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Le Canadien loin d’être le seul à reconnaître les terres non cédées

Une cérémonie d'avant-match en l'honneur des Premières Nations.

Les Jets de Winnipeg reconnaissent depuis octobre 2016 que leurs matchs sont disputés sur des terres non cédées.

Photo : NHLi via Getty Images / Jonathan Kozub

Pierre-Yves Robert

La décision du Canadien d'affirmer que Montréal est un territoire autochtone non cédé fait réagir bon nombre d'amateurs et de politiciens depuis son annonce, samedi. Pourtant, le Tricolore n'est pas la seule équipe de la LNH au pays à diffuser un énoncé semblable avant ses matchs à domicile, et plusieurs franchises multiplient les initiatives visant à promouvoir une plus grande inclusivité.

Précurseurs en la matière, les Jets de Winnipeg et leur club-école, le Moose du Manitoba, reconnaissent depuis octobre 2016 que leurs matchs sont disputés sur les terres ancestrales des peuples Anishinaabe, Cris, Oji-Cri, Dakota et Dénés, ainsi que la mère-patrie de la nation Métis.

Ce message, résultat d'une initiative conjointe entre True Noth Sports and Entertainement, entité propriétaire des Jets, et Niigaan Sinclair, écrivain anishinaabe et professeur associé en Études autochtones à l'Université du Manitoba, est lu avant chaque match à domicile dans une volonté de promouvoir un esprit de réconciliation et de reconnaître, respecter et soutenir les peuples autochtones.

En cinq ans, les Jets ont d'ailleurs multiplié les actions pour promouvoir une plus grande inclusivité et représentativité des Premières Nations. Les coiffes et costumes d'inspiration autochtone sont notamment interdits dans les gradins du Canada Life Centre, sous peine de se faire refuser l'accès à l'aréna. L'équipe a aussi fait appel à la designer graphique crie Leticia Spence afin de développer une itération d'inspiration autochtone des logos des Jets et du Moose, portés par les joueurs lors d'événements spéciaux et disponibles à la boutique officielle de l'équipe (Nouvelle fenêtre).

Mathieu Perreault s'échauffe sur la glace.

Le joueur de hockey Mathieu Perreault, aujourd'hui membre du Canadien de Montréal, lors d'un échauffement avec le chandail au logo d'inspiration autochtone des Jets de Winnipeg.

Photo : Gracieuseté : Jets de Winnipeg

Les Jets organisent aussi depuis trois ans un match promotionnel par saison afin d'amasser des fonds pour WASAC, un organisme sans but lucratif dont la mission est d'aider les jeunes Autochtones de la région de Winnipeg à prendre part à des activités sportives. Lors de ces rencontres, différentes initiatives sont mises en place dans l'optique de célébrer l'héritage des Premières Nations dans cette province, comme la présentation au public de leaders autochtones issus de différentes communautés manitobaines, ou encore le chant de l'hymne national canadien en langue ojibwée.

À Edmonton, les Oilers ont fait une grande place à l'art autochtone dans leur nouvel aréna, le Rogers Place, qui a ouvert ses portes en septembre 2016. Une immense mosaïque de 14 mètres de diamètre recouvre le sol de l'entrée principale, une œuvre de l'artiste de descendance denesuline et saulteaux Alex Janvier, pionnier de l'art autochtone contemporain au Canada.

Depuis le 13 octobre 2021 – trois jours avant l'annonce du Canadien –, les Oilers procèdent aussi à la lecture d'un message de reconnaissance territoriale avant leurs matchs à domicile, et l'équipe chapeaute la Indigenous Hockey Academy, qui forme et entraîne des jeunes joueurs autochtones dans la Canadian Sport School Hockey League (CSSHL).

Les Flames de Calgary, l'autre franchise albertaine, ne font pas de message de reconnaissance territoriale avant leurs matchs, mais parrainent différents partenariats avec les nations Siksika et Tsuut'ina visant à combattre le racisme et à améliorer l'éducation culturelle.

Lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre, les Flames ont porté des uniformes orange pour leur entraînement matinal et posé pour une photo d'équipe avec une banderole indiquant que chaque enfant compte.

Plus à l'ouest, les Canucks de Vancouver ne reconnaissent pas le caractère non cédé des terres autochtones avant chaque match à domicile, mais ont commencé en 2019 les soirées de la célébration des Premières Nations, des rencontres annuelles dans lesquelles des leaders des communautés Musqueam, Squamish et Tseil-Waututh sont invités pour des cérémonies protocolaires d'avant-match.

