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WBC super-lourds-légers : Oscar Rivas poussé à la limite par Ryan Rozicki

Oscar Rivas tente un crochet de la gauche contre Ryan Rozicki.

Oscar Rivas l'a eu nettement moins facile que prévu face à Ryan Rozicki.

Photo : Bernard Brault - Groupe Yvon Michel

Jean-François Chabot

Oscar Rivas l'a remporté par décision unanime devant Ryan Rozicki vendredi soir au Théâtre Olympia, à Montréal, mettant du coup la main sur le premier championnat WBC des super-lourds-légers de l'histoire.

Le Colombien et Montréalais d'adoption en a eu plein les bras face à son adversaire du Cap-Breton qui l'a poussé jusque dans ses derniers retranchements. C'est à la faveur des juges 116-111, 115-112, 115-112, que Rivas lui a infligé un premier revers chez les professionnels.

Heureusement, l'expérience de Rivas, la puissance de ses coups et l'avantage net de plus de 20 lb lui ont rapidement permis de dicter la cadence. Mais Rozicki ne s'en est pas laissé imposer. Profitant d'un jab moins actif, le Néo-Écossais a entraîné Rivas dans un dangereux corps à corps qui a teinté les rounds 3, 4 et 5.

Au 6e, Rivas a connu un regain et ses coups ont retrouvé leur caractère incisif. En baisse d'énergie, Rozicki s'est accroché et a survécu. Dans une autre valse pleine de rudesse, Rivas est encore celui qui a porté davantage de coups au round suivant pour reprendre une légère avance.

Au 8e et surtout au 9e, Rivas a enfin rétabli son jab pour tenir Rozicki à distance et en respect. Mais il n'y a aucun doute, la bataille s'avérait plus longue et plus intense que prévu. On a bien cru que Rozicki allait tomber vers la fin du 11e, mais il est encore retourné dans son coin sur ses deux jambes.

Le 12e et dernier round a davantage eu des allures d'un combat de lutte, l'arbitre allant jusqu'à retirer un point à Rivas, qui insistait un peu trop. Son avance allait quand même lui permettre de ne pas s'inquiéter.

La victoire s'avère d'une importance capitale pour Rivas. Si tout se déroule comme prévu pour le protégé du promoteur Yvon Michel, Rivas (28-1, 19 K.-O.) devrait défendre cette ceinture au cours des prochains mois face à l'aspirant no 2, le Russe Evgeny Romanov (16-0, 11 K.-O.).

À l'instar du personnage de Rocky Balboa auquel il s'identifiait à l'approche du combat, la soirée de Rozicki (13-1, 13 K.-O.) n'a pas tourné à son avantage, malgré la présence de nombreux partisans néo-écossais.

Parions que la présentation de la soirée sur le réseau ESPN lui a certainement offert la plus grande vitrine de sa jeune carrière.

Pas de perdants

Telle est l'expression employée par Yvon Michel pour décrire le duel auxquels nous venions d'assister.

Je suis très fier de moi. Je suis très content d’enfin mettre la main sur cette belle ceinture verte, a pour sa part Rivas devant les journalistes près d’une heure après la fin du combat.

Questionné sur sa stratégie, Rivas a reconnu que Rozicki était parvenu à le déstabiliser au 3e, puis au 4e round.

Il fonçait comme un train. Il était toujours collé sur moi. Mais ma droite a compensé le jab que je ne pouvais pas utiliser en étant aussi proche de lui, a-t-il poursuivi.

Son entraîneur Marc Ramsay a renchéri en notant que Rozicki avait forcé Rivas à être moins technique et plus acharné et combatif. Ç’a été une guerre de tranchées. Je m’étais promis de ne pas crier après Oscar, mais ça n’a duré que deux-trois rounds, a lancé Ramsay en riant.

J’ai dû puiser ailleurs pour le pousser. Je lui ai dit qu’il ne se battait pas pour un championnat, mais pour amener ses enfants de la Colombie vers le Canada. Je l’ai alors vu sortir avec plus de hargne, même s’il venait de connaître un round difficile.

Est-ce cette bataille a bien préparé Rivas pour un éventuel duel contre Romanov? Ramsay estime que oui. Ce soir, Oscar n’a pas livré un combat de 12 rounds, mais 12 combats d’un round, sans paniquer, a reconnu Ramsay.

Il a cependant été impossible de nous entretenir avec Rozicki qui a pris le chemin de l’hôpital tout de suite après le combat. Il arborait de profondes entailles à l’oreille droite et au-dessus de l’œil gauche.

