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Tant d’inconnues à 100 jours des Jeux de Pékin

Les Jeux olympiques d'hiver de Pékin se dérouleront du 4 au 20 février 2022 en Chine.

Les Jeux olympiques d'hiver de Pékin se dérouleront du 4 au 20 février 2022 en Chine.

Photo : Reuters / Tingshu Wang

Les Jeux de Tokyo sont encore bien en vue dans le rétroviseur que, déjà, le rendez-vous olympique de Pékin pointe à l’horizon, avec le compte à rebours des 100 jours qui s’est amorcé mercredi matin en Chine.

La passation du flambeau entre les deux villes asiatiques est rapide, faute du report des Jeux de 2020 à 2021, causé par la crise sanitaire avec laquelle Pékin doit également composer. Seulement six mois s'écouleront entre les deux événements, soit le plus petit écart depuis les Jeux d'Albertville et de Barcelone, en 1992.

Rallumée le 18 octobre dernier sur le site antique grec d'Olympie, la flamme olympique a entamé son parcours qui la mènera jusqu’au stade national de Pékin, le 4 février, clou du spectacle de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de 2022.

Comme c’était le cas à l’été 2008, l’infrastructure bien connue sous le nom du Nid d’Oiseau sera le théâtre des festivités qui lanceront les Olympiques jusqu’au 20 février. La capitale chinoise deviendra ainsi la première ville à organiser des Jeux tant hivernaux qu’estivaux.

Absentes des Jeux de Pyeongchang, les étoiles de la Ligue nationale de hockey (LNH) brilleront à nouveau sur la grande scène olympique, au plus grand bonheur des joueurs du circuit Bettman.

Pour le moment, tous sports confondus, seuls quatre représentants canadiens ont officiellement décroché leur billet pour Pékin. Il s'agit des hockeyeurs Sidney Crosby, Connor McDavid et Alex Pietrangelo, premiers nommés par le directeur général Doug Armstrong, et du planchiste Maxence Parrot.

Cet automne, et jusqu'au début de l'hiver, les étapes de Coupe du monde et d'autres compétitions internationales seront la porte d’entrée vers les Olympiques pour les bobeurs, lugeurs, patineurs, planchistes, skeletoneurs et skieurs canadiens.

Charles Hamelin patine devant John-Henry Krueger.

Le quintuple médaillé olympique Charles Hamelin a été privé de podium à l'épreuve-test des Jeux d'hiver de Pékin.

Photo : Getty Images / Wang Zhao

En terrain inconnu

Si les Jeux d'hiver arrivent à grands pas, les données sont quant à elles obtenues au compte-gouttes, regrette le cofondateur de B2Dix, Dominick Gauthier.

Selon l'ancien entraîneur et bosseur olympique, la préparation des athlètes subit présentement les contrecoups d'un grand manque d'informations de la part du comité organisateur.

Les Japonais nous avaient envoyé beaucoup plus d’informations. Les athlètes et les équipes avaient accès au pays, ce qui n’est pas le cas présentement. C’est extrêmement compliqué, souligne Dominick Gauthier.

Pour la plupart des athlètes et les équipes de soutien qui seront à Pékin, plusieurs ne sont jamais allés sur les sites de compétition, ce qui est à l’encontre de la normalité des choses. Normalement, on sait l’hôtel est où exactement; l’autobus sera où; combien de temps ça prendra entre le site A et le site B... Là, on ne sait rien, enchaîne-t-il.

Une femme munie d'un masque se trouve devant un panneau électronique qui affiche le nombre 100 avec les anneaux olympiques.

Le compte à rebours des 100 jours avant les Jeux olympiques d'hiver de Pékin en 2022 est commencé.

Photo : Associated Press / Ng Han Guan

D’ailleurs, les bobeurs et les spécialistes du courte piste sont parmi les rares sportifs canadiens ayant jusqu'ici eu l’occasion de se familiariser avec l’environnement de course grâce à une épreuve-test des Jeux d'hiver.