La prochaine soirée de la célébration est prévue le 6 décembre. Lors de ces rencontres, les Canucks reconnaissent jouer leurs matchs sur des territoires autochtones ancestraux non cédés, partagés dans l'esprit du sport.

En 2020, des critiques à l'endroit du logo de l'équipe, que certains considéraient comme de l'appropriation culturelle, ont mené les Canucks à un processus de consultation avec les communautés autochtones de Colombie-Britannique. Depuis, le propriétaire de l'équipe, Francesco Aquilini, a promis d'écouter davantage les Premières Nations et leurs précieux conseils dans les activités de l'équipe, sur la glace et en dehors de la glace.

Par exemple, pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Francesco Aquilini a invité le chef Wayne Sparrow, du conseil de bande de la nation Musqueam, à venir parler aux joueurs des Canucks à même leur vestiaire, afin de réaliser l'ampleur du génocide des pensionnats autochtones et de découvrir comment en faire plus pour connaître la vérité et travailler à la réconciliation.

En Ontario, les Maple Leafs et les Raptors de Toronto, sous le parapluie de Maple Leafs Sports and Entertainement, reconnaissent depuis le 7 octobre – 9 jours avant l'annonce du Canadien – que leurs matchs à domicile sont disputés sur des terres non cédées, territoire ancestral des peuples Mississaugas, Anishinaabe, Wendat et Haudenosaunee.

La décision de lire ce message avant chaque match à domicile a été prise à la suite de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Dans la foulée, le capitaine des Leafs, John Tavares, a notamment participé à une courte vidéo soulignant l'importance d'une meilleure connaissance de l'histoire des peuples autochtones de la région torontoise, ainsi que du rôle que les Maple Leafs doivent joueur dans les efforts de réconciliation.

De leur côté, les Sénateurs d'Ottawa ont organisé en mars 2019 leur premier match célébrant la culture autochtone, profitant de la visite des Panthers de la Floride et du joueur d'origine cri Brady Keeper.

Pour cette occasion, l'hymne national canadien avait été chanté en langue ojibwée. L'initiative avait été reprise en décembre de la même année, lors d'une visite des Blue Jackets de Columbus, et avait intégré des présentations de danses traditionnelles mohawk et algonquine.

Plus récemment, les Sénateurs ont aussi reconnu jouer sur un territoire traditionnel non cédé, lors de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. En 2019, lors de l'entre-saison, l'équipe avait annoncé qu'elle reconnaîtrait le caractère non cédé des terres autochtones avant chaque rencontre (Nouvelle fenêtre), sans en faire le suivi.

Ailleurs en LNH, les Blackhawks de Chicago, critiqués pour leur logo et leur nom d'équipe, procèdent également depuis novembre 2020 à la lecture d'un message reconnaissant les terres non cédées avant chacun de leurs matchs à domicile.

Rappelons que le Canadien de Montréal présente depuis le 16 octobre un message de reconnaissance territoriale avant chaque match à domicile cette saison, en l'honneur des contributions passées, présentes et futures des peuples autochtones.

Le Tricolore souhaite ainsi reconnaître les Kanien'keha:ka, également connus comme la nation Mohawk, pour leur hospitalité sur le territoire traditionnel non cédé où se trouve le Centre Bell.

Le CH prévoit aussi une cérémonie d'avant-match plus formelle plus tard dans la saison, qui coïncidera avec le retour au jeu de Carey Price, à l'écart du groupe après avoir fait appel au programme d'aide de la LNH. Aucune date n'a été annoncée pour cette cérémonie ni pour le retour au jeu du gardien de but.

Natif d'Anahim Lake, en Colombie-Britannique, Price a des liens étroits avec ses racines autochtones, et l'équipe tient à ce qu'il soit présent à cet événement formel.

Cette semaine, le Canadien recevra également la visite des Hurricanes de la Caroline et de leur défenseur cri Ethan Bear, victime de nombreuses insultes racistes sur les réseaux sociaux alors qu'il évoluait pour les Oilers d'Edmonton.

La proportion de joueurs autochtones établis dans la LNH demeure encore très faible. Cette saison, outre Price et Bear, on compte T.J. Oshie (Ojibwe), Zach Whitecloud (Dakota) et Brandon Montour (Oshweken), ainsi que l'entraîneur-chef Craig Berube (Cri).

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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