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Marie-Michèle Gagnon tient à rester « dans la game »

Une skieuse dans le portillon de départ pour une descente d'entraînement à la Coupe du monde de Lake Louise, en Alberta.

Marie-Michèle Gagnon

Photo : Getty Images / Christophe Pallot/Agence Zoom

Marie-Michèle Gagnon souhaite rester dans le top 10 mondial en Coupe du monde cette saison et ne tient pas à s'ajouter du stress sur les épaules avec les Jeux olympiques à venir.

La skieuse de Lac-Etchemin n'est plus en période de transition. La saison 2021-2022 sera différente de la précédente en ce sens qu'elle ne pense plus du tout à son passé de technicienne. Elle est aujourd'hui une skieuse de vitesse à part entière.

En 2020-2021, Marie-Michèle Gagnon a atteint sept fois le top 15 en Coupe du monde, dont quatre fois le top 10, en 13 courses, ce qui donnera à l'athlète de 32 ans de meilleurs dossards de départ pour rester dans la game (dans la partie).

C'est une saison olympique. Gagnon le précise très rapidement dans l'entretien qu'elle a accordé à Radio-Canada Sports début octobre avant de repartir pour l'Europe. Ce qui lui donne un relief particulier, surtout que la skieuse québécoise avait raté les derniers Jeux, s'étant blessée au début de la saison 2017-2018.

De là à en faire un objectif prioritaire, il y a un pas qu'elle ne veut pas franchir.

La façon que je veux aborder les Jeux olympiques cette année, c'est un peu la façon que j’ai abordé les Championnats du monde la saison dernière, raconte-t-elle. [C'est] une course comme une autre. Oui, c’est plus télévisé, il y a plus de gens qui regardent, mais en même temps, ce sont les mêmes coureuses avec lesquelles je cours à l’année longue.

Lors de ces Championnats du monde de Cortina d'Ampezzo, en Italie, Gagnon s'était sentie bien dans ses bottes et dans sa tête.

Si ça n’avait pas été de mon erreur en descente, j’avais eu un bon départ avant, et j’ai fait 6e place en super-G, pas loin du podium, se rappelle-t-elle. J’étais dans un bon état d'esprit, et j’essaie de retrouver ça pour les Jeux olympiques.

Mais avant les JO, Marie-Michèle Gagnon, qui s'est fiancée le 15 septembre avec son compagnon des 13 dernières années l'Américain Travis Ganong, a une saison de Coupe du monde à disputer avec un objectif clair dans sa tête.

Dans le top 20, c’est là que tu es plus dans la game, avec les meilleures coureuses, la même lumière dehors souvent ou la même texture de neige, précise-t-elle.

Cette année, c’est important de bâtir de course en course un meilleur rang mondial.

Sa troisième place à Garmish-Partenkirchen le 1er février a changé beaucoup de choses pour la Québécoise. C'était son premier podium en cinq ans.

Le podium m’a évidemment aidée, puis en fin de saison, j’ai presque toujours terminé dans le top 10. Je pars d’une meilleure position pour la saison qui s’en vient, vu que j’ai de meilleurs dossards de départ.

Une skieuse souriante lève le bras gauche dans l'aire d'arrivée.

Marie-Michèle Gagnon à Garmisch-Partenkirchen

Photo : Getty Images / Christof Stache

Comme Marie-Michèle Gagnon a choisi de se concentrer sur la vitesse, sa saison commence plus tard.

Cette année, c’est la première fois que je ne fais pas de courses avant début décembre, fait-elle remarquer. Alors, j’ai quand même une longue préparation encore, et ça va bien, affirme-t-elle.

Je trouve que mes skis sont rapides, mon technicien a bien travaillé sur mes skis cet été, mentionne-t-elle, parce qu’on a eu un nouveau fleet (cargaison) de skis, plusieurs paires de skis qui étaient nouvelles. Il fallait les rouler. Je pense que mes skis ont eu 16 jours sur la neige avant que moi-même j’aille sur les skis sur la neige.

