•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laurent Dubreuil rêve de médailles et de records

Vêtu de sa combinaison de patineur, il lève le poing.

Laurent Dubreuil est maintenant bien établi parmi les meilleurs sprinteurs au monde.

Photo : The Associated Press / Toru Hanai

Michel Chabot

Laurent Dubreuil s’apprête à amorcer la saison qui pourrait bien cristalliser son statut de grand patineur de vitesse sur longue piste. À la veille du début des essais nationaux, à Calgary, l’athlète de Lévis se dit plus en forme que jamais.

Dubreuil est aussi très heureux de l’ouverture du nouvel anneau couvert à Québec, tout près de chez lui. Fini Calgary, c’est désormais là qu’il s’entraîne.

Ça change notre vie, s’est réjoui Dubreuil. C’est magnifique le Centre de glaces Intact Assurance. C’est vraiment un des plus beaux anneaux sur lesquels on a eu la chance de patiner. Au lieu de faire six heures d’avion et trois vols, j’ai moins de 15 minutes d’auto à faire pour me rendre. C’est incroyable pour nous. C’est un rêve qui devient réalité et ça en valait absolument l’attente.

Plusieurs intervenants du milieu estiment que cette nouvelle infrastructure permettra au Québec de développer un plus grand nombre de patineurs sur longue piste et de dominer sur la scène nationale.

Ça va prendre plusieurs années avant que nous reprenions notre monopole au sein de l’équipe nationale, mais je pense que ça va arriver, a dit Dubreuil. C’est juste mathématique, plus de la moitié des patineurs au Canada viennent du Québec. Nous avons le meilleur circuit de compétition pour les jeunes. Si tu es un patineur talentueux né au Québec, tu as d’autres bons patineurs autour de toi avec qui t’entraîner et contre qui compétitionner à l’année.

Cela dit, il y a beaucoup de bons patineurs dans l’équipe nationale en ce moment à Calgary, des jeunes au début de la vingtaine. Je pense, entre autres, à Graeme Fish qui a été champion du monde en 2020. Connor Howe est excellent, Tyson Langelaar aussi. Ce sont des gars qui vont être là pour deux autres cycles olympiques. Déloger ces gars-là, ça va prendre du temps. Je ne sais pas si on en sera capable, mais on va avoir une relève éventuellement par des patineurs de courte piste et qui prouveront qu’ils sont bons en longue piste aussi.

Une citation de :Laurent Dubreuil

Exceller aux JO comme aux mondiaux

Champion du monde du 500 m en février dernier, le patineur de 29 ans souhaite maintenant un titre olympique pour confirmer son statut de meilleur sprinteur de la planète. En y parvenant, Laurent Dubreuil inciterait assurément beaucoup de jeunes à s’initier au patinage de vitesse. La mission de modèle qui vient avec la réussite lui plaît beaucoup.

C’est sûr que plus tu as de bons résultats, plus tu es connu et plus tu peux motiver un grand nombre de personnes, a-t-il souligné. Mais peu importe le niveau de notoriété auquel je me rendrai, mon but, c’est toujours de donner un bel exemple et une belle image, de vendre mon sport et le sport en général pour motiver les jeunes. C’est pour ça que je fais parfois des conférences dans les écoles, que je retourne dans mon club, à Lévis, tous les ans. C’est sûr qu’avec la COVID-19, on a pris une pause.

Je me souviens que quand j’étais jeune, je regardais les Olympiques et les mondiaux et ça me motivait de voir les meilleurs au monde gagner des médailles. C’est rendu moi qui en gagne. Si ça peut motiver les jeunes, tant mieux. C’est un sport individuel, je le fais pour moi, mais c’est une responsabilité d’athlète de haut niveau de redonner parce qu’on s’est fait donner beaucoup pour nous rendre où on est.

Une citation de :Laurent Dubreuil

Le voilà maintenant au sommet, donc, et ses succès lui donnent encore plus faim. Être champion du monde lui procure confiance et sérénité.

Je ne vois pas comme de la pression supplémentaire d’être champion du monde en titre l’année des Jeux, a précisé Dubreuil. Premièrement, c’est une nouvelle saison. Tout le monde commence au même point, avec tout à prouver. Mais je sais la forme dans laquelle je suis et les temps dans lesquels je patine et ça me met effectivement en confiance. Ça ne me stresse pas. Je ne vois pas ça comme si j’avais quelque chose à défendre, mais plutôt que je suis en meilleure position que jamais pour aller chercher des résultats. C’est super motivant.

Le patineur donne ses dernières enjambées avant la ligne d'arrivée.

Laurent Dubreuil

Photo : La Presse canadienne / Rick Bowmer

Je suis vraiment confiant et serein, a-t-il poursuivi. Un de mes grands objectifs, c’était de gagner aux Championnats du monde au moins une fois. Maintenant, c’est fait, donc c’est un stress de moins sur mes épaules. Peu importe ce qui arrive cette année, que je gagne ou non une médaille olympique, tout le reste de ma vie, je pourrai dire que j’ai été champion du monde en 2021. C’est ma plus grande fierté.

