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Le sourire de Perreault, le soupir de l’équipe

Il célèbre un but avec ses coéquipiers devant une foule en délire.

Mathieu Perreault a connu une soirée magique samedi, au Centre Bell.

Photo : usa today sports / Jean-Yves Ahern

Dominique Ducharme a probablement fait le meilleur résumé de la soirée pour décrire la vague d’amour qui a envahi son club samedi soir.

Je pense que les gens attendaient ça, a-t-il lancé quelques instants après la victoire de 6-1 de sa bande contre les Red Wings.

La foule semblait attendre un moment du genre en effet. Dès le début du match, elle était particulièrement dans de bonnes dispositions envers une équipe qu’elle aurait peut-être été plus prompte à huer à une autre époque. Après tout, le CH connaissait l’un de ses pires départs de ses 112 ans d’existence.

Même après le premier but du match marqué par les Red Wings et quelques minutes de jeu impotent du Tricolore, ce sont les chants d’encouragement qui résonnaient dans l’amphithéâtre.

Les partisans ont été récompensés pour ce moment de loyauté.

« On a eu un parcours [en séries éliminatoires] que les gens ont aimé. Ça leur a donné de l’énergie et je pense qu’ils voulaient la redonner aux joueurs. C’est nous qui ne leur avions pas donné l’occasion de nous redonner ça. »

— Une citation de  Dominique Ducharme

C’est un euphémisme.

Le temps d’un soir, tout ce qui allait de travers pour cette équipe est tombé en place. Les combinaisons de trios élaborées par Ducharme ont trouvé de la cohésion, la défense a contenu l’adversaire en périphérie plus souvent qu’autrement, même l’avantage numérique a paru menaçant et a touché la cible.

Tous ces aspects du jeu ont de l’importance bien évidemment, mais probablement pas autant que le soupir de soulagement collectif et la joie sincère de Mathieu Perreault d’avoir enfilé trois buts à domicile. Pas autant que cette dose de chaleur des partisans enveloppant toute l’équipe.

Perreault a reçu une ovation monstre après son troisième but marqué dans un filet désert. Est-ce que la pandémie et sa langueur abrutissante ont effacé jusqu’à nos souvenirs de ce à quoi peut ressembler l’ambiance au Centre Bell? Même selon les standards montréalais, Perreault a eu droit à un traitement royal.

Tout sourire, le visage affiché sur grand écran pendant de longues secondes, voire une minute, le Drummondvillois a semblé surpris de la réception.

« J’avais des frissons dans le dos. C’est le genre de moment dont tu vas te rappeler toute ta vie. »

— Une citation de  Mathieu Perreault

Tu ne rêves même pas de ça, a-t-il avoué. Tu rêves juste de jouer dans la LNH et peut-être d’avoir une chance de jouer pour le Canadien un jour. Et là, tu réussis un tour du chapeau chez toi. Ce n’est même pas le genre d’affaires dont tu rêves.

En six matchs seulement cette saison, Perreault est passé de l’aile gauche à la galerie de presse au centre d’un trio condamné à produire offensivement puisque ses ailiers se nomment Cole Caufield et Tyler Toffoli.

Montagnes russes

Ducharme avait parlé de lui comme d’un joker en début de saison. C’est également comme ça qu’il a tenté de le convaincre de s’entendre avec le Canadien cet été. Perreault savait à quoi s’attendre, mais disons que le début d’année s’est déroulé en montagnes russes. Pour lui comme pour l’équipe d’ailleurs qui met fin à une séquence de cinq défaites.

Si la chimie aperçue sur son trio peut se perpétuer, Ducharme aura réglé une partie de ses problèmes.

C’est l’ensemble de la formation qui peut respirer un peu plus librement quelques heures avant de s’envoler pour un premier vrai roadtrip en 19 mois, comme l’a décrit Jonathan Drouin en matinée.

Il hurle de joie devant des partisans en extase.

Le Québécois Mathieu Perreault a soulevé les spectateurs du Centre Bell deux fois en seulement 2 min 15 s lors de la deuxième période.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

L’ambiance aurait été plus sombre avec une sixième défaite.

La raison pour laquelle je pense que ça va nous rendre meilleurs, c’est qu’on ne veut pas retourner où l’on était. Personne ne veut se sentir comme ça encore. C’était les dix jours les plus longs. Tu rentres chez toi, tu restes pris avec ça, même si tu ne veux pas y penser. C’est là et c’est pas le fun. On ne veut plus ça, a lancé Ducharme.

« Tu ne peux pas te laisser prendre par les montagnes russes. Tu ne peux pas vivre comme ça dans la LNH. »

— Une citation de  Ben Chiarot

Étrangement, malgré un départ catastrophique, il y a quelques belles histoires avec cette équipe en ce début d’année. La sortie de Carey Price en est une ne serait-ce que pour le message d’encouragement envoyé à la quantité de gens qui l’idolâtrent.

La prestation de Jonathan Drouin, auteur de cinq points en six matchs, après avoir admis souffrir de troubles anxieux et d’insomnie en est une autre. Le sourire pur et candide d’un joueur de la région ovationné à tout rompre après avoir réussi un tour du chapeau, le premier signé par un Québécois en 23 ans dans cet aréna en est encore une autre.

Le Canadien demeure dans une bien vilaine position, coincé au 30e rang du classement général. Mais il y a eu quelques moments de réjouissance ici et là au lendemain d’un été rocambolesque après une finale de la Coupe Stanley.

Samedi soir, les partisans n’ont pas boudé leur plaisir.

En rafale

Le Canadien a confirmé que Joel Edmundson était arrivé à Montréal samedi. Le défenseur reprendra doucement l’entraînement au Québec pendant le voyage de ses coéquipiers et devrait être en mesure de revenir au jeu assez rapidement au retour de l’équipe, a dit Ducharme.

À son premier match avec le CH, Sami Niku a bien paru. L’arrière finlandais a obtenu deux passes en 15 min 21 s de jeu et a démontré son flair offensif. Dans une raclée de la sorte, difficile d’évaluer proprement son jeu défensif par contre, sa grande lacune jusqu’à présent dans sa carrière.

Vincent Damphousse était le dernier Québécois à avoir marqué trois buts dans cet aréna. C’était à l’époque du Centre Molson, le 28 mars 1998.

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