« Pour la vitesse, avoir les skis qui roulent, c'est important. C’est déjà une avance d’avoir ça. »

— Une citation de  Marie-Michèle Gagnon, skieuse canadienne, spécialiste de la vitesse

Marie-Michèle Gagnon a pu les essayer amplement lors du camp d'entraînement de septembre. Les conditions n'étaient pas idéales, car la neige était trop molle. Après deux semaines de repos à la maison, la voici repartie déjà sur les pentes européennes pour trois semaines en octobre. Elle croise les doigts pour que les conditions soient optimales.

Plus de temps pour se préparer

Il faut reprendre le millage en vitesse avec les bonnes conditions, précise-t-elle, finaliser les tests de ski, les fixations, voir s'ils glissent bien, voir quels skis on va utiliser en course, voir s’ils skient bien dans le parcours, c’est important. Ça, c’est le niveau équipement.

Niveau technique, je travaille sur des petites choses avec mon entraîneur, faire des drills en réchauffement puis après ça, de l’appliquer dans le parcours, explique-t-elle. On le travaillait déjà au dernier camp, on va continuer là-dessus. Monter l’intensité de plus en plus, avec des plus gros sauts, des plus grosses vitesses, des plus longs parcours, etc.

Il restera ensuite un camp en novembre, en Amérique du Nord, avant la première étape de Coupe du monde à Lake Louise, en Alberta, au début de décembre.

On se prépare pour être prêtes en décembre, et j’ai quand même plus de temps que dans le passé [pour me préparer].

« Évidemment, tout est planifié pour qu’on ait notre sommet, le peak, au mois de février. »

— Une citation de  Marie-Michèle Gagnon

Pour les Jeux olympiques, évidemment. La descente dames aura lieu le 15 février.

Marie-Michèle Gagnon aura participé à cinq épreuves de descente avant celle des JO en Chine. Et l'objectif pour cette première partie de la saison, c'est de se bâtir un gros capital confiance.

C’est toujours l’objectif de faire des podiums, mais en pensant au résultat, ça ne fonctionne jamais, fait-elle remarquer. [L'important], c’est de skier à son potentiel, d’avoir un peu la chance de son côté, les mêmes conditions que les autres filles avec ton dossard de départ. Déjà, j’ai une longueur d’avance de ce côté-là. Mais c’est sûr que je veux essayer d’être plus performante, encore plus constante que l’année dernière.

Sortir de sa zone de confort

On se souvient de sa 3e place à Garmisch-Partenkirchen, mais Marie-Michèle Gagnon se souvient encore de ses abandons à St-Anton et à Crans-Montana.

J’ai eu deux sorties de piste en descente qui m’ont un peu dérangée sur mon rang mondial, dit-elle. Je suis correcte, mais je ne suis pas aussi forte que j’aurais pu être à cause de ça. C’est dans mes dernières années de ma carrière, et je veux être plus constante et évidemment être performante.

Elle survole la piste sur ses deux skis.

Marie-Michèle Gagnon

Photo : Getty Images / AFP/MIGUEL MEDINA

On se souvient encore de la frayeur que la Québécoise s'est faite lors de la descente des Championnats du monde de Cortina d'Ampezzo. La perte de contrôle d'un ski à 135 km/h aurait pu l'envoyer dans le décor.

Je me suis fait quelques peurs, car j’ai eu presque des chutes ici et là, mais dans le départ, j’ai complètement confiance en moi-même, affirme-t-elle, et c’est beaucoup à cause de l’aide de mon entraîneur. Il est très fort avec ça. Il me donne de la confiance. Je suis plus sereine depuis l’année dernière, tout est clair au départ, tout fait du sens, donc je lui dois beaucoup là-dessus.

Cet entraîneur qui l'a fait progresser la Québécoise, c'est l’Italien Hansjorg Plankensteiner, spécialisé en vitesse. Elle avait déjà beaucoup travaillé sur sa confiance après ses blessures avec son préparateur mental de l'époque, Jean-François Ménard.

L'atout de Marie-Michèle Gagnon, c'est qu'elle n'hésite pas à repousser ses limites pour pouvoir progresser.

