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Chronique

Alphonso Davies, le Canada et une année 2021 pour l’éternité

Entouré de ses coéquipiers, il frappe un tambour pour battre le rythme d'une célébration avec les supporteurs.

Alphonso Davies (au centre) a inscrit le but gagnant du Canada contre le Panama en qualifications pour la Coupe du monde.

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley

Olivier Tremblay

Où étiez-vous quand Alphonso Davies a marqué son but?

Souhaitons à l’équipe nationale masculine du Canada que cette phrase fasse un jour partie de la culture populaire du soccer au pays. Ce qui se passe actuellement en qualifications pour la Coupe du monde, avec comme point de référence cette chevauchée improbable de l’électrisant no 19, pourrait finalement mener la sélection au niveau qu’elle a toujours voulu atteindre : celui d’un chef de file de la CONCACAF productif et, surtout, attrayant.

La première victoire canadienne contre les États-Unis en plus de 30 ans, en 2019, ce n’était pas mal, mais tout y était dans ce triomphe de 4-1 contre le Panama au BMO Field : les buts, les performances individuelles, l’émotion, l’ambiance. Aussi historique le résultat contre les Américains eut-il pu être, la soirée de mercredi dernier définit beaucoup mieux les ambitions des Canadiens, qui ont encore deux rendez-vous cruciaux avec le Costa Rica et le Mexique le mois prochain, à Edmonton, puis six autres rencontres de qualification à l’hiver 2022.

Remontez le temps jusqu’à 2012 à peine et mettez dans votre sac les bandes vidéo des plus récents matchs du Canada contre le Panama, la Jamaïque et le Mexique. Trouvez un supporteur de l’équipe masculine canadienne et montrez-lui ces images.

Assommer le Panama de la sorte? Jouer ce match-là à Kingston et ne pas perdre? Frôler la victoire à l’Azteca? Il vous demandera qui sont ces imposteurs en rouge qui disent représenter le Canada. Parce qu’il n’y a pas si longtemps, suivre cette équipe était un éternel chemin de croix.

Le Canada ne s’est qualifié que pour un Mondial masculin, en 1986. Depuis, c’est une succession de ratés parfois spectaculaires, comme lorsque l’équipe, pourtant aux portes de la phase finale de qualification pour la Coupe du monde de 2014, s’est effondrée 8-1 au Honduras.

Rien pour inspirer qui que ce soit, au contraire. Certains partisans potentiels ont pu juger que s’investir dans cette équipe n’en valait pas la peine. Pire, des joueurs comme Asmir Begovic, Owen Hargreaves ou Teal Bunbury, tous sélectionnables un jour par le Canada, ont dû trouver qu’ils avaient bien fait de choisir la Bosnie-Herzégovine, l’Angleterre ou les États-Unis.

Mais le sport est parfois poétique. C’est ainsi qu’Alphonso Davies et Jonathan David ont tous deux marqué contre le Panama. Le premier, né au Ghana de parents libériens, s’est empressé d’aller chercher sa citoyenneté canadienne dès qu’il y a été admissible afin de pouvoir représenter son pays. Le second, né à New York, n’a jamais souhaité se joindre au puissant programme américain – par pure conviction.

Le désir profond d’aller jouer pour le Canada sur la scène internationale, comme le fait remarquer l’entraîneur-chef du CF Montréal Wilfried Nancy dans le balado Tellement soccer, atteint une intensité jusqu’ici inégalée.

Quand ils chantent l’hymne national – je ne dis pas que je le chanterais de la même façon, mais ils sont fiers, a souligné Nancy. Ils sont contents de représenter ça. Pour moi, ce sont des signaux qui montrent que c’est important, dans leur vie, de représenter leur pays, de participer à une Coupe du monde.

« Aujourd’hui, l’équipe est plus jeune, ce n’est pas la même génération, ce n’est pas la même vision, ce n’est pas la même approche. »

— Une citation de  Wilfried Nancy, entraîneur-chef, CF Montréal

Autrefois, il semblait que le Canada peinait à convaincre de potentielles vedettes de le représenter. Aujourd’hui, certains des meilleurs joueurs du continent – voire du monde – portent le maillot rouge. Et ils créent des moments comme le but de Davies. Des moments dont le supporteur de 2012 pouvait tout juste rêver.

Dans les salons, ces derniers jours, quelques petits Alphonso en devenir, des jeunes pleins d’ambition nés de parents d’ici ou d’ailleurs, qui possèdent une seule nationalité ou plusieurs, ont été impressionnés pour la vie par les prouesses du pétillant garçon en rouge. Ils voudront peut-être aller voir ce prodige et ses coéquipiers au stade chaque fois qu’ils en auront l’occasion.

Quelques rares élus deviendront joueurs professionnels et représenteront peut-être le pays. Un journaliste leur demandera probablement un jour où ils étaient, en 2021, quand Alphonso Davies a marqué son but.

Peut-être répondront-ils qu’ils étaient à l’endroit même où, quelques mois plus tôt, ils ont vu Julia Grosso offrir la médaille d’or au pays? Deux moments ancrés dans l’imaginaire collectif canadien qui pourront encore inspirer garçons et filles, faire foisonner les talents et créer des générations de supporteurs.

Bandeau consultez Tellement soccer

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