•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ryan Rozicki se sent comme Rocky Balboa

Ryan Rozicki et son promoteur sur le ring.

Ryan Rozicki et son promoteur Dan Otter de Three Lions Promotions

Photo : Gracieuseté : Three Lions Promotions

Jean-François Chabot

Le Néo-Écossais Ryan Rozicki avoue être le premier surpris de se retrouver en combat de championnat du monde des super lourds-légers face à Oscar Rivas.

Appelé en remplacement de l’Américain Bryant Jennings qui a refusé de se conformer aux exigences sanitaires canadiennes (vaccination et quarantaine obligatoires), Rozicki (13-0, 13 K.-O.) se battra, le 22 octobre, à Montréal, face à Rivas (27-1, 19 K.-O.) pour le tout premier titre WBC de cette nouvelle catégorie (200 à 224 lb).

Natif du Cap-Breton, le jeune homme de 26 ans n’en croyait pas ses oreilles quand il a reçu l’appel de son promoteur, Dan Otter (Three Lions Promotions), à la fin du mois de septembre.

Je sais qu’il y avait de nombreux promoteurs qui souhaitaient tirer avantage de cette opportunité. Je pense qu’ils ont vu en moi quelqu’un de pas trop mal classé. Je ne dirais pas facile, mais un bon rival pour Oscar Rivas pour ce combat, considérant que j’ai l’habitude de me battre chez les lourds-légers, a reconnu Rozicki avec humilité.

Pour savoir comment je me sens, honnêtement, regardez Rocky I. C’est la seule façon logique pour justifier ma présence dans le ring, a poursuivi Rozicki, joint par Radio-Canada à Guelph, en Ontario, où il poursuit sa préparation depuis deux semaines.

Figurant 18e au monde chez les lourds-légers (cruiserweights), Rozicki demeure encore un peu sous le choc.

« J’étais vraiment très surpris de recevoir cette offre. Je n’ai pas demandé tout de suite qui serait mon adversaire. Mon promoteur m’a téléphoné en disant : "Es-tu bien assis?" Je sentais au son de sa voix qu’il s’agissait d’une belle occasion quand il a ajouté : "On t’a obtenu un combat de championnat du monde". »

— Une citation de  Ryan Ruzicki, boxeur

Au départ, Rozicki a cru qu’il se battrait chez les lourds-légers puisqu’il détient déjà la ceinture WBC Silver de cette catégorie. Il a tout de suite pensé au Britannique Lawrence Okolie (17-0, 14 K.-O.) et au Letton Mairis Briedis (27-1, 19 K.-O.). Il est resté sans mots en entendant le nom d’Oscar Rivas.

Rozicki a déjà eu l’occasion de voir Rivas à l’œuvre dans certains de ses combats précédents. Il est au fait de sa réputation et du défi qu’il représente. Mais il se décrit lui-même comme un boxeur extrêmement agressif avec une puissance de frappe plus près des poids lourds.

« Je n’ai pas peur de prendre des risques et de provoquer l’action dans le ring. La plupart des gens me qualifieraient de bagarreur, mais mon coach n’aime pas cette étiquette. Il pense que je ne reçois pas tout le crédit pour mon intelligence dans le ring. »

— Une citation de  Ryan Rozicki

Quand on lui demande d’évaluer le risque de trop ouvrir son jeu face à Rivas, Rozicki reconnaît qu’il est élevé, mais qu’il est prêt à le prendre, convaincu que Rivas agira de la même façon.

Rozicki ne s’en fait pas avec la prise de poids qu’il doit s’imposer pour grimper dans la catégorie au-dessus. Il affirme qu’il n’a qu’à prendre quatre ou cinq livres pour respecter la limite inférieure de la catégorie (200 lb), alors qu’il a l’habitude de boxer à environ 195 lb.

De la rue au ring

Invité à raconter ses débuts en boxe, Rozicki ne cache pas que c’est pour mieux canaliser ses comportements violents et négatifs qu’il s’est tourné vers ce sport à l’âge de 15 ans.

Élevé à la ferme, il a traversé une adolescence tumultueuse qui l’a souvent vu se battre et tabasser des élèves de son école. Il n’en fallait pas beaucoup pour lui faire perdre les pédales, jusqu’au jour où un juge de la cour juvénile lui a imposé une probation et la pratique d’un sport dans le but de le réhabiliter.

Je voulais jouer au hockey. Mon père m’a dit : "Puisque tu aimes tant te battre, pourquoi n’essaies-tu pas la boxe?" Je me suis présenté à notre club de boxe local pour essayer ça. Et c’est comme ça que j’ai fait mes débuts, se souvient-il.

Il y a deux ans, ses épisodes de jeunesse répréhensibles l’ont rattrapé quand il a plaidé coupable à des accusations de voies de fait et de violence conjugale sur sa petite amie.

Invité à commenter cette situation tout de même assez récente, Rozicki a mis ça sur le compte des problèmes d’alcool auxquels il était alors confronté.

Ma fiancée et moi avions eu une dispute. J’ai frappé une vitre de l’auto et un éclat de verre l’a atteint. Ce soir-là, la police a pris en compte mes antécédents et ma mauvaise réputation pour en faire toute une histoire qui a vite été reprise par les médias locaux. J’ai plaidé coupable pour mettre un point final à tout ça, a raconté Rozicki en indiquant avoir complètement cessé de consommer de l'alcool.

Il en veut pour preuve que sa conjointe Dionne et lui sont toujours ensemble. Ils sont devenus les parents de la petite Maylee née il y a deux semaines à peine. C’est d’ailleurs parce qu’il devait s’assurer de bien dormir la nuit que Rozicki a choisi de déménager son camp en Ontario.

Oscar Rivas et Ryan Rozicki.

L'affiche du combat entre Oscar Rivas et Ryan Rozicki

Photo : Gracieuseté : WBC

Le jeune homme à la fiche immaculée demeure à toutes fins un inconnu sur la scène de la boxe au Québec. Même s’il est aussi champion canadien NABA, on ne l’a pas encore vu sur un ring dans la Belle Province depuis qu’il est passé professionnel.

En fait, il a déjà boxé au Québec du temps où il tentait de faire sa marque dans les rangs amateurs. En novembre 2013, il a perdu par K.-O. devant Stan Surmacz dans le cadre des Championnats canadiens présentés à Québec. Ses liens avec le Québec comprennent aussi une défaite avant la limite face à Simon Kean, en octobre 2014, à Mississauga, en Ontario.

Enfin, quand on lui demande d’expliquer aux amateurs de boxe montréalais pourquoi ils devraient s’emballer pour un duel en apparence inégal contre Rivas, Rozicki répond : Regardez nos derniers combats à Rivas et à moi. Nous avons tous deux affronté le même gars, Sylvera Louis. Contre Rivas, il a fini sur ses deux jambes [abandon au bout du 4e round, NDLR], tandis que je l’ai envoyé au tapis pour le compte, a rappelé Rozicki, convaincu de pouvoir donner du fil à retordre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !