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La mission des Maple Leafs

John Tavares, Justin Holl et Jason Spezza célèbrent un but de ce dernier.

John Tavares (91), Jason Spezza (no 19) et Justin Holl (no 3)

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

TORONTO – Cela fait déjà quelques années qu’on suppute sur l’implosion du noyau radioactif d’attaquants à Toronto. Il y a dans l’air l’impression qu’il s’agit de la dernière année scolaire de ce groupe. Il obtiendra son diplôme ou échouera.

L’année de la dernière chance pour Auston Matthews, Mitch Marner, John Tavares et William Nylander advenant une (autre) déconvenue en séries éliminatoires? Impossible à dire, mais disons que les Leafs ont pris les grands moyens pour qu’un effondrement comme celui du printemps dernier aux mains du Canadien ne survienne pas à nouveau.

Le Canadien qui, d’ailleurs, vient de débarquer en ville pour le tout premier affrontement de la saison mercredi, le 21e entre les deux formations, si on inclut les trois matchs préparatoires, depuis janvier dernier.

Dire que ces messieurs se connaissent bien relève de l’euphémisme. On se doute qu’ils ne tiennent pas non plus à faire plus ample connaissance après tout le sang (au propre comme au figuré) qui a coulé entre eux ces derniers mois.

Il y a bien le transfuge Adam Brooks, relâché par les Leafs puis réclamé par le Tricolore lundi, qui aura quelques tuyaux pour ses nouveaux coéquipiers, mais l’on ne doit pas nécessairement compter sur lui pour ajouter une couche à une rivalité qui a récemment pris son envol.

Le CH revient sur les lieux du crime, là où il a éliminé les puissants Leafs au premier tour des séries après avoir été mené 3-1, faut-il le rappeler. C’était alors une autre débâcle des Leafs que les partisans ont eu bien du mal à digérer.

Des joueurs du Canadien et des Maple Leafs se font l'accolade sur la glace.

Auston Matthews et Mitch Marner félicitent Carey Price et Corey Perry.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les déboires des Torontois durent depuis plus d’un demi-siècle, certes, mais ce groupe porte déjà le poids de ses propres insuccès et non pas seulement celui des générations passées. Ils n’ont jamais franchi le premier tour en cinq tentatives et présentent une fiche de 0-7 pendant cette séquence lorsqu’ils ont l’occasion d’éliminer un adversaire.

Dans la série All or Nothing d’Amazon, un courte série télé sur le parcours des Maple Leafs l’an dernier, on voit l’entraîneur-adjoint Paul MacLean lancer sans retenue ce qu’il croit être le problème de l’équipe.

Ils ont des démons dans la tête. Des démons dans leur voiture. Des démons en-dessous de leurs satanés lits. Peu importe où ils regardent, il y a un démon, avait-il laissé tomber, dans des termes encore plus fleuris, après la sixième rencontre de la série.

Dans le match numéro 7, ces démons avaient ressurgi. Le gardien Jack Campbell avait accordé un mauvais but tôt en deuxième période et s’était flagellé en conférence de presse. Il sera d’ailleurs d’office mercredi soir. Les gros canons offensifs s’étaient à nouveau fait blanchir dans un match dont le scénario semblait écrit d’avance.

Cette fois, on veut les chasser pour de bon, ces démons.

On trouve qu’on a eu une bonne saison l’an passé à bien des égards. On a fait beaucoup de bonnes choses en tant qu’équipe pour être dans une position pour connaître du succès en séries, ce qu’on n’a pas fait. Mais on croit en ce qu’on fait. Il faut continuer et amener ça à un standard plus élevé. On pourchasse le but ultime, c’est-à-dire de mettre en place un programme qui se tient et s’inscrit dans le temps, a expliqué l’entraîneur Sheldon Keefe après l’entraînement mardi midi.

Pour les aider à atteindre ce fameux niveau, les Leafs ont même embauché le conseiller et préparateur mental Greg Harden, souvent dépeint comme un coach de vie et surtout connu pour avoir travaillé étroitement avec un dénommé Tom Brady, un athlète qui a connu un certain succès, nous dit-on, dans un autre sport.

Jason Spezza et Wayne Simmonds en ont déjà parlé en termes élogieux.

L’idée est d’aider ce groupe à franchir cette barrière psychologique l’ayant paralysé ces dernières années. Parce que le temps presse. Est-ce finalement LA saison à Toronto?

On ne le sait pas. C’est une nouvelle occasion pour nous et on travaille pour ça. On a l’impression qu’on continue d’apprendre des différents écueils qu’on a affrontés. On ne connaît pas la fin, mais on peut contrôler notre départ.

Une citation de :Jason Spezza

Ce départ se fera contre l’ennemi juré, justement, un peu rapiécé depuis le printemps dernier, mais certainement gonflé à bloc et conscient de l’ascendant psychologique qu’il est possiblement allé chercher dans ce duel éliminatoire.

Bien sûr, ils sont nombreux à manquer à l’appel chez le Bleu-blanc-rouge. Les Leafs n’affichent pas complet non plus. Matthews se remet encore de son opération au poignet et portait un chandail interdisant les contacts à l’entraînement. Bien qu’il vole sur la glace et décoche des tirs du poignet à vous faire frémir les oreilles même quand vous êtes assis dans les gradins, il est plus qu’improbable de le voir en uniforme pour le match d’ouverture.

Même Marner a dû quitter la séance mardi. Keefe a affirmé qu’il s’agissait de précautions et Spezza a ajouté que ç’avait l’air vraiment mineur, n’empêche que ce serait une mauvaise nouvelle pour Toronto s’il devait s’absenter pour la première rencontre de la saison.

Ces possibles absences s’ajoutent à celle de l’ailier Ilya Mikheyev, blessé au pouce en fin de semaine dernière. Le Russe se fera opérer et sera à l’écart du jeu pour environ huit semaines.

Peu importe l’effectif toutefois, on comprend que le temps des excuses a assez duré. De toute façon, avant le premier match d’une longue saison, tout le monde a des raisons de sourire.

Vous rappelez-vous la veille de Noël quand vous aviez neuf ans? C’est pas mal le même sentiment. C’est de la fébrilité, de la nervosité. C’est le fun. Une nouvelle saison, de nouveaux défis. On ne se tanne jamais, s’est exclamé Spezza.

On peut se tanner de perdre par exemple. Et si ça devait se répéter en 2022, la saison des Leafs risque de ne pas ressembler à Noël, mais à l’Halloween.

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