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Déjà de quoi s’inquiéter

Des joueurs de hockey

Le tir d'Erik Karlsson a été dévié par le patin de David Savard lors du troisième but des Sharks.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Les faux départs s’accumulent pour le Canadien. On dirait Michael Johnson qui trouve des façons de ne pas affronter Donovan Bailey sur 150 mètres pour couronner le vrai roi du sprint. Attention à la disqualification hâtive.

Une ou deux défaites pour commencer, le partisan peut secouer les épaules. Trois, il lève les sourcils. À quatre d’affilée pour lancer une saison qui suit une finale de la Coupe Stanley, il y a de quoi se gratter rageusement le fond de la tête.

Surtout quand l’équipe en question se fait malmener comme ce fut le cas face aux Sharks de San José mardi soir, victorieux 5-0.

Ç’aura pris environ 3 min 36 s pour sceller le sort du Tricolore.

Timo Meier et Jonathan Dahlen laissés complètement libres dans l’enclave ont fait dévier un tir de la pointe pour lancer les Sharks en avant, puis Ben Chiarot s’est aventuré mollement en zone offensive, s’est fait prendre, et Christian Dvorak n’a jamais été en mesure de rattraper ledit Dahlen, qui a sauté sur un retour de lancer dans une descente à deux contre un. On sentait que c’en était fait.

« Ce soir, on ne méritait pas de gagner. La game est pas malhonnête. Elle a été honnête avec nous ce soir. »

— Une citation de  Dominique Ducharme

Les chiffres donnent froid dans le dos. L’adversaire mène 15-3 pour les buts marqués après ces quatre rencontres. Le Canadien a été blanchi 13 fois en avantage numérique et a donné 7 buts en 17 occasions en désavantage.

À l’attaque, en défense ou sur les unités spéciales, le bateau prend l’eau. Il faut être créatif pour y voir ne serait-ce qu’un léger rayon de soleil.

Je ne peux pas l’expliquer. On savait ce qu’ils allaient faire, être partout autour de la rondelle. On avait un joueur qui y allait et il n’y avait aucun soutien. On leur a rendu la vie facile. Ils n’avaient aucune difficulté à sortir de la zone, à patiner en zone neutre, tout simplement, a analysé Jeff Petry, le regard noir.

Petry, en colère, a parlé d’un manque d’effort, de jeux minions, du fait que l’équipe ne devrait pas être dans cette situation après quatre matchs.

Car il s’agit effectivement d’un joli pétrin. Non sans rappeler le trou que le CH s’était creusé il y a quatre ans avec un départ de 1-6-1 dont il n’avait jamais su récupérer. Coïncidemment, le Canadien émergeait d’un été mouvementé où la défense gauche entière avait été démantelée et où l’un des piliers à l’attaque, Alexander Radulov, avait quitté Montréal pour aller voir si le gazon n’était pas plus vert au Texas.

Le camp d’entraînement n’annonçait rien de bon et la débâcle s’était cristallisée quand le CH avait commencé son voyage en Californie.

Cette saison y ressemble étrangement. Les ombres de Carey Price et de Shea Weber planaient au-dessus d’un camp d’entraînement chaotique ponctué par des blessures mystérieuses dont certains, Joel Edmundson, ne sont pas encore guéris. Le manque d’ardeur et de cohésion flagrant en septembre a suivi tout le monde au mois d’octobre.

Et le CH quittera bientôt Montréal pour la Californie (et Seattle) la semaine prochaine…

Quatre défaites pour commencer l’année vous font une bien vilaine balafre au milieu du visage, mais les dégâts ne sont pas que cosmétiques, ils sont statistiques également. Déjà.

Brendan Gallagher y était en 2017-2018 quand la saison est tombée à l’eau en un mois. L’ailier du Tricolore a admis ne pas connaître de formule magique pour se tirer de ce mauvais pas, mais sa tête d’enterrement et ses propos ont laissé entendre qu’il est déjà parfaitement au courant de l’urgence d’agir.

C’est difficile de se sortir de ça. Tu y penses tout le temps, tu penses juste à ça, c’est la seule chose qui te préoccupe. Par moments, tu essaies d’en faire un peu trop. La bonne façon de faire est vraiment de faire confiance à tout le monde autour de toi et d’être imputable envers tes coéquipiers en faisant ton travail, pas celui de trois ou quatre personnes. Ce sera difficile, on va en attendre parler partout où on va aller, a lancé l’attaquant.

Gallagher a aussi insisté sur le fait que le bruit extérieur, les commentaires, les analyses pessimistes n’ont aucune importance. Seule compte l’attitude du groupe dans le vestiaire et l’on serait bien fou de le contredire là-dessus. Qui croyait aux chances du CH de renverser la vapeur contre les Maple Leafs de Toronto en retard 1-3 en séries éliminatoires l’an dernier?

S’inquiétait-il de la réaction de ses collègues? Il y est en tout cas revenu plus d’une fois.

Quand tu passes à travers ça, c’est pas facile dans le vestiaire de garder le cap. C’est un procédé, mais tu ne t’en sortiras pas si les gars se mettent à jouer de façon individuelle, a-t-il lancé.

Après la défaite à Buffalo, Dominique Ducharme avait dit de ses joueurs qu’ils s’étaient peut-être un peu engourdis pour s’être fait dire trop souvent à quel point ils étaient bons après leurs exploits de l’été. Mardi, l’entraîneur a parlé de joueurs déconnectés, attentistes.

On a tiré de l’arrière tout de suite 2-0. Ça amène certains gars à ne pas être à la bonne place, à essayer d’en faire plus, à espérer que quelque chose arrive au lieu de jouer le match qu’on veut et être connectés. On veut rendre le match plus simple, mais quand tu es rapidement en arrière, c’est plus facile à dire que faire parce que tu cours après le match, tu sors de tes points de repère. C’est ça le piège, a-t-il dit.

Au moins, le piège a été identifié.

En 2017-2018, Marc Bergevin avait les pleins pouvoirs, appuyé publiquement par le propriétaire Geoff Molson, il avait même décrété la fameuse réinitialisation en pleine saison. Qu'en est-il aujourd'hui? Et comment présider à de grandes décisions si lui-même ne connaît pas son avenir?

Pour citer Timon dans Le Roi Lion : ça sent mauvais dans l’air.

En rafale

Cette rubrique n’est pas pour les optimistes. Autant vous en avertir tout de suite. Allez, on s’amuse un peu.

Il y avait 16 095 spectateurs au Centre Bell, selon le décompte officiel du club. Permettez-nous d'en douter. L'on peut penser que des traces de cette pandémie, encore d'actualité, en rebutent encore quelques-uns. Possible que le jeu de l'équipe aussi.

Le Canadien est maintenant la seule équipe sans point dans la LNH. Il a perdu plus de matchs (4) qu’il n’a marqué de buts (3). Il s’est également incliné pour une 10e fois d’affilée contre les Sharks de San José, sa dernière victoire remontant au 21 mars 2015.

Le Tricolore a aussi perdu autant de matchs en temps régulier à lui seul que les sept autres équipes de la Division atlantique jusqu’à présent.

Ah oui. Et Mike Hoffman faisait ses débuts avec sa nouvelle équipe. Ce sera tout pour ce soir.

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