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Athlétisme Canada en quête de grands maîtres

Des coureurs sur une piste d'athlétisme

Des coureurs sur une piste d'athlétisme

Photo : iStock / Pavel1964

Jean-François Chabot

Fort des résultats enregistrés aux Jeux olympiques de Tokyo, Athlétisme Canada met sur pied un programme de mentorat pour encadrer la formation d’entraîneurs au plus haut niveau.

Destiné à ceux et à celles qui souhaitent pousser leur implication et partager leur savoir et leur passion auprès d’athlètes d’envergure internationale, le programme vise à jumeler les candidats de la relève à des entraîneurs établis pour le passage du flambeau et des connaissances.

John Lofranco est responsable de la mise en place de ce nouveau programme. Installé à Montréal depuis 2003, il se retrouve à la tête du projet qui en est à ses balbutiements.

Ça fait longtemps qu’on travaille là-dessus afin de répondre aux attentes de nos entraîneurs et de nos partenaires au niveau provincial. Nous avons déjà un programme national de formation et de certification des entraîneurs (PNCE). Ce programme est géré par l’Association canadienne des entraîneurs et s’adresse à tous les sports, a d’abord expliqué Lofranco.

Natif de Toronto, Lofranco, adepte de la course à pied, s’est taillé une place au sein d’Athlétisme Canada en combinant son passé d’athlète et ses diplômes en littérature anglaise et en écriture créative (Université de Waterloo) et en droit (Université McGill).

Chargé de cours en écriture créative à l’Université Concordia, il a notamment contribué à la relance d’une équipe de cross-country (les Stingers) à l’intérieur de cette institution.

Même si sa carrière d’athlète s’est limitée à des compétitions de niveau scolaire et universitaire provincial, il a trouvé à travers son implication auprès d’Athlétisme Canada depuis 2014 une façon de partager sa passion.

Au début, mon rôle était d’établir des liens entre les organisateurs de grandes courses comme les marathons de Montréal ou de Toronto et la fédération nationale. Puis, on m’a offert de gérer le dossier des entraîneurs. En tant qu’enseignant, j’ai saisi cette chance et on m’a confié cette responsabilité en 2017, raconte celui dont l’expertise couvre des épreuves de courses allant du 800 m au marathon, en passant par le cross-country.

Au-delà de ça, il nous faut quelque chose pour leur permettre de continuer leur développement et leur croissance. On a choisi de partir des mentorats informels déjà existants [bouche-à-oreille et contacts personnels avec des individus déjà en place, NDLR] pour encadrer le tout et inviter tout le monde à y participer.

Un homme accompagne une coureuse.

John Lofranco en compagnie de Mélanie Myrand, du Club McGill Olympic, à l'arrivée du demi-marathon de Montréal, en 2014

Photo : Inge Johnson - Gracieuseté : Athlétisme Canada

Objectifs et candidats ciblés

Attention, ce programme de mentorat n’est pas ouvert aux néophytes. Ne s’improvise pas entraîneur national qui veut.

« Nous avons établi une liste de mentors parmi nos entraîneurs les plus expérimentés, des entraîneurs qui sont allés aux Jeux olympiques, qui œuvrent dans le milieu depuis des dizaines d’années et qui ont beaucoup à offrir. On veut les jumeler avec des entraîneurs qui possèdent déjà un peu d’expérience et qui souhaitent atteindre le niveau supérieur pour travailler avec des athlètes de calibre international. »

— Une citation de  John Lofranco, responsable du programme de mentorat à Athlétisme Canada

Sur cette liste de mentors, on retrouve entre autres Glenroy Gilbert, entraîneur-chef d’Athlétisme Canada et médaillé d’or au sein de l’équipe de relais 4 x 100 m aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, Carla Nicholls, entraîneuse-chef de Parathlétisme Canada, Martin Angel, entraîneur au Club de la Rive-Sud et de l’équipe du Cégep Champlain à Saint-Lambert, Félix-Antoine Lapointe, entraîneur-chef provincial et de l’équipe de l’Université Laval à Québec [il s’est aussi occupé de l’athlète olympique Charles Philibert-Thiboutot, NDLR], Vicky Crawley, de l'Université Western Ontario, qui a notamment travaillé avec Damian Warner, médaillé d’or au décathlon des Jeux de Tokyo l’été dernier.

Plus de femmes

Comme c’est le cas parmi la vaste majorité des fédérations sportives au Canada, il y a encore beaucoup à faire pour atteindre l’équité hommes-femmes parmi les entraîneurs nationaux.

Les dernières statistiques indiquent que seulement 37 % des entraîneurs en athlétisme sont des femmes. Et la plupart d’entre elles œuvrent à des niveaux inférieurs comme les clubs scolaires, municipaux et régionaux.

L'entraîneuse parle avec l'athlète.

L'entraîneuse Heather Hennigar (à droite) en conversation avec l'athlète québécoise Laurence Côté, établie en Colombie-Britannique

Photo : Gracieuseté : Athlétisme Canada

S’il ne manque pas de candidats masculins, John Lofranco insiste sur le fait que des efforts particuliers seront déployés pour attirer les femmes vers le sommet de la pyramide.

« On personnalise le recrutement. J’ai envoyé des courriels et j’ai fait des appels téléphoniques directs auprès d’entraîneuses, en leur disant que ce programme était fait pour elles. Nos mentors vont exploiter leur réseau particulier afin de trouver des candidates qui pourraient en bénéficier. »

— Une citation de  John Lofranco

On a aussi des mesures financières pour soutenir davantage les femmes. Par exemple, nous tiendrons un sommet entre les mentors et leurs protégés, à Ottawa, les 11 et 12 décembre. On parle d’environ 40 personnes. Nous allons couvrir les frais de déplacement et d’hébergement pour les femmes.

Durant l’année qui suivra, celles-ci seront invitées à se déplacer pour participer à des camps d’entraînement ou à des compétitions. Là encore, un budget sera alloué spécialement aux émules féminines pour qu’elles puissent pousser plus loin leur apprentissage.

Pour la première année du programme de mentorat, Athlétisme Canada vise une augmentation minimale de six à huit entraîneuses au sein du programme national. Cela correspond au nombre de mentores participant aux formations.

Glenroy Gilbert, dans les gradins, entoure un coureur de ses bras.

L'entraîneur-chef Glenroy Gilbert fait une étreinte à Marco Arop, spécialiste du 800 m, aux Jeux panaméricains de Lima en 2019.

Photo : Gracieuseté : Athlétisme Canada

John Lofranco précise que cela ne constitue pas une limite puisque rien n’empêcherait un homme de transmettre son savoir à une femme, ou vice versa. Dans un monde idéal, la proportion hommes-femmes du côté des mentorés serait atteinte. Lofranco se réjouit en constatant que plusieurs femmes ont spontanément manifesté leur intérêt pour le nouveau programme.

On a déjà eu une douzaine de réponses, et ce, en plein week-end de l’Action de grâce, a-t-il soutenu en rappelant que la date d’échéance pour les inscriptions et les jumelages avait été fixée au 31 octobre.

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