Une condition physique supérieure

Ses chiffres à l’entraînement le ravissent. L’été qui vient de se terminer lui aura permis d’atteindre une forme inégalée, croit-il, mais il ne pense pas avoir atteint ses limites.

Je pense que j’en ai encore en réserve, a dit Dubreuil, sourire en coin. Autant ça va bien en ce moment, mes temps sont bons, en musculation je lève des charges plus lourdes, je saute plus haut. Je suis plus explosif que je ne l’ai jamais été, mais je crois être capable d’aller en chercher un peu plus. Je ne pense pas être à mon sommet physique. Je m’attends à être encore meilleur en février. Mais si tu veux gagner des médailles en février, tu ne peux pas être 15e au monde à l’automne. Il faut que tu sois bon en novembre et en décembre aussi.

Sa condition physique, Laurent Dubreuil la doit, en grande partie, au travail qu’il effectue en compagnie du préparateur physique Jonathan Pelletier-Ouellet.

Ça m’a revigoré. J’étais rendu à un endroit dans ma carrière où j’avais besoin de changer, de trouver du nouveau. Quand Jonathan est arrivé, il a apporté de la nouveauté, c’était différent de ce que j’avais fait avant. J’avais quand même eu de bons résultats avant, j’étais médaillé des mondiaux en 2015. J’avais la mi-vingtaine et j’aurais pu refuser de changer mon approche, mais j’ai embarqué, j’ai sauté un peu dans le néant. Ç’a été progressif, très long à rebâtir. J’ai recommencé à faire des squats, des trucs que je ne pensais pas que mon dos allait être capable d’encaisser.

Une citation de :Laurent Dubreuil

J’ai eu des problèmes dorsaux depuis que je suis jeune, a expliqué le jeune père de famille. Maintenant, je n’ai pas mal du tout, je peux mettre des charges vraiment lourdes. Ça part de ça. La plupart de mes bons résultats sont venus depuis ce temps-là. Je dois beaucoup à Jonathan, mais je me félicite d’avoir osé quelque chose de différent. Beaucoup d’athlètes ont peur du changement. J’avais peur aussi. La dernière fois que j’ai squatté, je me suis barré le dos pendant deux semaines. Mais nous avons commencé avec des charges légères, avec une bonne technique et maintenant, je n’ai plus peur sous une barre et je suis beaucoup plus puissant.

La barre mythique des 34 secondes

Seuls quatre hommes sont parvenus à patiner 500 m sous les 34 secondes. Le Russe Pavel Kulizhnikov, détenteur de la marque mondiale de 33,61 s, l’a fait trois fois, et le Japonais Tatsuya Shinhama a réussi l’exploit en deux occasions.

Ruslan Murashov, un autre Russe, a brisé ce mur imaginaire une fois, tout comme le Chinois Tingyu Gao, qui vient de réaliser un chrono de 33,83 s il y a deux semaines en Chine.

Ses trois prédécesseurs sont quant à eux arrivés à leurs fins à Salt Lake City, entre 2019 et 2020. Laurent Dubreuil rêve maintenant de se joindre à ce club sélect.

C’est un gros but cette saison, mais c’est sûr qu’aux Jeux, à moins que la glace soit exceptionnelle, ce ne sera pas du 33 parce qu’on est au niveau de la mer. Quand j’ai gagné aux Championnats du monde, j’ai fait 34,39, avec plus d’un dixième d’avance. Dans les bas 34 secondes au niveau de la mer, c’est exceptionnel. Des 33 secondes, il y en a eu quelques-uns dans l’histoire. C’est ça que ça va prendre à Calgary et Salt Lake City pour gagner des médailles cet automne. Idéalement, je le ferais en fin de semaine. Ce n’est pas important si je ne le fais pas à ce moment-là. Je suis préqualifié pour les Coupes du monde et j’ai hâte de le voir, le 33 virgule quelque chose en passant la ligne. Ce serait juste un boni si ça arrivait si vite.

Laurent Dubreuil abattrait ainsi le record canadien que détient Jeremy Wotherspoon (34,03) depuis 2007. Un chrono qui a été le meilleur au monde jusqu’à ce que Kulizhnikov réalise un 34,00 s en 2015.

Mon meilleur temps est 34,11 secondes, donc ce n’est pas loin. Mes meilleurs temps sont tous survenus en Europe, au niveau de la mer. Maintenant, je dois faire ce genre de course au bon moment, sur une piste rapide.

Une citation de :Laurent Dubreuil

Outre ce but, Dubreuil espère aussi se signaler sur 1000 m cette saison. Il a d’ailleurs gagné le bronze lors des mondiaux de 2020 et de 2021 sur cette distance et croit en ses chances de deux médailles aux JO de Pékin.

Le 500 est avant le 1000 au programme, alors il y a zéro problème. Mon 1000 est à un niveau où j’ai maintenant des chances de médailles. C’est moins probable qu’au 500, mais si je fais une bonne course… j’en ai gagné des médailles au 1000 dans les dernières saisons. Mon but est d’être bon dans les deux.

Nul doute qu'il saura faire mieux qu'à sa première expérience olympique, à Pyeongchang en 2018. Il avait alors pris le 18e rang au 500 m et le 25e au 1000 m.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !