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Cinq matchs plus tard, se battre contre le poids de l’histoire

Les joueurs ont la tête basse au banc du Canadien après la défaite face aux Hurricanes.

Le Canadien de Montréal a perdu un cinquième match de suite depuis le début de la saison, jeudi, contre les Hurricanes de la Caroline.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le hockey est un sport émotif, imprévisible, chaotique. Un sport qui s’analyse souvent plus à l’œil que dans un fichier Excel. Mais c’est aussi, parfois, une affaire de chiffres. Et ils n’augurent sérieusement rien de bon pour la saison 2021-2022 du Canadien.

On peut bien analyser en long et en large cette cinquième défaite d’affilée du Canadien, un revers de 4-1 contre les Hurricanes de la Caroline, mais la trame narrative est si répétitive depuis le début de l’année, si linéaire avec les observations du camp d’entraînement que tout cela commence à manquer de relief.

Le Tricolore, dans ses meilleurs jours comme dans ses pires, semble perdu, désorganisé, déconnecté, inefficace. Parfois l’intensité y est, comme jeudi soir, jusqu’à un certain point, parfois pas du tout.

Il y avait bien un sentiment d’urgence face à la bande de Jesperi Kotkaniemi, le transfuge à 6,1 millions qui en a profité pour marquer un premier but avec sa nouvelle équipe, il faut l’admettre.

Ce fut malgré tout largement insuffisant. Toutes les lignes ont été tendues aux joueurs en conférence de presse après le match pour voir s’ils ne pouvaient pas en tirer un quelconque point positif. Après tout, on ne frappe pas un homme un sol. Ils n’en avaient cure.

Le Tricolore a obtenu sa part de chances de marquer. Une égalité de 9-9 pour les chances de grande qualité. Est-ce une pierre sur laquelle commencer à bâtir?

Si tu veux, mais au bout du compte une défaite est une défaite a laissé tomber Tyler Toffoli.

« La confiance de notre groupe est juste au plus bas. Il y a des jeux qu’on fait tout le temps normalement qu’on n’arrive pas à faire. C’est dur. »

— Une citation de  Nick Suzuki

On a fait beaucoup de bonnes choses. On a eu des chances dans la peinture bleue, on n’a juste pas été capables de les concrétiser, a tempéré Josh Anderson.

Même quand le CH s’est rapproché à un but de l’adversaire, c’est comme si son sort était scellé d’avance. Constat dur, mais juste jusqu’à présent.

Nous évoquions les chiffres donc. Et le poids de l’histoire. Attention, ça risque d’être un peu âpre, un peu austère, mais nécessaire.

Le Canadien égale son pire départ depuis le début de l'ère moderne, presque le plus catastrophique de ses 112 années d’existence, avec cinq défaites d’affilée en temps réglementaire. L’édition 1995-1996 avait eu le même destin et avait mené à deux congédiements (Serge Savard et Jacques Demers) et à l'un des échanges les plus dramatiques de, encore une fois, son histoire (Patrick Roy).

La bonne nouvelle? Le Canadien s’était qualifié pour les séries éliminatoires avec 90 points. Dans la Ligue nationale d’aujourd’hui, c’est plutôt improbable. Il en faut généralement 95, parfois plus, mais disons 95 pour le bien de la chose.

Montréal doit maintenant maintenir une cadence de ,617 d’ici la fin de l’année pour atteindre ce seuil. Depuis 1989-1990, sur une saison complète, l’équipe y est parvenue trois fois.

Le Canadien a marqué quatre buts en cinq matchs. Incroyablement, si l’on retourne aux sources de l’ère moderne (1967), seules quatre formations ont échoué avec autant d’aplomb, soit les Coyotes de 2018-2019, les Sabres de 1970-1971 et les deux éditions du Canadien mentionnées ci-haut. Aucune n’a fait pire, c’est donc un triste record égalé.

À titre de comparaison, les Capitals de Washington de 1974-1975, généralement reconnus comme la pire équipe de l’histoire avec une fiche de 8-67-5, avaient inscrit 11 buts à leurs 5 premiers matchs.

Les probabilités sont déjà largement en défaveur du CH. Sauf que les joueurs de la Ligue nationale ont passé leur vie à défier les probabilités, à surpasser les attentes, à faire taire les critiques, à confondre les sceptiques.

Ce n’est pas nécessairement que le temps presse, a laissé tomber Toffoli au détour d’une phrase. Heu, oui, Tyler, il presse.

Tyler Toffoli effectue un lancer à bout portant sur le filet des Hurricanes.

Tyler Toffoli a inscrit l'unique but du Canadien face au gardien des Hurricanes, Frederik Andersen.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Au moins, il y avait une certaine urgence dans le jeu tricolore ce soir. Une urgence brouillonne que l’on n’aimerait pas voir dans une caserne de pompiers, mais une urgence malgré tout.

Elle en a poussé certains, comme Brett Kulak dont l’équipe a obtenu 6 tentatives de tir quand il était sur la glace et en a accordé 20, à commettre quelques bévues.

D’autres, comme Brendan Gallagher, qui a mené par l’exemple, dixit Anderson, ont obtenu trois chances de marquer de qualité, sans compter le but qui lui a été refusé.

Mais j’aime mieux en avoir trop (d’urgence) et de devoir gérer ça, que d’être obligé de pousser pour en obtenir, a conclu Dominique Ducharme à la fin de son point de presse.

Mieux vaut tenir un tigre en laisse que devoir peinturer des lignes sur un chat, dit souvent un estimé collègue. Lequel de ces félins se révélera? À vous de choisir. Après tout, il reste 77 matchs.

En rafale

Cette section avait été sciemment laissée de côté jeudi soir, mais un tweet des Hurricanes aperçu à la dernière minute a changé la donne.

Les divertissants gestionnaires des réseaux sociaux de la Caroline ont trouvé une autre façon de bafouer le Canadien au terme de la rencontre. Sur le site didthehabslose.com, vous y verrez Sebastian Aho qui opine du bonnet pour partager la bonne nouvelle. Des chandails de Kotkaniemi et d'Aho sont en vente. On vous suggère d'utiliser le code promotionnel OUI.

Dans le genre, on peut différemment faire mieux.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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