Plus important encore, on allait le passer au peigne fin avec des tests d’imagerie pour s’assurer qu’il ne souffrait d’aucune lésion cérébrale. Chat échaudé craint l’eau froide dit-on? Le souvenir encore trop proche de la Mexicaine Jeanette Zacarias Zapata planait encore au-dessus du ring.

Par contre, son gérant Dan Otter ne cachait pas sa fierté face à la performance de son poulain. Ce dernier est d’avis que Rozicki a gagné en notoriété.

Ce sera probablement plus difficile de lui trouver des adversaires, mais ça reste un heureux problème. Il a gagné la bataille. Il n’a perdu que sur la carte des juges. Il vient de livrer un premier combat de 12 rounds, lui qui n’avait jamais franchi le 6e.

Otter lui a dit qu’il était vraiment comme Rocky Balboa. Rozicki a apparemment répondu qu’il se sentait plus comme Jack Dempsey.

Rozicki s’est sans doute trouvé de nouveaux partisans à Montréal. D’ailleurs, personne ne s’opposerait à un éventuel combat revanche.

Sous-carte satisfaisante

Avec un gala initialement prévu avec sept combats, les amateurs ont dû se satisfaire de cinq confrontations, dont quatre dans une sous-carte qui n'a pas quand même pas déçu les quelques 700 spectateurs réunis dans l'amphithéâtre de la rue Sainte-Catherine Est.

Chez les lourds-légers, l'ambulancier paramédical de Saint-Hyacinthe Francis Charbonneau (4-1, 1 K.-O.) a livré une autre solide performance.

Habitué à porter secours à ceux qui croisent sa route, Charbonneau a fait visiter le tapis à Alexandre Roberge (1-2) dès le round initial pour ne plus regarder derrière lui. Les juges ont tranché en faveur du Maskoutain avec des pointages de 40-35, 39-36 et 39-36.

À sa première sortie en plus de deux ans, le Longueuillois Terry Osias (10-0, 4 K.-O.) a aisément eu raison du Mexicain Joaquin Murrieta (9-10-3, 7 K.-O.) par décision unanime avec des cartes identiques et sans appel de 60-54 au terme d'un combat de six rounds.

Le poids lourd johannais Alexis Barrière est demeuré invaincu en quatre combats professionnels en récoltant une décision unanime des trois juges à 40-36 devant le Mexicain Rafael Sanchez Rojas au terme d'un combat animé. Les deux pugilistes ont visité le plancher au premier round, avant que Barrière prenne le contrôle.

Les deux boxeurs en action sur le ring.

Alexis Barrière (à droite) échangeant coup pour coup avec Rafael Sanchez Rojas.

Photo : Bernard Brault - Groupe Yvon Michel

Dans une décision à fort parfum local, le Repentignois Kevin Menoche (5-0, 4 K.-O.) a obtenu la faveur des juges de manière unanime 39-36, 38-37, 38-37 aux dépens de l'Ontarien Thad Buntsma (2-3), lequel lui a donné du fil à retordre au point où il aurait mérité un meilleur sort.

En terminant, le combat qui devait opposer le poids moyen Sébastien Bouchard (19-2, 8 K.-O.) au Mexicain Sergio Ortega (24-2, 18 K.-O.) a été retiré du programme après que ce dernier eut été déclaré inapte à se battre en raison d'un problème médical, lequel n'a aucun lien avec la COVID-19 ou avec des ennuis attribuables à des commotions cérébrales.

Notons qu'une séquence de 10 coups de cloche traditionnels a retenti avant la finale de la soirée à la mémoire de la Mexicaine Jeanette Zacarias Zapata, décédée des suites d'un traumatisme subi dans le cadre du précédent gala présenté à Montréal par Groupe Yvon Michel, le 28 août dernier.

À compter de samedi matin, les amateurs de boxe pourront se procurer des billets pour le gala de la Triple Couronne du 17 septembre, au Centre Bell.

La soirée offrira trois combats de championnats du monde. Artur Beterbiev (16-0, 16 K.-O.) y défendra sa ceinture WBC des mi-lourds face à l'Américain Marcus Browne (24-1, 16 K.-O.). Marie-Eve Dicaire tentera de reprendre la ceinture IBF des super-mi-moyennes, perdue devant Claressa Shields en mars dernier, contre Cynthia Lozano (9-0-0, 7 K.-O.) du Mexique.

Enfin, Kim Clavel (14-0, 2 K.-O.) se battra pour le titre WBC des mi-mouches (108 lb) face à la Mexicaine et championne en titre Yesenia Gomez (17-5-3-1, 6 K.-O.).

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