J’essaie de sortir de ma zone de confort le plus possible, explique-t-elle. Pendant l’été, je vais faire des sauts, des gap jumps (grands sauts) en vélo de montagne, des choses qui poussent un peu les limites, mais pas trop pour ne pas me blesser évidemment. J’essaie d’être dans cette zone d’inconfort le plus souvent possible, pour comme être habituée, pour trouver un état serein même quand je pousse la limite.

Les bonnes personnes autour de soi

La sérénité, c'est le mot clé pour la Québécoise pour obtenir de bons résultats. C'est de cette façon qu'elle veut aborder le rendez-vous olympique.

Si tu fais quelques podiums avant les Jeux olympiques, peut-être qu’il va y avoir une nouvelle pression, admet-elle. Ça dépend aussi de ton entourage, lance-t-elle. Est-ce que les gens autour de toi créent une extra pression ou non? Mon entraîneur, il est bon là-dedans. Si tu fais bien, parfait, et si tu ne fais pas bien, tu auras tout essayé. Ça ne sert à rien de te mettre de la pression de plus. C'est un peu important d’avoir ces gens-là autour de toi qui ne font pas comme: "OK, là, c’est les Jeux olympiques! Let’s go, on y va, là".

Au contraire, à chaque course, j’essaie de trouver le pourcentage parfait, le parfait mix (mélange) entre prendre des risques et bien skier technique. En espérant que j’ai une belle progression, et que tout se passe bien aux Jeux olympiques.

Elle donne une entrevue assise devant son ordinateur.

Marie-Michèle Gagnon en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Elle ne boudera pas son plaisir de participer aux Jeux, après avoir raté le rendez-vous de Corée du Sud, même si la saveur olympique ne sera pas la même.

D’habitude, on va aux Jeux olympiques, on fait nos épreuves et après, quand on a terminé, on peut aller voir d’autres événements, on peut passer du temps avec d’autres athlètes de plusieurs sports, apprendre à se connaître. C’est ça qui pour moi est unique, on se sent comme une équipe, l’équipe du Canada. Tandis que là, ça va être beaucoup plus restreint. On fait nos courses, on passe à la télé, puis on s’en va.

Peut-être que justement, je vais me sentir comme dans une course plus normale, là. Une course qu’on a en Coupe du monde. On ne peut rien y changer, c’est la COVID dans le monde.

Le vaccin pour tous, pour ne pas rater les JO

Et pour contrer cette pandémie, la skieuse québécoise souhaite que les athlètes acceptent de se faire vacciner.

J’ai fait dès que possible mes vaccinations, tient-elle à préciser. Il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler, en espérant que les gens autour de nous seront tous vaccinés, pour qu’il n’y ait pas de propagation, pour ne pas qu’un athlète manque les Jeux olympiques parce que quelqu’un d'autre a propagé le virus.

Je ne veux pas stresser trop là-dessus, affirme l'athlète de 32 ans, je continue à vivre ma vie avec mes mesures, les restrictions de l’équipe, notre bulle. Ça ne change rien que ce soit en Chine, selon moi. Justement, ils sont hyper stricts, plus qu’au Japon, et au Japon, tout s’est quand même bien déroulé, donc je pense que tout va bien se passer.

On est choyés si on peut avoir des Jeux olympiques, fait-elle remarquer.

Au milieu d'une foule, quelqu'un tient une pancarte pour encourager Marie-Michèle Gagnon: Let's go, Mitch.

Dans la foule, un mot d'encouragement pour Marie-Michèle Gagnon: Let's go, Mitch (vas-y, Mitch)

Photo : Sportcom

Marie-Michèle Gagnon admet qu'elle a déjà été gâtée par la vie, par son sport. Ce qui l'aide à prendre du recul par rapport au rendez-vous olympique.

Si je ne fais pas bien aux Jeux olympiques, ce n’est vraiment pas la fin du monde, je ne fais pas ma carrière pour ça. Je le fais parce qu’adore mon sport et j’adore repousser mes limites. Je ne dirais pas non, quelle athlète dirait non? C’est comme un rêve, mais j’ai déjà réalisé beaucoup de mes rêves déjà à ce jour, conclut-elle, et je me sens très, très choyée.

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