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Le Canadien à la dérive

L'attaquant du Kraken, la rondelle au bout de son bâton, s'apprête à compléter une feinte du revers alors que le gardien du Canadien plonge pour essayer de l'arrêter.

Yanni Gourde a marqué le troisième but du Kraken.

Photo : Getty Images / Steph Chambers

SEATTLE – Les portes de l’ascenseur se sont refermées sur Marc Bergevin et Shea Weber. Pendant le transport, deux têtes basses et un silence épais, à trancher au couteau. Sur les terres du Kraken, c’est le Canadien qui s’est perdu en mer... et qui n’a plus de capitaine.

Plus tôt mardi matin, quelques heures avant cette mémorable claque de 5-1 contre une équipe d’expansion, Jonathan Drouin a confirmé tout haut ce qu’un peu tout le monde savait tout bas. C’en est fait pour Weber.

À regarder le CH tenter de se dépêtrer dans son territoire toute la soirée, à des milles de son identité défensive forte pendant les dernières séries éliminatoires, l’odeur de fin de règne s’est imposée. Weber parti, Montréal n’arrive absolument pas à imposer ce même style, et ce n’est là qu’un seul des problèmes qui affligent cette équipe.

Chaque sortie de zone était une aventure. Presque autant que le jeu de transition ou les tentatives d’installer une attaque dans le territoire adverse. Deux mauvais changements en moins de deux minutes ont mené aux troisième et quatrième buts du Kraken. Tout bien compté, il ne restait pas beaucoup de facettes où exceller.

On savait qu’il fallait se soutenir pour sortir de notre zone et on ne le fait pas. On s’éloigne du gars qui a la rondelle, on n’est pas près de la rondelle, on est deuxièmes dans les batailles. On est juste déconnectés, a expliqué Jeff Petry.

L'attaquant du Kraken patine pour s'éloigner du filet du Canadien, alors que la rondelle gît devant le but, et que Jake Allen et Jeff Petry ont l'air découragés.

Brandon Tanev a marqué deux buts contre le Canadien.

Photo : Getty Images / Steph Chambers

En ces temps troubles, c’est à se demander vers qui les joueurs peuvent se tourner lorsque les fuites se multiplient. Vers Brendan Gallagher, meneur d’hommes naturel, car travailleur acharné? Avec sa maigre passe en sept rencontres et son titre d’attaquant le mieux payé de l’équipe, même lui doit avoir de la difficulté à dire aux autres de se remuer.

Petry, alors? Devenu d’office le défenseur numéro un de l’équipe, il traverse peut-être sa pire séquence avec le Canadien. Lui qui avait pourtant avalé les bouchées doubles ces dernières années en l’absence de Weber n’y parvient tout simplement pas encore depuis le début de la saison.

Il y a cette impression que l’équipe s’enfonce toujours plus creux dans ses problèmes et ne trouve aucun point d’ancrage.

On doit se regarder dans le miroir individuellement et réfléchir à notre façon de jouer, individuellement. Quand on aura compris ça et qu’on jouera en équipe, le succès va venir, a lancé un Josh Anderson franc et abattu.

Une dégelée, ça arrive. Trois en sept matchs, c’est un gros signal d’alarme. Contre une équipe d’expansion, ça fait encore plus mal. Particulièrement après la victoire convaincante de samedi dernier, au terme de laquelle le Canadien croyait fermement avoir mis fin à sa glissade. Ou voulait y croire, en tout cas.

Dominique Ducharme avait évoqué les 10 jours les plus longs et le fait que les joueurs ne voulaient plus se sentir comme ça en retournant en arrière avec d’aussi pauvres performances. Trois jours plus tard, rebelote.

Et même si l’entraîneur a estimé que ce match ne ressemblait en rien à celui à Buffalo, perdu aussi 5-1, il y avait des similitudes. Ce que Petry a d’ailleurs reconnu.

Est-ce le système de jeu? Est-ce l’exécution? Est-ce le manque d’intensité? La frustration? Les joueurs tentent de trouver des explications, mais laissent parfois entrevoir qu’ils n’y voient plus très clair eux non plus.

On savait qu’ils allaient sortir fort. Je ne sais pas quoi te dire d’autre. Je ne sais vraiment pas, a laissé tomber Anderson quand on lui a demandé s’il y avait un manque d’intensité.

Et quand il a été relancé à savoir pourquoi l’équipe n’arrivait pas à exécuter ce que les entraîneurs exigent, il était encore une fois à court d’explications.

« Je ne sais pas, pour être honnête. Les entraîneurs préparent un plan de match tous les soirs. C’est notre travail en tant que joueurs de l’exécuter. Présentement, on ne fait pas ça. »

— Une citation de  Josh Anderson

On était dans la même position il y a moins d’une semaine. On a joué le même match à Buffalo, le même match à la maison contre les Sharks. Ça ne marche pas. C’est frustrant, a ajouté Petry.

Petry avait évoqué le manque d’effort de sa bande après la défaite contre San José. Il en a fait une différente lecture mardi. Épuisé, le regard vide, le défenseur du Michigan a pris une longue pause avant de répondre aux questions et a poussé de gros soupirs.

Les gars ont les bonnes intentions et travaillent fort. C’est une question de travailler de la bonne façon à l’intérieur du système et de notre structure. En groupe. Ne pas laisser un de nos gars aller seul se battre pour la rondelle contre deux joueurs de l’autre équipe et s’attendre à ce qu’il ressorte avec elle, a-t-il fait valoir.

Il y a donc toutes ces explications rationnelles, ces lacunes auxquelles s’attaquer, ces failles probablement corrigibles avec quelques séances vidéo et un peu de bonne volonté. Le thème du manque de soutien revient constamment et est, honnêtement, très facile à identifier durant un match du Tricolore.

Y a-t-il plus que ça, par contre? La finale de la Coupe Stanley est probablement encore très fraîche dans leur esprit, bien que, paradoxalement, il semble s’être écoulé une ou deux éternités depuis ce bref moment de réjouissance. Carey Price n’est pas là; le capitaine ne se trouve plus à son casier dans le vestiaire après les matchs, mais dans l’ascenseur avec le directeur général, qui a tenté de poser un diagnostic sur une équipe déroutante.

Tout le monde a-t-il vraiment tourné la page? Il le faudrait rapidement, si le CH veut sauver sa saison. Car, plus que des matchs, le CH semble avoir perdu son âme.

En rafale

Une autre soirée difficile dans le cercle des mises au jeu pour le CH, qui occupe présentement le 30e rang à ce chapitre dans la ligue, avec un taux de succès de 45,9 %.

Face au Kraken, le Canadien a conclu la soirée à 40 %. Cédric Paquette, remplaçant de Jake Evans, n’en a remporté que 3 sur 12. Une autre facette à travailler.

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