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Le paradoxe offensif du Canadien

Le Tricolore n'a inscrit que trois buts en autant de matchs cette saison.

Les joueurs des Rangers célèbrent après le match.

Le Canadien encaisse un troisième revers de suite.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Ce qui, sur papier, devait être la force du Canadien cette saison l’a coulé dans ses trois premiers matchs. Trois matchs, c’est peu. L’échantillon est faible, mais le temps presse.

Pourquoi presse-t-il tant que ça, même s’il n’y a que 3,7 % de la saison de jouée. Parce que, dans la Ligue nationale de hockey, on ne se remet pas d’un mauvais départ qui s’étire. Ou très rarement. La dernière fois que le CH s’était levé d’un si mauvais pied au mois d’octobre, il avait encaissé sept revers d’affilée (1-6-1 après 8 rencontres) en route vers une saison misérable de 71 points.

Au moins, cette débâcle lui a permis de mettre la main sur le troisième choix au total en 2018 lui permettant de se relancer… oh… non.

Trêve de plaisanteries, le CH est encore loin du scénario d’épouvante, mais une mauvaise impression dégagée dès le camp d’entraînement continue de planer au-dessus de cette équipe. Manque de cohésion offensif, des trios qui se cherchent, manque d’entrain généralisé, à l’exception de Jonathan Drouin, encore buteur samedi soir dans la défaite de 3-1 contre les Rangers, et de ses comparses de trio, Josh Anderson et Christian Dvorak.

Pour revenir à nos moutons, ce qui devait être la force du Tricolore, soit la profondeur sur les ailes censée représenter une menace offensive sur trois ou quatre trios, n’est absolument pas visible pour le moment.

Trois buts en trois matchs, difficile de s’en sortir avec ça.

« On cherche les mêmes explications. On sait pas vraiment pourquoi on score pas. Il faut amener plus de rondelles au filet et avoir plus de trafic. »

— Une citation de  Cédric Paquette

Le Québécois, qui a disputé son meilleur match dans son nouvel uniforme, a également parlé d’un défi d’adaptation.

On a beaucoup de nouveaux joueurs, de nouveaux trios, a-t-il dit.

Drouin a repris la thématique de l’adaptation.

Lui semble s’être adapté instantanément à son nouveau joueur de centre Christian Dvorak et c’est bien la seule bonne nouvelle à l’attaque dans cette équipe.

Dominique Ducharme, moins patient que Claude Julien à l’époque, a déjà tenté de remanier son personnel. N’empêche qu’il mise beaucoup sur le duo Nick Suzuki et Cole Caufield, encore intact pour le moment.

Les deux joueurs ont passé 25 minutes ensemble à cinq contre cinq en trois rencontres et n’ont généré aucune chance de marquer de grande qualité, selon le site spécialisé Natural Stat Trick.

Le trio de Suzuki, originalement complété par Tyler Toffoli bien que Joel Armia y était samedi, était l’une des rares constantes sur laquelle Ducharme croyait pouvoir s’appuyer dans la transition entre la finale de la Coupe Stanley et cette nouvelle campagne.

Ça ne s’est pas matérialisé jusqu’à présent.

Face aux Rangers, on a vu Caufield décamper avec vitesse sur les ailes et simplement rater la cible, voire carrément fendre l’air. Bien loin de ses atouts habituels de marqueur impitoyable. On a vu Nick Suzuki un peu passif y aller de remises approximatives, parfois récupérées directement par l’adversaire.

Quand on fait un bon échec avant, qu’on crée des revirements et qu’on frappe rapidement, on est à notre meilleur, a estimé Suzuki, affirmant que ce n’est pas ça qui se passait pour le moment.

Devant des partisans heureux, il lève les bras avant d'être rejoint par Josh Anderson.

Jonathan Drouin a permis aux partisans du Canadien de croire en la victoire en égalisant la marque en 3e période.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Est-ce que les gars serrent le bâton, essaient de réussir le lancer parfait? À un moment donné, quand tu es sur une lancée, tu réussis ces jeux. Tu n’y penses même plus, c’est naturel. Quand tu lances, tu sais que ça va rentrer. Ils n’ont pas ça présentement, a affirmé Ducharme.

Idem pour ce qui est de l’unité de Jake Evans et Brendan Gallagher, complétée par Armia lors des deux premiers matchs et par Toffoli contre les Rangers.

Ducharme souhaite en faire une réincarnation du trio de Phillip Danault. Une force de la nature à cinq contre cinq. Gallagher et Evans ensemble contrôlent la rondelle 50 % du temps, ce qui n’est pas catastrophique, mais ont obtenu 4 chances de marquer de grande qualité et en ont permis 11. Rarement a-t-on vu Gallagher avoir à jouer autant profondément dans son territoire.

Le quatrième trio aussi est assez discret, quoiqu’il a eu quelques présences inspirées dans ce troisième match.

Ce n’est pas que le CH a si mal joué dans deux de ses trois rencontres. Il n’a pas été brillant, mais aurait certainement pu arracher deux, trois ou même quatre points s’il avait été chanceux.

Mais il fait soudainement face à une tout autre réalité. L’équipe amorce l’année en panne sèche offensive avec bien peu de certitudes et plusieurs nouveaux joueurs à intégrer à l’avant. Sans compter Mike Hoffman qui pourrait débarquer dès mardi. Ça ne simplifiera pas la tâche de l’entraîneur à cinq contre cinq, mais ça devrait au moins dynamiser l’attaque massive, blanchie en 11 occasions cette saison.

En rafale

À son premier match à Montréal, Alexis Lafrenière n’est pas passé inaperçu. Le jeune homme a inscrit le but gagnant dans une descente à deux contre un, a obtenu cinq tirs, dont plusieurs de qualité en avantage numérique et a distribué trois mises en échec. Le Québécois a aussi terminé la rencontre avec le menton en sang et quelques points de suture. Du sang, du drame et du piquant : il n’oubliera pas cette première visite.

Ducharme a évidemment déploré les quatre punitions de suite de son équipe en deuxième période. Le fait que ce soit des pénalités dites de bâton (deux pour avoir accroché, une pour bâton élevé et une pour double-échec) l’a particulièrement mis en colère. Le genre de fautes évitables avec un peu de discipline. Jeudi soir, à Buffalo, cinq des six punitions du CH en étaient aussi de bâton. On a évité de le lui rappeler.

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