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Samantha Stewart a montré à Oslo qu’elle fait partie des meilleures

Une femme sourit avec sa médaille autour du cou et un bouquet de fleurs dans les mains.

Samantha Stewart et sa médaille de bronze des Championnats du monde à Oslo

Photo : Twitter / LutteCanada

Début octobre, Samantha Stewart a remporté la médaille de bronze chez les 53 kg aux Championnats du monde de lutte à Oslo. Radio-Canada a joint à Fredericton une athlète aujourd'hui heureuse d'avoir pu prouver sa valeur au plus haut niveau.

Elle a le mérite d'avoir su se relever d'une énorme déception, sa non-qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo, pour connaître un parcours quasi parfait aux mondiaux.

Ça a été toute une aventure pour se rendre jusque-là, admet-elle d'entrée de jeu. J’ai toujours eu cette idée que je peux être l'une des meilleures du monde. J’avais besoin d’une occasion de le montrer.

J’ai fait tout ce que j’ai pu pour me préparer au mieux, sans pouvoir m’entraîner à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. J’ai dû m’éloigner pour pouvoir m’entraîner pendant la pandémie.

Deux lutteuses se battent pendant un combat.

Samantha Stewart (en bleu)

Photo : UWW

L'athlète ontarienne a tiré plusieurs ficelles au printemps, parmi ses contacts et ses amitiés, dans les pays qu'elle a traversés durant sa carrière.

Le Canada a été très strict dans ses directives sanitaires, mais tous les pays ne l’ont pas été autant, rappelle-t-elle. Je me suis donc entraînée aux États-Unis quelque temps, en Estonie après, puis on m’a invitée à m’entraîner à Budapest avec une athlète de ma catégorie.

Malgré cette volonté à toute épreuve, Samantha Stewart a dû faire une croix sur les Jeux.

Ça m’a brisé le cœur d’être si proche (de me qualifier pour les JO), dit-elle. J’étais en état de choc. Et quand je suis revenue au Canada, j’ai dû me mettre en quarantaine pour deux semaines dans mon petit appartement, toute seule. J’ai ruminé ma déception et pansé ma plaie.

Samantha Stewart est repartie pour l'Estonie et a côtoyé des athlètes qui, elles, s'étaient qualifiées pour les Jeux olympiques.

Ça m’a remise en selle. Je m’entraînais avec des filles qui allaient participer aux Jeux, et je voyais bien que j’étais du même niveau, se souvient-elle. Ça m’a donné mon but pour les Championnats du monde : montrer ce que je me dis depuis longtemps, que je peux être compétitive au plus haut niveau et être l'une des meilleures.

C'est ce qu'elle a fait, et elle a pu monter sur le podium.

À chaque combat, j’ai tenté de montrer le meilleur de moi-même. Je ne pensais qu'à me battre du mieux possible.

Dans le combat pour la médaille de bronze, j'ai voulu mettre en pratique tous ces gestes techniques que j’ai pratiqués à l’entraînement, précise-t-elle. Une compétition sert à montrer tout le travail que vous avez fait en amont. C’est ce que j’ai fait, et je suis heureuse de ma performance.

Une jeune femme sourit en regardant la caméra pendant une entrevue.

Samantha Stewart

Photo : Société Radio-Canada

Samantha Stewart rend hommage à son entraîneur, Don Ryan.

Si j’ai pu me rendre jusqu’à la médaille, c’est grâce à Don. Il avait fait des recherches sur chacune de mes adversaires et avait enregistré des extraits de combat pour qu’on puisse travailler en fonction du style de chacune, explique-t-elle. Et avant chaque match, on pratiquait les gestes techniques qu’on avait choisis ensemble.

Au plus haut niveau, toutes les lutteuses sont très fortes techniquement et sont dans une forme incroyable. C’est vraiment avec un bon plan de match tactique que je peux arriver à les battre, affirme-t-elle.

Samantha Stewart va reprendre l'entraînement, essentiellement physique, après un repos bien mérité. La Fédération internationale (United World Wrestling) devrait publier dans les deux prochaines semaines le calendrier de la saison à venir, qui commence en janvier.