L’équipe de bobsleigh [revient au pays] au moment où l'on se parle. C’est une période de trois semaines où elle était à Pékin, sur le site de compétition. Un beau site, soit dit en passant, mais que personne n’avait vu jusqu’à il y a trois semaines, déplore Dominick Gauthier.

« Et il faut comprendre que les athlètes de bobsleigh, normalement, ont pratiqué sur cette piste-là des années à l’avance. On la mémorise, on fait de l’analyse vidéo, etc. Donc là, ça vient de commencer, la préparation pour les Jeux de Pékin. Vous allez me dire : "tout le monde est dans le même bateau"; c’est vrai, mais ce n’est quand même pas la norme. »

— Une citation de  Dominick Gauthier, cofondateur de B2Dix
Cynthia Appiah effectue une descente en monobob.

Cynthia Appiah s'est classée 5e lors de la toute première épreuve de monobob organisée aux mondiaux de 2021 à Altenberg, en Allemagne.

Photo : Getty Images / Lintao Zhang

L’Ontarienne Cynthia Appiah a profité de cet arrêt dans la capitale chinoise lundi pour signer la 3e place en monobob, une des sept épreuves qui vivront leur baptême olympique en Chine.

Dans l’optique d'accroître le taux de participation des athlètes féminines et de joindre un public plus jeune, des épreuves ont aussi été ajoutées en patinage de vitesse sur courte piste (relais mixte), en saut à ski (équipe mixte), en ski acrobatique (grand saut féminin et masculin, équipe mixte) et en cross en surf des neiges, aussi appelé snowboard cross (équipe mixte).

Contrairement aux Jeux d’été, où le nombre de sports et de disciplines varie fréquemment, le programme olympique des Jeux d’hiver est beaucoup plus stable. C'est un statu quo avec 7 sports et 15 disciplines depuis le rendez-vous de Salt Lake City, en 2002.

Délégation du Canada aux Jeux de Pyeongchang, en 2018

  • 225 athlètes canadiens
  • 29 médailles (11 d'or, 8 d'argent, 10 de bronze)
  • 3e au classement des pays (médailles d'or et cumulatives)
  • Scott Moir et Tessa Virtue, porte-drapeaux à la cérémonie d’ouverture
  • Kim Boutin, porte-drapeau à la cérémonie de clôture

Parrot et Dubreuil en grande forme

Pour certaines têtes d’affiche canadiennes, notamment le planchiste Maxence Parrot, la qualification olympique n'est qu'une formalité, quoiqu'elle ne soit pas encore officialisée.

Le détenteur de deux places provisoires (grand saut et descente acrobatique, communément appelée slopestyle) confirmera sa présence lorsqu’il aura rempli un critère de performance franchement à sa portée : pointer parmi les 30 premiers sur la liste d'attribution des quotas olympiques au 17 janvier prochain.

À 100 jours des Jeux de Pékin, je me sens super bien, parce qu’il y a mon entraînement d’été qui s’est super bien passé; mes objectifs ont été accomplis. Jusqu’à présent, tout ce que j’avais à faire, je l’ai fait. Je me sens sur une lancée, donc mon but est vraiment de continuer. Ce qu’il me reste à faire, c’est vraiment de transférer tout sur la neige dans les mois qui viennent, affirme-t-il.

Mark McMorris et Maxence Parrot brandissent le drapeau canadien.

Les planchistes Mark McMorris (3e) et Maxence Parrot (2e) s'étaient tous deux hissés sur le podium olympique en descente acrobatique à Pyeongchang.

Photo : Radio-Canada

Tout près d’une troisième participation aux Olympiques, le médaillé d’argent sortant en descente acrobatique compte soutirer le maximum de cette situation avantageuse afin de renouer avec le podium, après avoir souffert d’un cancer, le lymphome de Hodgkin, au début du cycle olympique.

Je vais choisir les compétitions clés selon la grandeur des sauts, les parcours, le format, les juges et les athlètes qui seront là pour me mettre dans des stimulations olympiques, pour me préparer jusqu’en février. Et sinon, je vais réduire les compétitions; il y en aura moins, donc un horaire avec moins de compétitions qui me permettra de m’entraîner plus longtemps sur la neige, indique l’athlète récemment décoré d’une autre médaille, soit celle de l’Assemblée nationale du Québec.

