer les choses. Alors je m’excuse, encore, et merci. S’il est ouvert à me rencontrer, j’aimerais le faire pour lui dire en personne, et malheureusement, nous partageons quelque chose de terrible, mais nous pouvons travailler ensemble à ce que ça ne se reproduise plus, a poursuivi Beach.

Une enquête a mené à la démission du directeur général des Blackhawks Stan Bowman, qui était en poste à l’époque. 

Ce que les Blackhawks ont fait hier est un bon pas dans la bonne direction. Ils ont accepté leur responsabilité. Il y a trois mois encore, la LNH ne voulait pas d’une enquête. L’organisme US SafeSport ne voulait pas prendre le dossier. Et maintenant, dans les communiqués qui sont sortis, Stan Bowman a indiqué que Quenneville a dit que les séries sont plus importantes qu’une agression sexuelle.

En tant qu’être humain, je ne peux pas croire ça, et je ne peux pas croire Quenneville quand il dit qu’il n’était pas au courant. J’ai été témoin de rencontres juste après mon témoignage dans le bureau de Quenneville. Il est impossible qu’il n'ait pas été au courant, a déclaré Beach.

Le commissaire Gary Bettman rencontrera Joel Quenneville jeudi et Kevin Cheveldayoff lundi.

Dans un communiqué suivant la diffusion de l’entrevue de Kyle Beach, les Blackhawks ont présenté leurs excuses.

En tant qu’organisation, les Blackhawks de Chicago réitèrent leurs plus profondes excuses pour ce qui est arrivé à Kyle Beach et pour les manquements de l’organisation quand il a courageusement rapporté ce qui s’est passé en 2010. Il est inexcusable que la direction de l’époque ait mis du temps à agir. Aucun match ou championnat n’est plus important que nos joueurs ou nos membres du personnel.

Les Blackhawks ont mis en place de nouvelles mesures, y compris l’embauche d’une nouvelle équipe de direction qui est engagée à gagner des championnats, tout en respectant les standards éthiques, professionnels et athlétiques les plus rigoureux, peut-on également lire dans la note.

Deux joueurs de l'édition actuelle des Blackhawks étaient là en 2010 : Patrick Kane et Jonathan Toews. Ils n'ont pas été rendus disponibles aux médias avant le match parce qu'ils sont sous le protocole COVID.

Duncan Keith, aujourd'hui avec les Oilers d'Edmonton, a démenti toute connaissance du dossier mercredi matin, avant l'entrevue de Beach.

Évidemment, vous pensez d'abord à la personne au cœur de l'affaire, ça prend beaucoup de courage pour briser le silence. Je ne savais rien de tout ça. Dans les séries, j'étais entièrement focalisé sur notre objectif, et cet objectif était de gagner.

Je sais que c'est difficile à comprendre, mais il y a des joueurs qui disent que tout le monde savait... Peut-être que tout le monde ne savait pas, a affirmé le défenseur.

Le système a failli à Kyle

En fin de soirée, le directeur de l'Association des joueurs de la LNH a fait un communiqué au nom du syndicat des joueurs.

Kyle Beach a traversé une expérience horrible, et il a démontré un vrai courage en racontant son histoire. Il n’y a pas de doute que le système n’a pas été capable de l’appuyer quand il en avait besoin, et nous faisons partie de ce système.

Dans son entrevue, M. Beach a énoncé que plusieurs mois après l’incident, il en a fait mention à un membre de l’AJLNH. Il en a parlé à un docteur qui fait partie du programme d’aide aux joueurs de la LNH et de l’AJLNH. Bien que ce programme soit confidentiel, la nature grave de l’incident aurait dû mener à de plus amples mesures de notre part.

Je suis sincèrement désolé, et je m’engage à faire des changements pour qu’un tel incident ne se reproduise plus.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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