Les conditions sanitaires sont bonnes au Nouveau-Brunswick. Tous les athlètes doivent être vaccinés et doivent montrer une preuve pour pouvoir s’entraîner et participer à des compétitions, précise-t-elle. On fait ce qu'on peut pour reprendre une vie à peu près normale.

Quand le calendrier sortira, je pourrai planifier mon entraînement en vue de ces compétitions, ajoute-t-elle. Pour l’instant, c’est essentiellement de l’aérobie, du cardio au gym. Tout ce que je sais, c’est qu’en mars, on a des essais en vue des prochains mondiaux, qui auront lieu en Serbie en 2022.

Le cycle olympique menant aux Jeux de 2024 à Paris ne sera pas très long, une belle motivation pour Samantha Stewart.

Comme j’ai obtenu une médaille de bronze aux mondiaux, je veux garder le même état d’esprit pour les compétitions internationales de 2022 et rester au même niveau jusqu’à nos sélections canadiennes de décembre 2023.

« Je sens que j’ai vraiment trouvé la façon de battre les meilleures. »

— Une citation de  Samantha Stewart, lutteuse canadienne, catégorie 53 kg

L'athlète de 31 ans a été tentée de passer chez les 57 kg, mais le cycle olympique est trop court. Elle restera donc en terrain connu avec son entraîneur personnel.

Le départ de Tonya Verbeek

La Fédération canadienne a annoncé le 15 octobre la démission de Tonya Verbeek qui était l'entraîneuse de l'équipe nationale depuis 2019. Elle avait grimpé les échelons dans l'organisation depuis sa retraite en 2012.

Je suis déçue de voir Tonya partir, car elle a apporté beaucoup au programme, soutient Samantha Stewart. Elle a un tel bagage, et c’était incroyable de penser que ce poste-là était occupé par une femme, c’était une vraie inspiration pour moi.

Une femme sourit à la caméra.

Tonya Verbeek

Photo : Comité olympique canadien / Stephan Abraitis

Tonya Verbeek a trois médailles olympiques, elle a marqué l'histoire de la lutte au Canada. Mais dans un contexte pandémique très handicapant pour la préparation des athlètes, elle a été témoin de la contre-performance de l'équipe canadienne à Tokyo. Ceci explique-t-il cela?

Je ne sais pas si son départ est relié à la contre-performance de Tokyo. Je ne lui ai pas parlé. A-t-elle eu une offre ou y a-t-il eu des discussions en coulisse après les JO de Tokyo? se demande Samantha Stewart. Je ne sais pas.

Et pour remplacer Tonya Verbeek, Samantha Stewart a-t-elle un nom en tête?

Notre environnement d’entraînement est très décentralisé, il y a de bons athlètes partout au pays, alors le prochain entraîneur devra s’assurer de maintenir une certaine cohésion au sein du groupe, affirme-t-elle. Le Canada le fait déjà bien.

Je pense que Paul Ragusa fait un travail incroyable à Calgary. Il est excellent, n'hésite-t-elle pas à dire, mais il a une jeune famille, et l’entraîneur national doit beaucoup voyager. La fédération aura peut-être du mal à trouver la personne capable de donner autant de temps à notre sport.

Portrait d'un homme en chandail rouge qui sourit à la caméra.

Paul Ragusa

Photo : Lutte Canada

Samantha Stewart a des idées.

Peut-être qu’ils pourraient créer un double poste, pour que les deux personnes puissent se séparer les voyages à faire pour suivre nos athlètes.

Ou faire appel plus souvent aux entraîneurs personnels.

Chaque fois que la fédération peut envoyer en compétition internationale les entraîneurs personnels, les athlètes aiment ça, fait-elle remarquer. Il faudra que la personne qui sera choisie soit capable de travailler avec les entraîneurs personnels, c’est très important.

On sent que Samantha Stewart réfléchit à l'avenir et à la santé de son sport. L'athlète a les yeux fixés sur Paris, mais son travail au sein de la fédération du Nouveau-Brunswick, dont elle est la nouvelle directrice, lui ouvrira peut-être d'autres horizons.

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