Autre espoir de podium au pays, le patineur de vitesse sur longue piste Laurent Dubreuil, à l'inverse, ne sent absolument pas l'excitation ni la fébrilité de gagner, à 100 jours des Jeux de Pékin. Toute son attention est portée sur le moment présent, dit-il; il bloque tout bruit extérieur pouvant nuire à sa concentration.

Ça ne représente rien pour moi. Ce n’est pas ça mon approche. Mon approche, c’est : chaque jour être à 100 % concentré sur cette journée-là, ne pas regarder plus loin que l’entraînement que je suis en train de faire.

« Je n’ai aucun décompte. Le seul calendrier de l'avent chez nous, ça va être Noël, pour ma fille. »

— Une citation de  Laurent Dubreuil, patineur de vitesse sur longue piste

Cent jours, 95 jours, 85 jours… Deux jours avant de partir, pour moi, ce n’est pas ça l’important; c’est d'être 100 % investi dans ce que je fais. C’est comme ça que je vais être meilleur aux Jeux, fait savoir le champion du monde en titre du 500 m.

Dans la meilleure forme de sa vie, selon le principal intéressé, le patineur de Lévis lorgne cette saison la mythique barre des 34 secondes dans l’épreuve qui l’a sacré aux mondiaux de Heerenveen, aux Pays-Bas.

Laurent Dubreuil place ses deux mains sur sa tête.

Laurent Dubreuil a été couronné champion national à la mi-octobre sur 500 m et 1000 m.

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Je suis un bien meilleur athlète qu’il y a quatre ans. J’ai beaucoup plus de chances de médailles, mais également beaucoup moins de pression. Le sport, ce n’est plus ce qu’il y a de plus important; c’est vraiment la famille. Avant Pyeongchang, je me disais, tout le long de l’été : "il faut que je gagne, je veux gagner, c’est important, c’est mon but", se remémore Laurent Dubreuil.

C’est important de gagner, je m’entraîne pour ça, mais ce n’est pas ça qui me définit comme personne et ce n’est pas ce qui va changer mon bonheur. Je suis heureux dans la vie en ce moment et je n’ai pas de médaille olympique. Et si je n’en ai pas, rendu en mars 2022, en revenant des Jeux, je vais être heureux quand même dans la vie.

Dans l’esprit de la cheffe de mission d’Équipe Canada lors des derniers Jeux d’hiver en Corée du Sud, Isabelle Charest, les données et informations amassées au cours des Jeux en sol japonais sont une mine d’or pour les athlètes qui s’envoleront vers la Chine dans quelque trois mois.

Pour plusieurs, ils reprennent les compétitions internationales qu’ils n’ont pas faites l’an dernier. Mais je pense qu’ils peuvent bâtir sur l’expérience qu’on a eue de Tokyo. J’espère qu’ils vont se servir aussi des athlètes de Tokyo pour se préparer. Et connaissant la communauté sportive, je suis sûre qu’ils vont les épauler, indique la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs.

« Encore une fois, il y aura tout le contexte d’incertitudes qu’ils ont vécu. Tu te remets tout le temps en question, et ils n’auront pas eu un parcours d’entraînement qui est habituel, donc c’est sûr que, pour les athlètes, ça suscite bien des questionnements : "est-ce qu’ils vont être prêts?" »

— Une citation de  Isabelle Charest, ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs

En ayant pu voir les Olympiques de Tokyo, ça nous a vraiment aidés à conceptualiser la chose, nous dire que c’est possible : on peut participer à nos prochains Jeux olympiques. D’une façon peut-être différente que les autres années, mais ça va être possible, souligne de son côté la bosseuse Justine Dufour-Lapointe.

Rappelons que les frontières chinoises seront fermées aux spectateurs étrangers, dont la famille et les proches des athlètes, mais que les portes des lieux de compétition seront ouvertes au public, à condition que les amateurs de sports olympiques résident en Chine continentale.

(Avec les informations de Michel Chabot et de Diane Sauvé)

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