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Chronique

La Coupe Billie-Jean-King compte-t-elle pour si peu?

Le Canada part à la finale de la Coupe Billie-Jean-King avec une équipe très amoindrie.

La joueuse lance la balle dans les airs pour servir.

Leylah Annie Fernandez

Photo : Reuters / Robert Deutsch

Privé de ses deux meilleures joueuses du moment, le Canada prendra part à la finale de la Coupe Billie-Jean-King en novembre, avec un contingent amoindri. Bianca Andreescu et Leylah Fernandez ont renoncé à y participer.

Pas de mensonge ni de faux-fuyant, l’une et l’autre ont admis vouloir se concentrer sur leur entraînement et leur carrière plutôt que d’aller défendre les couleurs canadiennes. Elles n’ont pas évoqué une blessure ou quelque autre prétexte pour se désister. Un A pour l’honnêteté.

Mais sans elles, le Canada part à la guerre sans fusil.

157e, pas mieux

Rebecca Marino est la mieux classée dans l'équipe qui partira pour la République tchèque. Elle est 157e au classement mondial. Carole Zhao occupe la 326e place, Françoise Abanda, la 341e. Enfin, Gabriela Dabrowski est classée 7e en double, mais 604e en simple.

Rien pour empêcher la France et la Russie de dormir. C’est avec ces deux pays (respectivement classés premier et septième au monde) que le Canada partagera son groupe. Il faudra un miracle pour en sortir.

Un tournoi bien doté

La Coupe Billie-Jean-King, qu’on appelait auparavant la Fed Cup, n’est pourtant plus la compétition bon enfant d’il y a 50 ans, au moment de sa création. Les joueuses y participaient alors bénévolement en espérant trouver des commandites pour assurer leur transport, leur hébergement, etc.

La compétition est aujourd’hui dotée d’une bourse totale de 12 millions de dollars américains. Ça paie les dépenses.

Ce n’est pas nouveau

Ce n’est pas d’hier que date le manque d’intérêt ou le désengagement des joueuses pour défendre les couleurs de leur pays en ajoutant à leur horaire déjà chargé les tournois de qualification menant à la finale ainsi qu'à la finale elle-même.

Aucune des 21 dernières joueuses à avoir occupé le 1er rang au classement mondial n’a remporté la Fed Cup.

La dernière à signer l’exploit a été l’Américaine Lindsay Davenport en 2000.

En 2008, Maria Sharapova a pris part à un tournoi de qualification, mais s’est absentée de la finale.

Depuis, il n’y a eu personne.

Service rendu

Je ne souhaite donc pas lancer la pierre à Andreescu et Fernandez. Pas le moins du monde.

Leylah a joué brillamment l’an dernier en Coupe Billie-Jean-King. Dans un revers de 4 à 1 contre la Suisse, elle a enlevé la seule victoire canadienne contre Belinda Bencic, alors classée au 5e rang mondial. Fernandez occupait le 185e rang.

Elle a bel et bien représenté le Canada.

Bianca Andreescu l’a fait avec passion en 2017. À 16 ans, encore loin de son meilleur tennis, elle est restée invaincue en zone américaine. Et elle a aidé le Canada à retrouver le Groupe mondial II en participant à la victoire contre le Kazakhstan.

La Fédération internationale de tennis lui a alors attribué le Heart Award, prix qui honore les athlètes ayant représenté leur pays avec distinction, courage et engagement.

Eugenie Bouchard a aussi gagné le Heart Award en 2018, après qu’elle ait aidé le Canada à vaincre l’Ukraine.

Bref, ce ne sont pas les élans qui manquent, c’est la continuité.

Motivation?

La comparaison est boiteuse, j’en conviens, mais pourriez-vous imaginer Connor McDavid et Sidney Crosby annonçant qu’ils renoncent à la Coupe du Monde de hockey pour rester chez eux et se concentrer sur leur carrière?

Ce serait très mal reçu.

Alors que faudrait-il pour donner à la Coupe Billie-Jean-King l’aura qui lui manque?

Pour l’avenir du tennis en général et du tennis féminin en particulier, c’est une question à laquelle il faudrait répondre.

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